1 décembre 2020
1 décembre 2020
Temps de lecture : 3 minutes
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Comment les entreprises françaises se préparent à la reprise en trois graphiques

Pessimistes mais pas défaitistes, les entreprises tricolores préfèrent se montrer méfiantes face à une éventuelle reprise économique... tout en se structurant au mieux pour résister à cette période difficile.
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Maintes fois annoncée, pas encore arrivée, la reprise a fait trébucher bon nombre d'entreprises un peu trop confiantes. De quoi expliquer pourquoi les sociétés françaises se montrent méfiantes lorsqu'il s'agit d'évoquer la sortie de crise. L'étude annuelle Navigator, réalisée par HSBC, démontre une ambivalence dans leur positionnement : si elles se montrent circonspectes voire pessimistes sur les prochains mois, les entreprises n'en oublient pas pour autant de se préparer à une possible relance de leur activité. Sait-on jamais. Personne n'est à l'abri d'une bonne surprise, même si 2020 n'en a pas franchement été l'illustration incarnée.

C'est donc sans surprise que la part des entreprises qui se montrent optimistes pour l'avenir a connu une véritable dégringolade, de près de moitié, pour atteindre à peine un quart des répondantes cette année. "La proportion des entreprises pessimistes (36%) a augmenté plus fortement en France par rapport au reste du monde et à l'Europe" , note HSBC. Un constat amer qui trouve une partie de son explication dans les prévisions de croissance et de ventes des entreprises tricolores : alors que près d'un tiers (32%) des sociétés françaises anticipent une diminution de leurs ventes, les entreprises mondiales ne sont que moins d'un quart (24%) à donner la même réponse...

Ce pessimisme se traduit par une certaine inquiétude. Sans surprise, l'épidémie de Covid-19 préoccupe la majeure partie des dirigeant·e·s : 68% la voient comme la plus grande menace pour leur activité (contre 59% dans le reste du monde), surclassant les traditionnelles craintes politiques, économiques ou financières des entrepreneur·se·s. Plus inquiétant : les entreprises tricolores sont moins nombreuses que leurs homologues étrangères à prévoir des investissements en 2021. Rien d'étonnant quand on constate à quel point elles hypothèquent leur avenir... mais cela reste préoccupant car dans la perspective d'une reprise, elles pourraient ne pas être les mieux armées pour profiter des opportunités qui s'ouvriront alors, notamment sur les marchés les plus concurrentiels.

Pourtant, il existe quelques raisons de se réjouir. D'abord, ce n'est pas parce qu'elles n'investissent pas qu'elles n'anticipent pas une éventuelle reprise. Dans la même proportion que leurs homologues étrangères, les entreprises françaises ont opéré des changements, parfois radicaux, pour faire face et survivre à la crise. Mais elles sont plus nombreuses à avoir pris des virages à long terme, provoquant "une réelle transformation" , souligne l'étude de HSBC. De quoi en faire des structures particulièrement résilientes, qui devraient mieux résister aux péripéties que la crise peut encore réserver.

Dont acte : 7 entreprises sur 10 déclarent qu'elles auront retrouvé d'ici fin 2022 les niveaux de rentabilité d'avant-Covid. Il ne reste donc "plus que" quelques mois à tenir avant de pouvoir espérer profiter d'une embellie.