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28 mars 2022
L'équipe de StackinSat. StackinSat

StackinSat lance un plan épargne bitcoin pour les entreprises

Courtier en ligne spécialisé dans l'épargne en bitcoin pour les particuliers, StackinSat s'ouvre désormais aux entreprises. La startup leur propose de placer une partie de leur trésorerie dormante sur une plateforme d'achat dédiée. C'est une étape de plus sur son son chemin pour tenter de devenir la première néobanque bitcoin en Europe.

« Le bitcoin est l’un des rares actifs déflationnistes, puisqu’il n’y en aura jamais plus de 21 millions » . « C’est une réserve de valeur » .  Il suffit de parler quelques minutes avec Jonathan Herscovici, cofondateur de StackinSat, pour comprendre que l’entrepreneur est convaincu du futur florissant offert par le bitcoin. Et pourquoi il a concentré les efforts du courtier français sur cette cyrptomonnaie et pas une autre. Et enfin pourquoi il se démène pour vulgariser l’écosystème autour du bitcoin à l’image de l’événement Surfin’ Bitcoin à Biarritz les 25-26 et 27 août prochains.

Lancée en octobre 2020, StackinSat propose un Plan Épargne Bitcoin, un service permettant d’acheter progressivement des sastochis, des fragments de bitcoins, à intervalles réguliers, à la semaine ou au mois, à partir de 10 euros. 11 000 utilisateurs particuliers – plutôt autour de 40 ans – ont franchi le pas. Ils placeraient en moyenne près de 2800 euros par an – moitié en achats récurrents, l’autre en dépenses ponctuelles.

Un placement pour amoindrir les effets de l’inflation ?

Désormais ce sont les entreprises qui sont ciblées. Les produits de placement de trésorerie d’entreprise en France sont rares et surtout peu performants (en moyenne 0,5% / an). StackinSat a donc décidé de préempter ce marché avec le bitcoin. Et on ne plus simplement : en dupliquant son modèle originel mais en l’orientant vers les entreprises. Ce plan épargne bitcoin est baptisé PEB Pro. Ce placement financier est accessible avec un versement initial d’un minimum de 1000 euros.

Mais quel intérêt les entreprises auraient-elles à passer à l’acte ? « Toutes les entreprises ont de la trésorerie dormante, qu’elles ont accumulé avec la crise sanitaire, qui peut représenter entre 5 et 10% de la trésorerie totale. On leur propose d’allouer une partie de cette trésorerie, qui ne servira pas à court terme pour l’exploitation, dans une épargne innovante » , assure Jonathan Herscovici. Le dirigeant mise sur la conjoncture et l’inflation galopante pour faire valoir le bien-fondé de sa solution. L’invasion Russe en Ukraine a provoqué en 4 semaines une très forte augmentation des prix de l’énergie et des matières premières. L’inflation a battu des records historiques en zone Euro avec plus 6% en février, soit son plus haut niveau depuis 25 ans, selon Eurostat.

« Si vous aviez 100 000 euros de trésorerie en 2017, avec l’inflation passée, selon les calculs de INSEE, l’impact sur la trésorerie est une perte de pouvoir d’achat de 6% aujourd’hui en 2022. Si on simule une inflation de 5% sur les 5 prochaines années, on arriverait à une baisse de 27% soit une perte de pouvoir d’achat de près 30 000 euros en 2027 » , prend-il comme exemple. Selon lui, le bitcoin, avec des versements réguliers échelonnés, prend alors tout son intérêt en tant que valeur refuge d’épargne. Pour convaincre les sceptiques, StackinSat a développé un simulateur d’inflation qui permet de visualiser la baisse du pouvoir d’achat dans le futur.

Lever 5 à 10 millions d’euros d’ici fin 2023

StackinSat compte une vingtaine de salariés. D’ici fin 2023, les associés pensent à lever entre 5 et 10 millions d’euros sur une vision : être la néo-banque du bitcoin et réaliser ce que N26 ou Revolut sont parvenus à faire dans le monde de la finance traditionnelle. Pour cela, la startup va lancer petit à petit des produits et services sur l’épargne et l’investissement. Puis viendra l’intégration de la technologie dite du « lightning Network » qui permet de payer simplement des produits et des services dans la vie de tous les jours sur des coûts extrêmement faibles pour des paiements inférieurs à 500 euros. À ce moment là, peut être que l’évangélisation auprès des cryptomonnaies et la blockchain paraître un exercice ubuesque, qui sait.