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25 juillet 2022

Avec Cleany, Alexandre Bellity redore le nettoyage depuis dix ans

Fondée il y a tout juste dix ans par Alexandre Bellity, la startup Cleany spécialisée dans le nettoyage professionnel, redore le blason des agents d'entretien et place la RSE au cœur de son action.

Avec son sourire et sa bonhomie, Alexandre Bellity, 36 ans, a fondé une startup à son image : une startup où le bien être des salariés est sa priorité. « Le métier de la propreté est hélas déconsidéré et je m’attelle à lui rendre ses lettres de noblesse » confie le fondateur de Cleany. Petit fils d’une femme de ménage qu’il a « vu trimer », et neveu d’un gérant d’une entreprise de propreté, il s’est lancé dans ce secteur avec pour volonté, d’en faire un « vrai métier » en offrant « un travail digne, une tenue digne et un salaire digne aux agents d’entretien ».

Un autre regard sur la propreté

Diplômé de Skema Business School, dont il est à ce jour président du club d’entrepreneurs, Alexandre Bellity a très rapidement eu l’envie d’entreprendre. « J’hésitais entre monter une boite tech mais je n’étais pas tech moi-même, et je voyais mon oncle bien gagner bien sa vie dans son entreprise de propreté où j’ai travaillé 6 mois. J’ai grandit dans ce monde avec un autre regard, aimant l’ambiance fraternelle entre les employés, les gens solidaires qui se serraient les coudes. Çà m’a donné l’envie de monter ma propre boîte de propreté » raconte-t-il. Sa motivation ? « J’avais envie de digitaliser un secteur « old school » et d’apporter un angle RSE très fort pour redorer le blason de ce métier » se souvient Alexandre Bellity.

«La RSE, c’est juste du bon sens humain »

A l’heure où la RSE devient une tendance pour des entreprises, Cleany est fier de préciser que 100% de ses 420 agents sont en CDI, et partagent des valeurs fortes : rapprocher les managers des agents d’entretien, établissement des conditions de travail saines, lutte ainsi contre la précarisation de l’emploi ou le manque de valorisation du métier.

Désirant « lever le voile sur les pratiques cyniques d’un marché », il a toujours reçu ses « cleaners » au bureau et n’hésite pas à parler des problématiques familiales avec ses salariés ou à proposer des avances sur salaire. Pour lui, « la RSE, c’est juste du bon sens humain ». Et il est même « prêt à renoncer à la croissance de son entreprise sur 10 ans pour faire du bien-être social et environnemental un sujet prioritaire en entreprise ».

Une vision du succès basée sur le bonheur

Pour Alexandre Bellity, il est nécessaire de changer le paradigme de l’entrepreneur afin de dépasser la simple notion du succès liée à l’argent et à la levée de fonds, pour aller vers plus de sens et de cohésion. Selon lui, les dirigeants doivent établir un triple bilan de leurs actions : économique, social et environnemental. « Avec Cleany, j’essaie de montrer qu’il est possible d’allier succès professionnel et sobriété, tech et impact social » confie celui qui enregistre 20% de croissance par an et réalise un chiffre d’affaires de 7,5 millions en 2021. « J’ai levé 3 millions en 2018 au forceps et je me suis dit « plus jamais ». J’ai pas besoin de lever du cash pour faire de la croissance ».

En France, le marché de la propreté pèse 15 milliards d’euros, dont 5,3 milliards d’euros à Paris où Cleany propose ses services. Et la startup voit maintenant plus loin, avec l’extension récente de son activité à Reims, et prochainement à Lille, Lyon et Bordeaux. Un succès dont Alexandre Bellity parle avec beaucoup de modestie, mettant toujours en avant le bien-être de ses salariés. Comme il le résume : « le sens de ma boite ce sont les gens qui y bossent. Et que mes agents d’entretien soient heureux chez Cleany : c’est ma vision du succès ».

Digitaliser le secteur de la propreté

« L’uberisation de notre société est aujourd’hui perçue comme une tendance négative à cause des nombreux abus de certaines entreprises qui utilisent la technologie pour accroître démesurément les rendements de leurs employés » regrette Alexandre Bellity. Avec l’application « My Cleany », il renverse cette tendance et permet à ses agents de faire remonter des informations, d’avoir un accès direct aux bonnes pratiques et aux nouvelles missions éventuelles qui leur sont proposées. « Chez nous, le tableau de bord client permet de retrouver tous les contrats. C’est carré, ce qui n’est pas forcément la norme dans ce secteur. Notre outil nous permet lui, d’être omniscient sur tout ce qu’on fait » poursuit cet entrepreneur.

Des formations pour évoluer

Pour « ouvrir le champs des possibles » et montrer à ses salariés qu’il est possible d’évoluer dans ce métier, il propose au sein de Cleany des formations en management et en direction. « La propreté et un secteur où l’on peut réellement gagner sa vie et faire carrière » souligne Alexandre Bellity, prenant pour exemple quelques uns de ses agents qui sont « montés chefs d’équipe et manager».

Dix ans après sa création, son entreprise souffle paisiblement ses dix bougies et envisage à terme des formations sur des métiers connexes à la propreté, voire à d’autres métiers. « Ce serait mon kiff » conclu avec un rire franc cet entrepreneur et jeune papa.