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13 juin 2022
L'entrée du salon viva technology.

La traque au carbone s’invite aussi dans l’évènementiel

Pour lutter contre le changement climatique, des actions de décarbonation doivent être entreprises dans toutes les activités : celles qui ont vocation à durer, comme la production d’énergie ou l’immobilier, mais aussi les plus éphémères comme les festivals, les conférences ou les salons. C’est ainsi que VivaTech, avec le soutien de ses partenaires, s’emploie à devenir un évènement bas carbone.

2050. C’est la date limite que s’est fixée la France pour atteindre la neutralité carbone. Un objectif qui presse tous les acteurs de la société, à commencer par les entreprises, à réduire leurs émissions et à innover pour entrer dans une nouvelle ère résolument plus sobre et écoresponsable. Un objectif qui invite aussi à unir les forces – entre grands groupes et startups, entre décideurs publics et privés, entre professionnels et citoyens – car le CO2 et autres émissions de gaz à effet de serre ne viennent pas d’une seule source. Ainsi, lorsqu’une organisation réalise un bilan carbone en bonne et due forme, elle mesure 3 scopes :

  1. ses émissions directes ;
  2. les émissions dues à sa consommation d’énergie ;
  3. et ses émissions « indirectes », celles générées par ses salariés pour se rendre au travail par exemple.

Pour traquer tous ces flux de gaz à effet de serre et atteindre plus vite la neutralité carbone, le groupe EDF a ainsi choisi de soutenir des startups, via l’organisation des Prix Pulse et l’incubation de certaines startups par exemple. Et ces alliances, le groupe EDF les met aussi au service d’autres acteurs ou d’évènements qu’il soutient, comme VivaTech.

Pour l’édition 2022, qui se tiendra du 15 au 19 juin, EDF a choisi de s’engager pour aider l’évènement à se décarboner, et ce en mettant en lumière l’expertise de deux startups de son écosystème : Urbanomy, spécialisée dans le conseil en planification carbone et énergie, devenue filiale d’EDF, et Acteon Farm, projet intrapreneurial de salariés d’EDF accompagné par EDF Pulse Incubation.

Bien mesurer pour bien agir

« Au départ, notre volonté chez Urbanomy était de faire matcher les ambitions climat et le développement immobilier, le « brique et mortier », le dur donc, raconte Lucie Raty, cofondatrice et directrice Marketing d’Urbanomy. « Le fait de transiter vers de l’éphémère, de voir que des événements s’emparent aussi du sujet, c’est extrêmement positif. Car ils ont un impact carbone fort au regard de l’espace-temps sur lequel ils se déroulent. Mais comme pour un bâti, on peut revoir le modèle de l’évènementiel. »

Comment cette transition s’opère sur un salon comme VivaTech ? En analysant précisément son empreinte carbone d’abord. Certifiés Bilan Carbone Ademe, les consultants d’Urbanomy ont donc scruté à la loupe le bilan carbone réalisé sur l’édition 2021 de VivaTech et proposé une feuille de route avec des recommandations actionnables. Des recommandations pour réduire et éviter des émissions, pour les compenser aussi, mais également pour mieux les mesurer afin d’obtenir un bilan carbone 2022 plus détaillé et juste.

« On part du principe que ce qui n’est pas mesuré n’est pas géré. Des métriques adaptées et variées sont nécessaires pour mesurer l’avancement, les résultats par rapport aux objectifs de nos clients mais aussi pour proposer de nouvelles actions d’amélioration pour les éditions à venir, explique encore Lucie Raty. Il s’agit donc d’anticiper la collecte des données nécessaires afin de réduire le niveau d’incertitude et faire que les actions soient le mieux ciblées possible. »

Lors de leur inscription sur la plateforme de l’événement, on peut par exemple demander aux participants quelle distance ils vont parcourir et/ou quels moyens de transport ils vont emprunter. On peut aussi mesurer l’empreinte numérique des participants « virtuels » en retenant le nombre de connexions ou le temps de visionnage. De quoi évaluer l’empreinte carbone des participants, une partie du scope 3 du bilan carbone de VivaTech, et ensuite établir les meilleures recommandations pour la réduire. « Et c’est aussi ce qui nous permet d’assurer que nos recommandations vont dans le sens des exigences de la certification ISO 20 121 pour les évènements responsables, dont VivaTech vise l’obtention pour l’édition 2023 », confie la directrice Marketing d’Urbanomy.

Réduire, éviter, contribuer

Parmi la feuille de route établie par Urbanomy pour l’édition 2022 de VivaTech figurent donc des actions pour éviter des émissions de carbone (en favorisant le réemploi par exemple), pour les réduire mais aussi pour aller au-delà et contribuer à décarboner de manière plus globale.

Et c’est dans cette optique qu’intervient Actéon Farm. « Il s’agit de contribuer à des actions qui vont être positives pour le climat et qui prennent place en dehors de l’activité de l’entreprise : en créant des puits de carbone, c’est-à-dire des écosystèmes qui vont naturellement retirer le carbone de l’atmosphère, ou demain en finançant des technologies qui feront ce travail ; ou encore en aidant d’autres organisations à faire ce même travail de réduction des émissions, grâce, par exemple, au développement de sources d’énergie propre là où ce n’est pas rentable et là où cela ne se ferait pas sans coup de pouce des entreprises », explique Thomas Bladier, fondateur d’Actéon Farm.

Pour VivaTech, Actéon Farm a ainsi sélectionné un projet labellisé « bas carbone », c’est-à-dire reconnu pour avoir un impact positif sur le climat par les pouvoirs publics français : la création d’un puits de carbone grâce à la reforestation du Bois du Chêne à la Vierge, situé à 130 km de Paris. Classée forêt d’exception, le bois a pourtant, comme beaucoup d’autres en France, été fragilisé par le changement climatique. Il a notamment subi les attaques ravageuses de scolytes.

Grâce à l’aide de ses partenaires, VivaTech va ainsi permettre de replanter 12 000 arbres sur une surface de 9 hectares, soit l’équivalent d’une douzaine de terrains de football. « Les essences qui seront plantées sont identifiées par l’ONF en fonction de la structure des sols mais aussi de l’évolution attendue du climat, poursuit Thomas Bladier. L’office utilise en effet un outil de simulation climatique qui permet de modéliser l’évolution du climat dans les dizaines d’années à venir, depuis les apports en eau jusqu’aux variations de températures, pour choisir les ensembles d’arbres les plus pertinents pour capter durablement le carbone. »

L’expertise et le soutien apportés par des acteurs comme EDF, Urbanomy et Actéon Farm permettent donc à VivaTech de s’engager sur une voie efficace et enthousiasmante de décarbonation. Un exemple qui pourrait bien inspirer.

Maddyness, partenaire média d’EDF.