Théâtre, danse ou mariage… Les activités confinées battent leur plein

Au fil des confinements, les Français s'habituent à pratiquer en ligne des activités qu'ils n'auraient jamais imaginées faire autrement qu'en présentiel. Autant de marchés potentiels pour les startups.

« Possibilité de visite 3D à distance. » Cette mention, encore rarissime il y a quelques mois, fleurit aujourd’hui dans bon nombre d’annonces immobilières. Si le premier confinement n’avait pas convaincu les Français d’acheter un bien immobilier en le visitant seulement virtuellement, cette deuxième vague pourrait faire bouger les lignes. Avec la perspective de reconfinements successifs, comme l’a laissé entendre lundi le Conseil scientifique, les consommateurs adaptent leurs activités à ce nouveau monde de plus en plus virtuel.

Parmi les premières activités à avoir été basculées en distanciel : les cours de sport. Il faut dire que de nombreuses applications ou startups proposaient déjà des modules vidéos à reproduire chez soi. Seule contrainte : avoir un peu d’espace pour ne pas risquer de se retrouver coincé·e dans le couloir en faisant un grand écart. Mais les bénéfices sont nombreux : plus flexibles, ces cours virtuels évitent les temps de trajet et s’adaptent aux contraintes d’emploi du temps des participant·e·s. « Je n’aurais imaginé faire mes sessions de pilates via Zoom, reconnaît Isabelle. Je peux désormais pratiquer le pilates de chez moi, avec mon cours habituel, sans avoir à traverser tout Paris. » Même (bonne) surprise pour Martine, qui a pu continuer ses cours de barre au sol. « Avec le deuxième confinement, j’ai repris les cours de yoga, pilates ou danse tôt le matin et en fin de journée, avant et après le travail.« 

Il y a aussi des activités plus insolites qui ont fini par passer le cap du virtuel. Le théâtre, par exemple. « Jouer, c’est physique, il y a le corps, les relations avec ses partenaires, le public. Mais finalement, on peut aussi répéter en visio ! On se découvre même parfois, on joue différemment, un peu comme devant une caméra en fait » , constate Isabelle, qui a pu continuer ses cours, même à distance. Mais aussi les jeux de société, notamment sur le site BoardGameArena, qui a surchauffé pendant le premier confinement. De quoi susciter quelques passions pérennes, comme le raconte François : « Mon coloc l’a découvert pendant le confinement mais il y joue tous les jours maintenant ! »

Continuer à avoir une vie sociale, même à distance

La vie sociale ne coupe pas non plus à ce virage numérique. À l’heure de la distanciation, y compris avec ses proches, les dîners et autres apéros en visio ont fleuri à la faveur des confinements. « J’ai appris à partager des repas en visio » , s’étonne Emmanuelle qui n’avait « jamais fait de visio avec la plupart de [ses] proches avant mars » . Pendant deux mois, elle a même basculé en distanciel son traditionnel repas du mardi soir avec un groupe de femmes entrepreneures. « À partir d’avril, nous avons repris chaque mardi à 20h30 ces retrouvailles informelles sur Zoom pour échanger sur nos problématiques communes et complémentaires. Comme l’horaire s’y prêtait et comme je me suis retrouvée confinée seule, j’ai appris à dîner devant un écran d’ordinateur et à y prendre du plaisir, même quand j’étais la seule à cuisiner tandis que les autres en étaient déjà au dessert. »

« J’ai appris à dîner devant un écran d’ordinateur et à y prendre du plaisir »

Emmanuelle

D’autres expériences relevant même de l’intime ont pu se prolonger grâce aux outils en ligne. Victoire a ainsi assuré sa préparation à l’accouchement via WhatsApp ! « C’était mythique » , sourit la jeune femme qui ne regrette rien. « Au début, sur mon canap, avec mon mari en call dans la pièce d’à côté et les voisins qui faisaient des travaux au-dessus, je n’y croyais pas trop. Mais le jour J, j’ai trouvé que ça avait été bien utile. »

Même enthousiasme pour Emmanuelle qui a eu l’occasion de participer à un mariage sur Hangout. « L’un des mariages, prévu à Tel Aviv, a été maintenu en tout petit comité pour les personnes vivant dans la ville… et sur Hangout pour près de 70 invités répartis à travers le monde. » Un très bon souvenir, grâce à une organisation sans faille des mariés et de leurs proches. « La mariée nous a proposé de suivre toute la cérémonie en visio tout en commentant en trois langues chaque moment-clé en amont tandis que son frère a conduit la suite du live pendant qu’elle profitait de sa cérémonie. J’ai assisté à beaucoup de beaux mariages dans ma vie, aucun qui m’ait mis les larmes aux yeux un jeudi au bureau… »

Des expériences positives qui pourraient bien s’ancrer dans les moeurs si les confinements se succèdent. Et ouvrir des portes aux startups, rompues aux codes du numérique, alors que les acteurs traditionnels peinent encore pour certains à déployer des services en ligne. De nouveaux marchés à conquérir pour elles ?