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25 avril 2022
Sofinnova Partners
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Que font les fonds ? Le portrait de Sofinnova Partners

Dans le paysage foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et une bonne occasion de communiquer, nous brossons le portrait des fonds d'investissement pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour de Sofinnova Partners.

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Il occupe une place à part dans l’écosystème français du financement. Le fonds Sofinnova Partners, actif depuis cinquante ans en France comme à l’international, a contribué à faire émerger des entreprises à succès telles que CoreValve, DBV Technologies, ainsi que plus récemment Shockwave et Corvidia. « Il a vu le jour en 1972, la même année que Sequoia Capital » , un autre mastodonte du capital-investissement à l’échelle mondiale, explique à Maddyness Antoine Papiernik, président. Emblématique du financement de la BioTech, le fonds figure parmi les investisseurs fondateurs des groupes pharmaceutiques Genentech et Biogen. « Nous sommes aujourd’hui le plus gros acteur européen dans le domaine des sciences de la vie, avec 2,5 milliards d’euros d’actifs sous gestion » , avance Antoine Papiernik. Au total, Sofinnova Partners dispose de six véhicules répondant à des thématiques précises.

Cinquante ans de hauteur de vue

Les dernières moutures de ses différents fonds sont dotées de capacités d’investissement variables. Le principal, Sofinnova Capital X, a levé 472 millions d’euros en 2021 dans le but de financer des entreprises des domaines de la biopharmacie et de l’instrumentation médicale. Deux premiers investissements ont été réalisés, dans Mnemo Therapeutics et Corvidia. Le fonds Sofinnova Crossover I vise à soutenir les startups en forte croissance, qui préparent leur entrée en Bourse. Abondé à hauteur de 445 millions d’euros, il a réalisé une dizaine d’investissements à ce jour – parmi lesquels figurent Abivax ou Gensight. Puis vient le fonds Sofinnova IB II, qui dispose d’une capacité d’investissement de 175 millions d’euros pour appuyer le développement des BioTech industrielles aux finalités autres que la santé : agriculture, alimentation, matériaux, ainsi que chimie. Trois fonds qui constituent l’activité historique de Sofinnova Partners, qui ont vu passer 2 000 dossiers rien qu’en 2021.

Plus récentes, les trois autres verticales abordées par la société de capital-investissement s’articulent autour des maladies rares (Sofinnova Téléthon, doté de 108 millions d’euros), de l’incubation de MedTech (Sofinnova MD Start III, 68 millions d’euros) et la médecine numérique, pour laquelle un premier tour de table sera bientôt annoncé. « L’ensemble de ces activités ont permis, depuis 1972, d’inscrire environ 20 000 deals dans notre base de données » , se réjouit Antoine Papiernik, selon qui « l’industrie de la santé est mondiale et, à ce titre, Sofinnova Partners a une large zone de chalandise ». Dans les faits, 70 % de son flux de transactions a lieu en Europe (dont 30 % en France) et 30 % aux États-Unis. Dans chacun des cas, le fonds a pour ambition de fournir un accompagnement opérationnel aux sociétés qui intègrent son portefeuille. Un modèle qui lui a permis de doubler de taille, en passant de 1 à 2 milliards d’euros sous gestion en seulement cinq ans entre 2017 et 2022.

Investir jusqu’à 50 millions d’euros

Du fait de sa taille conséquente, le fonds a pour ambition d’accompagner des BioTech « de l’amorçage à la Bourse ». Elle dédie, d’ailleurs, une équipe d’accompagnement spécifique à chaque stade de développement. Cette dernière peut également être ajustée en fonction des thématiques concernées. « Nous comptons 17 partners parmi nos 60 collaborateurs, qui se répartissent entre nos bureaux de Paris, Milan et Londres » , expose ainsi Antoine Papiernik, précisant que « 18 nationalités sont représentées ». Sa spécificité : une équipe composée d’« autant d’hommes que de femmes, dans tous les corps de métier ». Ce qui lui a valu d’être distingué en la matière. Ses investisseurs sont issus d’une formation scientifique. « Ils ont été chirurgiens ou post-doc » , note le président de Sofinnova Partners.

La propriété intellectuelle dont dispose une société est l’un des principaux critères que ces derniers passent à la loupe au moment d’investir ou non. « L’aspect réglementaire est très important. De bons signaux en essai clinique laissent notamment penser qu’un produit sera remboursé, une fois qu’il aura été autorisé et commercialisé. Ce qui jouera sur son succès futur » , pointe Antoine Papiernik, qui indique que le profil des dirigeants est scruté de près par les partners de Sofinnova. Et d’illustrer : « Au départ, le directeur général de Mnemo Therapeutics était issu de l’Institut Curie [dont émane la startup, N.D.L.R.]. Ce dernier a fait venir l’ex-patron de la division oncologie de Bayer pour le remplacer, ce qui a contribué à assurer la pérennité de l’entreprise. » Le fonds investit donc, par nature, des montants très variables. Cela peut ainsi aller « de quelques centaines de milliers d’euros jusqu’à un peu plus de 50 millions d’euros » , en comprenant les éventuels réinvestissements successifs.

Le but de Sofinnova Partners est de mener les BioTech jusqu’à la Bourse sans embûche. Le président de la société de gestion dit « avoir prêché dans le désert en faveur du soutien au late stage » dans le secteur, pour éviter que ne surviennent des introductions précipitées ayant pour effet de conduire certaines startups – et leurs innovations avec – dans le mur. « Il s’agit d’établir un continuum dans le financement de la BioTech en Europe. On se fait encore tailler des croupières par les Américains, même s’il y a du mieux depuis quelques années » , relève Antoine Papiernik, qui met en avant le fait que son fonds a été « le seul à être mentionné dans le rapport Tibi » à cette fin. Estimant qu’il reste « beaucoup à faire » , le président de Sofinnova Partners estime que les Européens ont « un boulevard devant eux ». « Nous restons, à ce stade, des lilliputiens par rapport aux acteurs d’Outre-Atlantique. Afin de combler le retard, il faudra fournir autant d’efforts que ceux qui ont été fournis jusqu’ici. »

Article écrit par Arthur Le Denn
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