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11 juillet 2022
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L’accompagnement de startups, un métier qui se structure

Pépinières d’entreprises, incubateurs, accélérateurs... Les structures d’accompagnement ne cessent de fleurir sur le territoire et de séduire les entrepreneurs, en quête de conseils et de réseau. Pour faire gagner en maturité cet écosystème, la Boussole et Startup Palace ont organisé, le 8 juin dernier, le Startup Managers Day au sein du Raise Lab. Retour sur cette journée riche en enseignements.

Après deux ans de pandémie qui ont particulièrement affecté ces acteurs, le Startup Managers Day sonnait un peu comme un air de retrouvaille ou de découverte pour les 90 participants venus de toute la France. La bonne humeur était clairement de mise avec, en toile de fond, une même ambition : améliorer leur manière de fonctionner.

“Lorsque nous avons lancé la Boussole, notre communauté comptait 10 membres. Aujourd’hui, des structures de toute la France se sont inscrites à cet évènement” , s’est fièrement réjouit Clémence Boxberger, directrice générale de la Boussole. “En nous rassemblant aujourd’hui, nous allons pouvoir croiser et confronter les modèles d’incubateurs très tech, à impact et corpo, afin de monter en compétence et de faire de l’accompagnement un vrai métier” , a poursuivi Maeva Tordo, directrice Blue Factory ESCP et co-fondatrice de la Boussole. Une ambition partagée par Florian Hervéou, Head of pogram chez Startup Palace. Car l’accompagnement d’entrepreneur est loin d’être une sinécure et aujourd’hui, “il n’existe pas de formation à proprement parler pour l’accompagnement” .

Paradoxalement, le nombre de structures ne cesse d’augmenter. Aujourd’hui, on en décompte plusieurs centaines sur tout le territoire, généralistes ou spécialisées qui peuvent être de vrais leviers de développement pour les entrepreneurs à condition de bien penser leur mission.

Partage d’expérience et bonnes pratiques

Le développement de ces structures rend essentiel la structuration de l’écosystème afin de le faire gagner en maturité pour favoriser la croissance des entreprises innovantes, leur collaboration entre elles, avec de grands groupes ou les institutions publiques. Ce travail, débuté par la Boussole -qui regroupe les structures d’accompagnement reconnues pour leur sérieux- se poursuit aujourd’hui avec cette initiative.

Au menu de cette journée intense, des ateliers participatifs sur divers thèmes (outils, gestion de la donnée, KPI de réussite, sélection des porteurs de projet, etc) et de découverte (gestion de ses RP, définition d’une startup à succès).

Au cours des restitutions partagées entre chaque session, plusieurs enseignements ont été mis en avant :

  • La sélection des projets doit se faire avec un jury -identique si possible- dont les membres possèdent une double expertise métier et business. Pour tester la motivation des entrepreneurs et donner un caractère plus humain à la démarche, pourquoi ne pas leur demander une vidéo ? Dans tous les cas, les critères de sélection doivent être clairement indiqués lors de l’appel à candidature.
  • Du bon usage des outils. De nombreux participants ont pointé l’usage d’un trop grand nombre d’outils (Airtable, Slack, Asana, Trello, Monday, Notion) qui entraîne un problème de visibilité et de centralisation de la donnée et donc de son analyse. Pour contrer ce phénomène, plusieurs propositions sont faites comme la mise en place un d’un Wiki rassemblant tous les outils utilisés en interne et leur périmètre d’intervention. Afin d’éviter d’amasser des outils inutilement, il est conseillé d’échanger entre pairs mais aussi au sein de l’équipe avant d’installer de nouveaux outils et de sensibiliser les salariés afin qu’ils s’en emparent efficacement.
  • Concernant l’évaluation de l’accompagnement, Paul Jeannest pointe le besoin de penser les choses sur trois temps différents : avant (attentes), pendant (qualité de l’accompagnement) et après (la croissance des entreprises innovantes, la création d’un réseau d’Alumni, etc). “Il faut être vigilant et très clair sur les attentes de la startup et ce que la structure d’accompagnement peut ou non apporter, mettre en avant ce sur quoi elle peut être pertinente ou non” . Au cours du programme, la flexibilité est de mise. Les accompagnateurs doivent être capables de se remettre en question et d’adapter les objectifs et les formations en fonction des besoins et des évolutions de la startup. La difficulté de ce type d’évaluation est d’associer des critères qualitatifs et quantitatifs.

Complexe et essentielle, la mission des structures d’accompagnement évolue au fil du temps mais aussi des projets rencontrés et il paraît important de créer un écosystème propice à leur évolution afin de les aider à s’améliorer et se structurer.

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