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17 octobre 2022

L’entrepreneuriat plus que jamais en vogue auprès de la nouvelle génération

Depuis un peu plus de 5 ans, un phénomène rebat complètement les cartes au sein de la nouvelle génération : l’entrepreneuriat. A l’ère du numérique, c’est près d’un étudiant sur deux qui se dit intéressé pour entreprendre dans les cinq années suivant son diplôme. Mais alors : démocratisation de la French Tech, effet Covid, changement de paradigme ou simple tendance, comment expliquer cet intérêt si nourri pour l’entrepreneuriat chez les jeunes ?

Avec l’explosion des dispositifs nationaux d’accompagnement, l’accès facilité aux financements publics ou encore l’émergence des nombreux concours d’innovation, l’entrepreneuriat est plus que jamais en vogue auprès de la nouvelle génération. Alors qu’en 2021, le nombre de créations d’entreprises atteignait un nouveau record avec 995.900 créations, la jeunesse ne semble pas être épargnée par ce phénomène.

La quête de sens et d’impact

Une des principales attentes des jeunes vis à vis du monde professionnel actuel réside dans la recherche de sens. La nouvelle génération recherche notamment avant tout à créer de l’impact au quotidien. Beaucoup de jeunes mettent donc au premier plan le sens et les valeurs portés par leur emploi. Et l’entrepreneuriat apparaît donc pour beaucoup comme la meilleure solution pour faire de leur quotidien professionnel un combat et participer à faire bouger les choses. Les changements sociétaux actuels ne font qu’amplifier ce sentiment qui attache de nombreux jeunes à rechercher une mission de vie.

De plus, de nombreux d’étudiants ne se voient plus évoluer au sein de grands comptes et multinationales comme c’était le cas auparavant, notamment suite aux scandales médiatiques répétés et aux enjeux écologiques auxquels ces entreprises semblent confrontées. Leur regard se porte alors plutôt vers le secteur de la Tech et l’écosystème startup qui ouvre un nouveau champ des possibles aux jeunes souhaitant se sentir mieux considérés dans leur vie professionnelle et avoir un impact plus fort à leur échelle. C’est avant tout le besoin de se réaliser dans son emploi qui semble destiner ces jeunes à entreprendre.

 

D’après un récent sondage de l’ISC Paris, une majorité des étudiants considèrent l’épanouissement personnel comme principal critère de réussite pour leur premier emploi. Pour les plus entreprenants, ce facteur se traduit par une volonté farouche de créer et laisser son empreinte dans la société actuelle. Que ce soit du militantisme par l’action ou une simple volonté de changer une industrie, on ressent chez la jeunesse étudiante une forte appétence pour la thématique entrepreneuriale.

Comme un vent de liberté

Parmi les principaux arguments avancés par les jeunes, on retrouve souvent la recherche d’une forme de liberté et de flexibilité peu compatible avec le salariat. Beaucoup ne se retrouvent plus dans le monde du travail actuel et on estime que près de la moitié envisagent de créer une entreprise faute de ne pas vouloir en rejoindre une. D’après le directeur général de l’ISC Paris, beaucoup de jeunes ne veulent pas reproduire les habitudes de leurs aînés, et souhaitent pouvoir séparer efficacement vie personnelle et professionnelle. Ce sentiment s’accompagne également d’un changement de rapport à l’autorité. Beaucoup de jeunes aujourd’hui envisagent la création d’entreprise pour ne pas travailler sous la responsabilité d’un manager et ainsi espérer une liberté plus importante dans leur vie professionnelle.

Mais c’est aussi la liberté de croire en un avenir différent et de nouvelles perspectives. La crise du Covid a profondément modifié les habitudes chez les jeunes, mais également leurs aspirations. Le monde change vite et beaucoup veulent être au centre de ce changement. Cela s’accompagne d’un besoin en autonomie et en responsabilités grandissant. La culture du projet au sein des écoles et universités participe à cultiver ce sentiment et cet attachement au leadership et à l’épanouissement par la création. Beaucoup ont le souhait de prouver leur capacité à créer leur propre entreprise, que ce soit une startup tech, une entreprise familiale ou un statut d’auto-entrepreneur. La longueur des études et le prestige de certaines institutions semblent également perdre en importance chez les étudiants, qui voient avec l’entrepreneuriat de nouvelles opportunités s’ouvrir à eux.

Une accessibilité grandissante

La French Tech a bien changé en dix ans. Il n’a peut être jamais été aussi accessible et aussi peu risqué de créer une entreprise. Les dispositifs d’accompagnement fleurissent un peu partout sur le territoire et l’écosystème entrepreneurial semble beaucoup plus attirant qu’auparavant, de part l’importante vulgarisation de l’entreprise et les nombreuses success stories disponibles dans les médias. Outre cela, la création d’entreprise et l’innovation sont même enseignées dans les universités et font partie intégrante des cursus.

C’est donc une jeunesse audacieuse qui souhaite essayer de nouvelle choses, multiplier les expériences pendant les années les plus propices et profiter de la fougue de l’âge et des statuts sécurisants pour tenter l’aventure entrepreneuriale. Avec la transformation du monde professionnel et la disparition du modèle carriériste, beaucoup jugent qu’ils auront tout le temps de chercher un CDI dans le futur et n’accordent plus autant d’importance aux longues carrières linéaires et à la sécurité de l’emploi. L’âge est donc plutôt tourné vers l’expérience et l’aventure pour cette jeunesse qui va certainement redessiner les contours du monde tel que nous le connaissons…

Parmi les dispositifs, le BigTour de Bpifrance participe à encourager les jeunes à entreprendre, tout comme les réseaux MoovJee et Pépite France. De nombreux mouvements entrepreneuriaux émergent au sein des écoles, tels que la Confédération Nationale des Junior-Entreprises (CNJE) et les associations entrepreneuriales au sein des campus. Enfin, des incubateurs et Master spécialisés voient le jour dans la plupart des grandes écoles et universités un peu partout sur le territoire français. La culture de l’innovation semble plus que jamais au coeur des cursus, pour le plus grand bonheur de la nouvelle génération.