Portfolio#Mobilité
18 novembre 2020

BlaBlaCar confine ses bus jusqu’au printemps mais maintient le covoiturage

BlaBlaCar a annoncé que ses BlaBlaBus, à l'arrêt depuis le 1er novembre, ne reprendraient la route qu'au printemps. L'entreprise concentre ses efforts sur le covoiturage.

Pas de BlaBlaBus à Noël ! La plateforme de mobilité partagée BlaBlaCar, qui propose à la fois des trajets en covoiturage et en car, avait mis cette dernière activité en pause juste après le début du deuxième confinement, le 1er novembre. Et annonce ce mercredi matin qu’elle ne réactivera le service qu’au printemps. Une mauvaise nouvelle pour les voyageurs qui privilégiaient le bus, notamment pour des raisons financières.

Mauvaise nouvelle aussi pour l’entreprise, qui avait trouvé dans ce segment de marché un levier de croissance non négligeable. Mais BlaBlaCar se veut rassurant en martelant que « l’ambition reste plus que jamais l’expansion du réseau BlaBlaBus afin de continuer à renforcer notre offre multimodale » . La scaleup n’a cependant pas précisé les modalités de cette expansion, le réseau BlaBlaBus couvrant aujourd’hui quelque 400 destinations européennes.

L’entreprise avait déjà remisé ses bus au garage durant le premier confinement et avait tardé à les remettre sur les routes après le déconfinement, l’activité ayant finalement repris le 24 juin, avec un taux de remplissage maximal de seulement 50% les premières semaines, une mesure destinée à rassurer les voyageurs.

Un impératif sanitaire et économique

Dans un communiqué, l’entreprise justifie cette décision par les contraintes sanitaires mais souligne qu’elle continuera à proposer des trajets en covoiturage. « Cet hiver, nous concentrerons nos efforts sur le covoiturage, mode de transport plébiscité par les passagers dans cette crise sanitaire car il minimise le nombre de personnes avec qui l’on entre en contact » , commente Nicolas Brusson, co-fondateur et directeur général de BlaBlaCar.

L’arrêt provisoire du service de bus est très certainement aussi motivé par des contraintes économiques, alors que le secteur de la mobilité connaît un frein sans précédent du fait des confinements successifs et des restrictions de circulation. L’entreprise préfère donc miser sur le segment le moins touché par la crise, le covoiturage. « Nous avons constaté, après le premier confinement, que l’activité de covoiturage reprenait très rapidement. Cet été, les voyageurs ont plébiscité le covoiturage qui a vu sa demande dépasser celle de l’an dernier » , détaille Nicolas Brusson.

Il y a fort à parier que l’entreprise mise sur un report des passagers du car vers le covoiturage. D’autant que les trajets en bus qui ont été les plus fréquentés à la reprise de l’activité en juin sont pour certains aussi les plus recherchés en covoiturage : Paris-Lille, Lyon-Grenoble ou Paris-Lyon. La période constituera donc un bon test pour BlaBlaCar afin d’évaluer le potentiel de croissance restant de son activité historique, notamment dans son marché domestique.