Décryptage#foodtech / winetech
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29 juin 2022
© Maddyness

La FoodTech peut-elle répondre aux enjeux alimentaires de demain ?

Transformer les végétaux en protéines, miser sur l'agriculture cellulaire. La FoodTech fait face, aujourd'hui, à trois grands défis : la guerre en Ukraine bloquant les chaînes d’approvisionnement, la pénurie alimentaire lié au dérèglement climatique et une industrie polluante qui peine à réduire ses émissions carbone. Quelles solutions peut-elle nous offrir ?

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a complexifié un problème déjà insoluble, à savoir répondre à la pénurie alimentaire qui se profile. Et pour cause, la Chine, premier producteur de blé au monde, a annoncé avoir fait les pires récoltes de son histoire en 2022. Entre la crise du Covid, l’augmentation du prix de l’énergie et le réchauffement climatique, les conditions sont plus que défavorables. Résultat, le prix du blé est en hausse de 53% depuis le début de l’année. Et les conséquences se font ressentir : le coût des aliments de base augmente sans cesse, portant à 1,6 milliard le nombre de personnes qui ne pourront pas manger à leur faim. “Au cours de l’année écoulée, les prix mondiaux des denrées alimentaires ont augmenté de près d’un tiers, ceux des engrais de plus de la moitié et ceux du pétrole de près de deux tiers, a déclaré António Guterres, le secrétaire général des Nations unies. Si nous ne nourrissons pas les gens, nous nourrissons les conflits.”

Mettre fin à la pénurie alimentaire et à la famine est une priorité absolue pour garantir la sécurité des peuples. Et pour y parvenir, l’industrie alimentaire doit se réinventer. “L’agriculture en 2030 ne reposera plus sur la production animale, mais sur les cultures végétales, annonce Kevin Camphuis, cofondateur de l’accélérateur ShakeUpFactory. Entre 60 et 70% du budget annuel de la PAC est consacré à la production animale aujourd’hui. Si ce budget était réorienté vers les biotechnologies, nous augmenterions notre résilience.” Ce serait en effet une première piste à explorer, mais pas la seule. L’autre grand défi consiste à protéger notre planète et ses ressources. “Réduire les émissions carbone de l’industrie agroalimentaire est une priorité. Avec seulement un ou deux degrés de plus cette année, nous avons déjà perdu 20% de nos récoltes”, assène Kevin Camphuis.

L’écosystème des startups s’empare déjà de la question grâce à des solutions permettant de réduire l’usage de produits phytosanitaires ou augmentant leur résistance. C’est le cas par exemple de Mycophyto, solution de bio-stimulants à base de champignons mycorhiziens ; Alvie plateforme d’IA pour l’optimisation de produits phytosanitaires et de biocontrôle ou encore Agriodor, création de parfums à base de kairomones remplaçant les pesticides. Toutes les alternatives, technologiques ou non, devront ainsi être explorées pour renverser la tendance et enfin nourrir la planète sans la détruire.