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19 février 2022
Crédit : National Cancer Institute

Marti améliore la gestion des patients allophones aux urgences

Développée par Pauline Paulik, designer graphique, Quentin Paulik, interne en médecine générale, et Ilès Haddou, interne en anesthésie-réanimation, l'application Marti a pour ambition d'aider les patients ne parlant pas le français à mieux échanger avec les médecins aux urgences.

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Certains d’entre vous ont, peut-être, déjà ressenti ces sentiments de solitude et de frustration lorsqu’on se retrouve, en voyage à l’étranger, à demander sa route sans être compris. On multiplie les gestes, dessins et explications en mélangeant deux ou trois langues mais, parfois, la barrière de la langue est trop importante. Imaginez alors si l’enjeu n’était pas de trouver un musée, mais d’exprimer vos symptômes à un médecin. C’est ce qui arrive encore à des centaines de milliers de touristes, d’immigrés ou de personnes malentendantes, quand elles se rendent aux urgences.

Grâce à leur application, les trois fondateurs de Marti tentent de faciliter les échanges entre patients et médecins et, par effet domino, la pose d’un diagnostic. Celle-ci permet « au patient allophone de réaliser son propre interrogatoire numérique, de manière autonome, pendant son temps d’attente » , détaille l’entreprise.

Au total, il doit répondre à environ 250 questions, sur ses symptômes actuels et ses antécédents, qui sont traduites en 11 langues pour le moment (albanais, anglais, arabe littéraire, arabizi, espagnol, géorgien, italien, portugais, roumain, russe et turc). 480 pictogrammes, mis à l’épreuve lors de neuf séances auprès d’associations et d’écoles (Singa, Act for Ref, Inflexyion, IFSI Saint-Joseph et ENS de Lyon) viennent compléter les questions pour rendre le dispositif le plus accessible possible. Une fois celui-ci rempli, le compte rendu numérique est envoyé au médecin qui prendra en charge le patient.

Démultiplier son potentiel

Imaginé lors du Hacking Health Lyon en 2018, le projet a déjà bien évolué. « L’outil est expérimenté depuis juin 2021 aux urgences pédiatriques de l’Hôpital Femme-Mère-Enfant des Hospices Civils de Lyon, grâce à un financement par Pulsalys du prototype et l’embauche d’une chercheuse du laboratoire de recherche ICAR spécialisée dans la linguistique interactionnelle et l’interprétariat médico-social » , détaille la société. Suite à ces premiers retours, une nouvelle version a vu le jour et est toujours à l’essai dans le même service. Rassurant pour le patient, cet outil pourrait permettre aux médecins de gagner en compréhension et en temps. Dans cette optique, les trois associés envisagent même d’étendre son usage à tous les patients, même francophones.

Pour continuer à développer ce projet et le proposer à davantage d’établissements, l’équipe de Marti cherche des financements et a lancé une campagne de financement participatif sur KissKissBankBank. Les fonds serviront au développement d’une version adulte, à la multiplication du nombre de langues proposées et la création d’une version ambulatoire pour les médecins généralistes et pédiatres confrontés aux mêmes problématiques en consultation. « Celle-ci sera adaptée à leur exercice, et le questionnaire pourra contenir des questions de suivi/prévention personnalisables par le médecin, pour couvrir un large champ de sujets sans lui faire perdre de temps » , explique Marti.

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Article écrit par Anne Taffin
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