Décryptage#MaddyMoney
27 novembre 2020
Simon Berger

101 millions d’euros levés cette semaine, près de 354 millions au total en novembre

Chaque semaine, Maddyness dresse le bilan des levées de fonds de la semaine qui vient de s'écouler. Cette semaine, 17 opérations ont permis aux startups françaises de lever plus de 101 millions d'euros.

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Montant
101,3M€
Nombre d’opérations
17
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Côté financement, les startups françaises signent à nouveau une belle semaine. Selon nos calculs, elles ont levé 101,3 millions d’euros. Pour la quatrième fois depuis la rentrée, la barre des 100 millions d’euros est ainsi franchie… bien que la configuration diffère quelque peu. Si les levées les plus importantes se détachent du lot du fait de leur montant, l’écart est moins important que ce qui a été observé ces derniers mois sur ce type de semaine. C’est ce qui explique que la moyenne (6 millions d’euros) et la médiane (2,5 millions) restent somme toute assez proches. Le nombre élevé d’opérations permet à la quasi-totalité des secteurs d’activité d’être représentés – de la MedTech à la GreenTech, en passant par l’e-commerce. Seules 2 jeunes pousses ayant annoncé avoir bouclé un tour de table cette semaine ont moins de 5 ans, les amorçages et séries A sont donc légion.

Medadom arrive largement en tête du classement, avec 40 millions d’euros. Soutenue par G Square, la MedTech fait part de son intention d’utiliser cette somme pour mailler l’intégralité du territoire français par son réseau de bornes et cabines médicales télé-connectées. « Près de 25 000 dispositifs sont en préparation de déploiement d’ici à 2024 », indique-t-elle. Dans le cadre de son développement, la jeune pousse prévoit également de recruter près de 250 salariés. Pour rappel, elle entend répondre en partie aux problématiques des déserts médicaux et de l’engorgement des urgences en positionnant ses offres de télémédecine comme des « alternatives » crédibles.

En seconde position arrive AlgoTherapeutix, forte d’une opération s’élevant à 12 millions d’euros. La BioTech a pu compter sur le soutien de InnoBio 2 (Bpifrance), Omnes et de business angels. À l’origine d’un traitement d’un prototype de traitement topique innovant des neuropathies périphériques induites par la chimiothérapie (NPIC), elle entend utiliser cette série A dans le but de permettre à son programme phare, nommé ATX01, de passer le cap de la preuve de concept clinique. Le développement en ce sens commencera début 2021. Pour mémoire, les NPIC affectent selon la jeune pousse plus de deux millions de patients en Europe et aux États-Unis et constituent l’une des principales raisons de modification ou d’abandon de la chimiothérapie. « Aucune approche thérapeutique n’a, à ce jour, apporté une réponse satisfaisante aux patients et à leurs soignants », souligne-t-elle.

Tout près, GrAI Matter Labs monte sur la troisième marche du podium, avec un tour de table de 11,8 millions d’euros. Appuyée par iBionext, Celeste Management et Bpifrance, la DeepTech développe des puces d’accélération pour l’évaluation des produits ainsi que la programmation d’applications. Cette opération permettra d’accélérer la commercialisation de sa technologie basée sur l’informatique neuromorphique – c’est-à-dire inspirée par le fonctionnement du cerveau humain – de renforcer l’équipe de recherche basée à Paris tout comme les équipes commerciales situées dans la Silicon Valley, en Californie, afin de s’attaquer à de nouveaux marchés aux bases industrielles solides (Europe, Asie et États-Unis, notamment).

Près de 354 millions d’euros levés en novembre

Les investissements dans l’écosystème tricolore se maintiennent à un bon niveau, après deux mois de rentrée à plus de 500 millions d’euros. Novembre est ainsi le troisième mois enregistrant le total le plus élevé depuis le début de la pandémie de Covid-19 en France. Le nombre d’opérations est presque équivalent à celui observé l’an dernier (51 contre 56 en novembre 2019). Le montant total est, lui, supérieur (353,56 millions d’euros contre 311,46 millions l’an dernier). Même constat qu’il y a quatre semaines : les amorçages et séries A restent très largement majoritaires (au moins 18 et 7 tours de table, respectivement), ce qui est de nature à rassurer quant à la pérennité des projets émergents. À noter que deux très grosses opérations ont, entre autres, eu lieu : InnovaFeed (70 millions d’euros) et Medadom (40 millions) ont ainsi contribué à doper un mois encourageant malgré la crise économique.

Pour ce qui est de l’analyse sectorielle, l’AgriTech se maintient un pôle position (74,4 millions d’euros) grâce à InnovaFeed. Trois autres secteurs ont franchi le cap des 20 millions : les MedTech ont rassemblé 47,8 millions, les startups de la culture et des médias 42,54 millions et celles de l’énergie 21,1 millions – ces deux derniers secteurs signent là leur deuxième meilleur mois de l’année.

Les GreenTech et MedTech sortent, elles, gagnantes en volume avec 4 opérations recensées chacune, suivies des AgriTech et services (3 tours de table). En ce qui concerne la répartition géographique hors Île-de-France, notons le dynamisme ce mois-ci de l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine, avec 5 levées chacune, mais également celui du Centre-Val de Loire (3 opérations).

Autres actualités financières

Teemo rejoint Near. L’AdTech française, spécialiste du « drive-to-store », a été rachetée fin juillet par le groupe singapourien de publicité numérique, et doit permettre à ce dernier de s’implanter en Europe dans un contexte de consolidation du marché. L’opération, dont le montant n’a pas été communiqué, doit aussi permettre à Teemo, qui restera une entité autonome, de diversifier son activité vers le commerce en ligne (« drive-to-web ») et de faire grossir sa base de clients vers de nouvelles verticales – assurances, banques et services en ligne. Malgré les contraintes sanitaires, qui ont ralenti son activité, Teemo assure avoir doublé ses revenus en un an. Son fondateur, Benoit Grouchko, intègre ainsi le comité exécutif de Near. La startup, fondée en 2014 et présente à San Francisco et Paris avec une trentaine de personnes, avait fait l’objet d’une mise en demeure publique de la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) en juillet 2018 sur son utilisation des données personnelles, qu’elle a finalement réussi à faire lever au bout de trois mois. « À moyen-long terme, cela a plutôt été une bonne chose pour notre business. Le fait de disposer d’un cadre légal clair nous a profité » et a « rassuré » son acquéreur » , indique Benoit Grouchko.

Bpifrance prend part à One Planet Sovereign Wealth Funds. Lancée par la présidence française, cette initiative internationale de fonds souverains en faveur du climat vise à « accélérer la profonde mutation de l’écosystème vers un modèle de développement plus durable », selon Nicolas Dufourcq, directeur général de Bpifrance. Emmanuel Macron a réuni les représentants d’une trentaine de fonds souverains et de gestionnaires d’actifs participant à cette opération initiée en décembre 2017. En sont aussi membre, les fonds souverains irlandais, espagnol, italien, norvégien, sénégalais, sud-coréen, indien, kazakh, qatari, koweïtien, saoudien ainsi que deux fonds des Émirats arabes unis. Des fonds d’investissement privés tels que Blackrock ou Amundi, l’assureur Axa ou les banques UBS, Morgan Stanley, HSBC, BNP Paribas ou Goldman Sachs en font également partie. Bpifrance rappelle son engagement en faveur d’investissements verts et diffusera, auprès des sociétés de gestion privée, un « kit climat » qui « référencera des prestataires de services climatiques, proposera des diagnostics climat et modules de formation et de conseil » pour accélérer la transition énergétique des entreprises.

Article écrit par Arthur Le Denn
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