Décryptage#energie
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17 août 2021

2070, l’année du nomadisme pour tous les Français ?

Cet article a été écrit et édité en version papier dans le cadre d'un programme d'anticipation soutenu par ENGIE. Nous avons imaginé ensemble comment des sources d'approvisionnement énergétiques plus durables pourraient remodeler notre société.

Republication du 7 juillet 2021

L’arrivée de l’automne, dans quelques semaines, sonnera le début de la transhumance des caravanes et des tiny houses à travers la France ou l’Europe. Si toutes n’ont pas la même destination, leurs passagers partagent la même ambition : faire de la planète leur maison. Pratiqué il y a encore cinquante ans par une petite minorité, le nomadisme est désormais un mode de vie à part entière.

Ah qu’il est loin le temps où l’accès à la propriété (maison, appartement, villa ou cabane de jardin) était une course à laquelle tout le monde, ou presque, souhaitait participer. La médaille revenant à l’intérieur le plus spacieux, le jardin le plus luxuriant, la décoration la plus inspirée. Qu’il est loin le temps où l’on se réjouissait des open spaces toujours plus gigantesques ou des espaces de co-working toujours plus sophistiqués. Quel parcours réalisé en seulement quelques décennies ! Retraités, jeunes actifs, familles, étudiants en césure… le nomadisme est aujourd’hui un mode de vie qui séduit, sans distinction d’âge, de profil ou de niveau social. 

Selon une étude de l’Observatoire des modes de vie libre publiée en janvier 2069, sur les 76,7 millions de Français et Françaises que compte l’Hexagone, 39,6 % vivent plus d’un quart de l’année comme nomades. Un chiffre en constante augmentation. 

Toutes et tous nomades ?

L’ancienne ferme de bovins installée à Pied Chapel, près d’Alba-la-Romaine en Ardèche, a laissé place à une vaste plaine encerclée d’une forêt peuplée de châtaigniers et de chênes. Le terrain, racheté par la collectivité vingt-trois ans plus tôt, a été transformé en aire de voyage. Chacun est libre de s’y installer pour une nuit ou un mois. La seule injonction est sculptée sur un panneau à l’orée du bois : « Inscrivez votre trace dans l’histoire, pas dans ces lieux » , rappelant ainsi que la présence de ces habitants éphémères doit être la plus neutre possible pour la planète. En cette après-midi de juin, une maison nomade dernier cri dont le toit solaire se gorge de soleil, un van aménagé qui a déjà bien vécu et une tente se toisent à bonne distance. 

Benjamin, 29 ans, ingénieur en agroécologie et diplômé d’un master en low tech, témoigne. « Lorsque j’ai réalisé mon premier stage d’assistance écologique au lycée, je me suis retrouvé dans une exploitation agricole dans le sud de l’Ardèche. C’était une expérience magique, je me suis senti vraiment utile. J’ai su à ce moment-là que je voulais devenir ingénieur » , résume-t-il. Quant à son désir de vivre en nomade, « ma grande-tante travaillait d’arrache-pied dans un tout petit bureau, près de Paris. Son quotidien sans nature, sans pauses régulières dans la journée pour s’aérer ou pour cultiver de quoi s’alimenter ne me faisait vraiment pas rêver » , admet-il. Le jeune homme sillonne les routes depuis déjà trois ans, apportant son aide aux exploitations qui la requièrent. « C’est aussi une manière de se perfectionner. J’ai rencontré d’autres ingénieurs comme moi en Suisse ou en Allemagne, qui avaient des solutions et des idées incroyables que j’ai pu mettre en place en France, et c’est aussi ce partage qui m’anime.  » Benjamin est bénéficiaire d’un contrat d’amélioration techno-écologique, lancé au début des années 2050 pour permettre aux artisans et aux agriculteurs d’améliorer leurs pratiques tout en respectant la nature. En contrepartie, il bénéficie d’un emploi du temps flexible avec 12 semaines de congés par an. Le salaire n’est pas mirobolant mais le presque trentenaire ne voit que les bénéfices. « Il m’arrive de partir deux semaines en pleine nature, éloigné de tout, sans capsule visio et sans contrainte, je me sens libre. Je ne prends que le strict minimum et je trouve de quoi me nourrir partout où je m’installe.  » Parcourant l’Europe, il pose sa maison mobile là où il souhaite passer une nuit ou plus, grâce à l’autonomie totale de son habitation.

Pour Leïla et Samantha, le nomadisme est un moyen d’ouvrir l’esprit de leur enfant, Léo, 4 ans et demi. « Nous avons déjà voyagé dans plusieurs pays d’Europe, il a pu appréhender d’autres cultures, d’autres modes de vie. Il prend de l’avance sur ses futurs cours d’écologie et de tolérance » , détaillent les deux mamans, qui se déplacent à travers le continent avec leur maison nomade de 6,5 mètres de long et de 2,5 mètres de large. « Grâce au module d’apprentissage des langues qui lui a été implanté à la naissance, on peut même organiser des groupes d’apprentissage dans tous les pays dans lesquels on passe, avec des enfants de son âge. Il apprend tellement ! « 

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Pour aller plus loin, découvrez le 1er épisode de la Saison 2 de notre podcast d’anticipation, Marty, avec Baptiste Broughton, CEO de Neo-nomade. 

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