Décryptage#greentech
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7 octobre 2021
Crédit : Holden Baxter

PME et ETI peinent à prendre le virage de la responsabilité sociétale

Une dizaine d’organismes, dont France Digitale, 1% For the Planet, et la startup Vendredi, ont réalisé une étude concernant les stratégies et politiques RSE des entreprises. Menée auprès de 345 sociétés, elle révèle de fortes disparités entre les acteurs et un manque de considération pour les enjeux sociaux.

Petit à petit, la RSE – responsabilité sociétale des entreprises – fait son chemin pour prendre une part de plus en plus importante dans les entreprises même si les challenges et les freins demeurent encore nombreux, notamment concernant l’aspect social.  Selon le baromètre RSE réalisé par une dizaine d’organismes, 80% des grands groupes sont ainsi actifs ou très actifs sur le sujet, 64% des ETI, 38% des PME et 34% des ETI. Une disparité de chiffres qui souligne l’avancée des sociétés plus structurées, souvent soumises à des obligations légales.

Ce phénomène s’explique aussi par leurs moyens financiers : certaines grandes entreprises possèdent des budgets annuels de plus de 100 000 euros pour déployer leurs actions. De plus, elles sont en capacité d’organiser cette tâche et d’y consacrer mécaniquement aussi plus de temps. L’étude indique que ce sont les trois freins soulignés par les entreprises, notamment les petites structures, pour expliquer la difficulté à mettre en place des actions concrètes. On notera également que 4 sociétés sur 5 ont déjà réalisé le bilan de leur empreinte carbone et 84% sont engagées pour l’intérêt général. Preuve d’une reconnaissance, par les entreprises, de leur responsabilité environnementale. 

Les startups aussi peuvent s’engager

Devant ces chiffres qui soulignent tout de même un certain écart entre grands groupes et ETI, Héloïse Arnold, responsable de la communication chez Vendredi, préfère rester optimiste : « Les petites entreprises, qui n’ont pas forcément des moyens importants, commencent à mettre en place des actions en faveur de la l’environnement » .

Baromètre RSE réalisé par Une dizaine d’organismes, dont France Digitale, 1% For the Planet, auprès de 345 entreprises de typologie différentes.

Car oui, mener des actions est toujours possible. « Je m’occupe également de la RSE chez Vendredi en parallèle de mon rôle de responsable de la communication. Nous sommes une petite équipe de 30 personnes. Ce qui m’a beaucoup aidée est d’échanger avec des startups plutôt tech et un peu plus grande afin de comprendre comment elles avaient franchi certaines barrières auxquelles nous faisons tous face » , détaille t-elle. Les outils numériques peuvent aussi être un allié pour ces petites structures. « La difficulté est alors de s’y retrouver dans tous ces outils, reconnaît la responsable de la communication. Mais ils peuvent faire gagner beaucoup de temps et c’est ce dont manque tous les responsables RSE » .

Le social reste à la traine 

Malgré ces indicateurs positifs, les entreprises demeurent encore silencieuses sur certains sujets, notamment l’engagement pour le handicap, très majoritairement porté par les grands groupes, le caractère intergénérationnel des équipes mais aussi les luttes contre les discriminations LGBTI+. Sur ce dernier point, le baromètre révèle que 70% des répondants ne mènent aucune action en ce sens. Si l’environnement trouve la faveur des sociétés, les enjeux d’ordre sociaux, sont plus délicats à faire infuser au sein des entreprises.

barometre rse

Baromètre RSE réalisé par Une dizaine d’organismes, dont France Digitale, 1% For the Planet, auprès de 345 entreprises de typologie différentes.

« Je me questionne sur les engagements sociaux comme l’égalité homme femme ou l’inclusion. Les grandes entreprises sont plus avancées sur le sujet, peut-être à cause des contraintes portées par des lois. Peut-être que cela fonctionne et qu’il faut réfléchir à l’élargissement de ces obligations » , s’interroge Héloïse Arnold.

Garder l’oeil sur les actions 

Le calcul de l’empreinte carbone permet de réaliser un premier état des lieux mais pas question de s’arrêter là. « Chez Vendredi, nous avons pu observer que le pôle qui émettait le plus d’émissions est celui lié à notre compte bancaire. Mais c’est difficile de savoir comment faire évoluer ces services ensuite. La question est de savoir ce qu’on fait après avoir calculé cette empreinte carbone : quel plan d’actions est mis en œuvre? Les entreprises de service peuvent difficilement réduire leur empreinte carbone, par exemple, sans avoir à modifier leur modèle en profondeur » , souligne Héloïse Arnold. Néanmoins, le cabinet Haatch, partenaire du  baromètre, souligne l’arrivée importante de la RSE dans les Comex. Or, ce sont eux aussi qui ont dans leurs mains la capacité de faire évoluer les business models pour qu’ils aient une influence plus positive sur l’environnement et leurs collaborateurs. « C’est un sujet que nous suivrons avec attention dès l’année prochaine » , conclut Héloïse Arnold.