Décryptage
Temps de lecture : 02'39''
16 octobre 2021
Photo by Harry Shelton on Unsplash

L’investissement corporate séduit surtout les banques et assurances

L'Hexagone compte aujourd'hui plus d'une quarantaine de fonds corporate, dont près d'un tiers sont issus des banques et assurances.

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Republication du 6 septembre 2021

Après avoir été longtemps décrié, l’investissement corporate fait aujourd’hui partie intégrante du paysage du capital-risque. De plus en plus d’entreprises passent par la case corporate venture capital (CVC), en parallèle d’une levée de fonds avec des fonds traditionnels. De quoi leur apporter, en plus d’une nouvelle manne financière, le réseau et l’expertise d’un acteur installé, souvent actif dans leur secteur. Mais tous ne sont pas sur un même pied d’égalité, comme en témoigne le panorama du corporate venture, publié ce lundi 6 septembre par le cabinet Klein Blue Partners.

Ainsi, sur les 49 fonds d’investissement corporate recensés, 16 (soit près d’un tiers) sont issus du secteur financier, émanations des banques et assurances. La mobilité est le deuxième secteur le plus actif avec 9 fonds, devant l’énergie, qui en compte 5. De quoi expliquer que la mobilité soit le secteur privilégié par les CVC pour placer leurs billes : selon le dernier baromètre Deloitte consacré au corporate venture, publié en juin 2020, 46 % des fonds corporate avaient réalisé au moins un investissement dans la mobilité en 2019.

Des modèles hybrides

Au fur et à mesure des années, les fonds corporate ont fait évoluer leur stratégie d’investissement. « L’écosystème des CVC gagne en maturité puisque certains acteurs ont pivoté vers une thèse d’investissement financière ou ont délégué le mode de gestion à des fonds pour former des modèles hybrides » , note ainsi Klein Blue Partners. Le modèle mixte est aujourd’hui celui qui est privilégié par les CVC : ils ne s’interdisent pas d’investir en direct dans des pépites qui font partie de leur écosystème ou leur semblent particulièrement prometteuses, mais font aussi partie des LPs de certains fonds VC classiques. Cela leur permet de diversifier leur portefeuille et donc de limiter les risques, tout en leur donnant un écho plus grand au sein de l’écosystème.

Signe que le secteur gagne en maturité, « la majorité des acteurs de la place ont recruté des équipes internes » pour superviser les investissements, souligne Klein Blue Partners. Dans ce cas, « une équipe d’investissement en interne réalise le sourcing, les due diligences et le closing des investissements. Une aide ponctuelle peut être apportée sur les due diligences par un conseil externe » ; au contraire d’une gestion déléguée, où le corporate se repose alors sur un fonds partenaire.

Cette évolution s’accompagne d’un changement stratégique. Alors que beaucoup de CVC se limitaient dans un premier temps à des investissements dans leur secteurs d’activité, avec l’optique de pouvoir nouer des partenariats voire de racheter certaines pépites à moyen terme, de plus en plus s’aventurent hors de leur zone de confort, avec un objectif de performance financière. C’est par exemple le cas de Maif Avenir, qui a vu sa thèse d’investissement évoluer et s’étoffer en même temps que ses équipes.

Cette tendance présente plusieurs défis pour les CVC, au premier rang desquels se trouve la nécessité de concilier le rendement financier et la création de synergies… avec le risque de créer quelques incompréhensions en interne. « Concernant les investissements répondant à une logique exploratoire, il est nécessaire de convaincre en interne sur le potentiel futur de la startup » , souligne ainsi Erwann Bertheleme, directeur de l’innovation du Groupe Macif. Mais, lorsque les intérêts sont alignés, les investissements donnent lieu à de belles histoires, comme CNP Assurances qui avait choisi de faire confiance à Alan et a contribué à en faire une licorne !

Article écrit par Geraldine Russell
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