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2 septembre 2022
FLORIDA, USA - AUGUST 29: NASA’s Artemis 1 rocket sits at pad 39-B at the Kennedy Space Center hours before a scheduled launch on August 29, 2022, in Cape Canaveral, Florida. The launch of the moon rocket was postponed due to an issue with one of the rocket’s engines. Paul Hennessy / Anadolu Agency (Photo by Paul Hennessy / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP)

Mission Artémis : ces startups françaises qui visent la Lune

La Nasa ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de la conquête spatiale avec le lancement de la mission Artemis, qui projette une installation durable des astronautes autour de la Lune. Un projet dans lequel s’inscrivent déjà un tissu de startups françaises, développant des applications pour améliorer la vie en orbite.

Retourner sur la Lune via des vols habités, c’est le projet de la Nasa et de la mission Artemis. Le décollage de la nouvelle fusée de l’agence spatiale américaine – prévu initialement lundi 29 août – ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de la conquête spatiale. Son ambition : s’installer durablement autour et à la surface de la Lune. Le premier vol sera toutefois inhabité. Il permettra d’envoyer une capsule, se déplaçant au niveau de la face inconnue de la Lune, avant de redescendre sur Terre. Le second volet du projet envisage, quant à lui, d’embarquer des astronautes qui resteront en orbite. Puis, lors d’Artemis III, prévu en 2025, les cosmonautes devraient se poser sur le satellite naturel de la Terre.

Et si ce projet est américain, il inclut aussi des structures internationales. Telle que le Centre national d’études spatiales (CNES), basé à Toulouse, qui vient de rejoindre les accords Artemis, permettant d’encadrer juridiquement les nouvelles explorations. Une intégration anticipée par le CNES. Dès 2021, le centre spatial s’est rapproché de l’incubateur toulousain Nubbo pour lancer le programme « Tech the moon. » « Le but était de commencer à créer une grappe de startups à embarquer dans cette mission », précise Anne-Laure Charbonnier, directrice de l’incubateur.

Des habitats modulaires éjectés grâce à des fusées

Cinq Deeptech françaises ont ainsi été incubées fin septembre 2021. Elles planchent sur des applications permettant de faciliter la vie ou les recherches des astronautes, dans le cadre d’Artemis III. Certaines ont d’ailleurs pris une longueur d’avance. The Exploration Company, basée à Bordeaux, a déjà levé 5 millions d’euros en 2021 et prépare un second tour de table « beaucoup plus important. » La société de 15 salariés a imaginé un véhicule orbital réutilisable. « A terme, la Nasa prévoit de créer une base centrale et plusieurs bases lunaires. Il faudra donc être capable d’acheminer du matériel et des personnes entre ces différents sites », détaille Anne-Laure Charbonnier. Dans le même temps, l’entreprise bordelaise envisage d’exploiter les minerais rares se trouvant en orbite. Et là aussi, son véhicule permettrait de faciliter la logistique.

De son côté, la société Spartan Space travaille sur des habitats modulaires, déployables rapidement. « Ces abris seront éjectés grâce à des petites fusées, depuis la Terre ou via une base en orbite. Puis ils se gonfleront comme de grosses bulles, un peu à l’image d’une tente deux secondes », schématise la directrice de l’incubateur toulousain. L’entreprise de dix salariés, implantée dans le Sud Est, a déjà mis au point son prototype, qu’elle testera prochainement dans un milieu hostile, à proximité d’un volcan.

Cultiver les légumes sur la Lune

Et certains projets vont encore plus loin. Interstellar Lab a imaginé des abris permettant de cultiver des plantes sur la Lune. La société a convaincu des fonds d’investissements européens, mais aussi américains, et levé 5 millions d’euros en mars dernier. Orus Technologies, sélectionné par le programme Tech the moon a d’ailleurs développé un projet similaire. « Via des armoires paramétrables, l’objectif est de faire à peu près tout pousser, pour nourrir les astronautes avec autre chose que du lyophilisé », souligne Anne-Laure Charbonnier. Les startups françaises se tiennent donc prêtes à voir arriver la vie sur la Lune. Pour être aussi capables de l’envisager ailleurs.