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Temps de lecture : 03'38''
11 juillet 2022
fonds investissement

Que font les fonds ? Le portrait de KKR

Dans le paysage de plus en plus foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent, nous avons décidé de brosser le portrait des fonds pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour de KKR.

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KKR figure parmi les plus anciens fonds d’investissement à l’échelle mondiale. Du haut de ses 46 ans, il est présent aussi bien dans l’immobilier que le private equity et actif en Asie, aux États-Unis et en Europe. « L’objectif était de créer une plateforme dans laquelle tout est interconnecté » , explique ainsi à Maddyness Lauriane Requena, responsable de la stratégie d’investissement du fonds KKR Next Generation Technology Growth pour la France. Le fonds, qui revendique être généraliste, renforce sa présence dans le secteur de la tech depuis quelques années. C’est dans cette logique qu’il a réalisé son entrée sur le marché français en 2002. Et une montée en puissance se fait sentir. « La maturité de l’écosystème tricolore fait que davantage d’entreprises locales mènent des tours d’ampleur, qui entrent dans notre scope » , analyse Lauriane Requena, précisant que l’équipe basée en France se compose d’une quinzaine de professionnels toutes stratégies d’investissement confondues – parmi lesquels figurent 10 investisseurs.

Des tickets de 50 millions de dollars minimum

Il faut dire que KKR focalise ses investissements sur les opérations XXL. Le fonds injecte a minima 50 millions de dollars (49,5 millions d’euros) dans chaque tour de table auquel il participe. « Ces deux dernières années, notre activité a été intense en France puisqu’il y a eu davantage d’opportunités pour nous avec l’émergence de nombreuses licornes. Nous n’avons pas changé de centre de gravité, mais la nature du marché est désormais mieux alignée avec notre thèse » , relève Lauriane Requena. Le fonds américain dispose d’une armada de véhicules, qui investissent en phase d’amorçage comme en croissance et en B2B comme en B2C. « Dans tous les cas, la tech est au centre de ce que nous regardons » , assure l’investisseuse. Si le spectre d’action est très large, KKR veille à ce que son ADN se retrouve dans chaque projet d’investissement : « Nous voulons, avant tout, être un fonds à forte valeur ajoutée pour les entreprises que nous accompagnons. »

Afin de pouvoir s’impliquer dans la gestion opérationnelle des sociétés de son portefeuille, l’Américain n’investit que dans une poignée d’entre elles en pôle position sur leur créneau. « Nous avons notamment accompagné des noms emblématiques de la tech française, tels que +Simple, Qonto, Ornikar, OVHcloud, Cegid ou Devoteam » , illustre Lauriane Requena. KKR se place en conseil des dirigeants des entreprises accompagnées, notamment en les mettant en relation avec d’autres sociétés de son portefeuille. Le fonds espère notamment favoriser l’adoption des technologies des unes par les autres, si des besoins apparaissent. Des partenariats de co-développement peuvent être conclus. « De nombreuses synergies sont possibles. Nos équipes d’investissement sont, par ailleurs, complétées de spécialistes opérationnels avec des expertises dans les domaines de la tarification, du numérique ou de la cybersécurité » , énumère Lauriane Requena, rappelant que, du fait de ses 22 bureaux répartis sur 3 continents, KKR maîtrise l’enjeu de l’internationalisation.

Être un fonds impliqué et expérimenté

Parmi les fonds actuellement déployés en France par KKR figurent l’European Fund V (abondé à hauteur de 5,8 milliards d’euros), le Healthcare Strategic Growth Fund II (4 milliards d’euros), le Next Generation Technology Growth Fund II (2,2 milliards d’euros) et le Global Impact Fund (1,3 milliard d’euros) – qui, comme les noms l’indiquent, concernent respectivement les entreprises technologiques européennes, celles de la santé numérique, celles en forte croissance et celles générant un impact positif pour la planète et la société. « Nous avons, depuis 2020, réalisé 11 investissements dans le pays toutes classes d’actifs confondues » , indique Lauriane Requena, notant que « les tickets varient en fonction de la situation de chaque entreprise » et qu’il n’y a « pas de maximum ». Parmi les critères de sélection du fonds figurent le potentiel des dirigeants, mais aussi sa propre capacité à apporter de la valeur à la société rejoignant le portefeuille.

L’Américain occupe, la plupart du temps, une place de choix au conseil d’administration de l’entreprise soutenue, tout en affirmant « ne pas s’imposer pour autant ». Lauriane Requena note, cela dit, que « dans la conjoncture actuelle, il est appréciable d’avoir un fonds aussi impliqué parmi ses actionnaires ». Co-menant le plus souvent les tours de table auxquels il participe, KKR avance que « 80 % des opérations réalisées le sont dans le cadre d’un vrai partenariat avec les équipes dirigeantes ». En habitué du late stage, le fonds a développé une rare expertise en matière d’introductions en Bourse. Son équipe KKR Capital Market, qui s’occupe de sociétés venant du monde entier, prépare cette étape clé aux côtés des dirigeants. « Peu de fonds ont vu et expérimenté autant d’IPO que nous » , juge ainsi Lauriane Requena.

Article écrit par Arthur Le Denn
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