Tribunes#web3
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11 janvier 2023

Comment les cryptos et le web3 vont être massivement adoptés en 2023

L'univers crypto est-il vraiment en train de se décomposer après seulement une grosse décennie d'existence ? Comment faire en sorte de le structurer et proposer des solutions pérennes pour le voir devenir global et adopté par toutes et tous ? C'est le sujet de cette deuxième chronique d'Olivia Scotti, la co-fondatrice de Wagli, où elle revient sur les derniers remous d'un écosystème en plein ébullition et propose des solutions pour qu'il retrouve la confiance de ses utilisateurs.

« Fini c’est fini, ça va finir, ça va peut-être finir« , Beckett aurait-il vu juste ? L’univers crypto est-il vraiment en train de se décomposer après seulement une grosse décennie d’existence ?

Les détracteurs adorent. Après le crash de Terra Luna, Celsius ou encore la faillite de la plateforme FTX (octobre 2022), nombreux sont ceux qui attendent l’effondrement total de l’écosystème. Il faudra pourtant attendre encore avant d’enterrer ces technologies…

Toutes les innovations échouent, d’une certaine manière, avant d’être globalement adoptées

Le Web3 n’a pas attendu 2022 pour subir ses premiers déboires. Déjà de nombreux échecs ont eu lieu avec, pour commencer, la terrible faillite de Mt Gox (plateforme japonaise d’échange de Bitcoins) en 2014 qui a fait banqueroute après un hack massif.

« De manière générale, toutes les innovations ne passeraient-elles pas par un tunnel d’échecs avant d’en sortir renforcées ? »

De manière générale, toutes les innovations ne passeraient-elles pas par un tunnel d’échecs avant d’en sortir renforcées ? Ne s’agit-il pas là d’un process nécessaire qui permette à une technologie de construire des usages pérennes (révision du parcours utilisateur, régulation des droits, compréhension des limites) comme l’illustre la fameuse courbe de Gartner ?

Bénédicte Tilloy propose un autre point de vue dans ses chroniques engagées : plutôt que de parler d’échec, ne serait-il pas plus judicieux de parler d’essai ? Avant de trouver l’usage, les règles, les droits les plus pertinents, ne devons-nous pas essayer ?

Alors, comment retrouver la confiance dans un environnement qui semble durement touché par une crise sans précédent ?

Cette crise est le symbole d’un écosystème qui a grossi bien trop vite, avec beaucoup trop d’argent, trop rapidement. Rappelez-vous la bulle Internet des années 2000 qui a suivi le même destin. Une autre manière de voir les choses consisterait à penser qu’il est finalement encourageant qu’autant de personnes se passionnent pour ces technologies.

Ces faillites à répétition ne sont-elles pas des corrections automatiques d’un marché où l’ensemble des acteurs s’est emballé trop vite ?

Il y aurait de quoi s’inquiéter si le Web3 se limitait à de la spéculation. Alors certes, l’aspect financier et monétaire représentent une grande partie de l’environnement Web3 et l’entrée dans ce bear market marque tous les esprits, toutefois ils ne s’y limitent pas.

Une manière de limiter ces crashs serait-elle la vulgarisation et donc l’adoption plus massive de ces technologies ? La compréhension est la base des usages pérennes.

Si les utilisateurs de FTX avaient été au courant d’un potentiel risque de faillite de la plateforme auraient-ils investi autant de cash sur la plateforme ? Bien sûr que non. Ils ne savaient pas ou simplement, ils n’ont pas cherché à savoir.

« Nous pouvons faire le choix : laisser se développer cette jungle de technos ou bien prendre les choses en mains. »

Nous pouvons faire le choix : laisser se développer cette jungle de technos ou bien prendre les choses en mains. Institutions et entreprises : prenez le temps de comprendre et formez vos équipes, vos stagiaires, vos dirigeants. Comment construire un écosystème stable si les bases ne sont pas acquises ?

Mathieu Aguesse, Directeur du Studio d’Innovation Schoolab à San Francisco le reconnait « il s’agit avant tout d’une révolution culturelle, et non technologique. Le domaine n’est plus réservé aux pionniers et ultra spécialistes, les use cases pullulent dans bon nombre d’industries. Cela étant dit la technologie n’a pas encore pleinement rencontré ses usages, la courbe d’acquisition reste donc sinusoïdale ».

« Il s’agit avant tout d’une révolution culturelle, et non technologique »

Se former permet non seulement : de se faire un avis, d’éviter de commettre des erreurs (personnelles ou professionnelles) et surtout de prendre le temps de construire ensemble cet écosystème encore en friche. Beaucoup d’acteurs dans la formation se développent pour permettre cette démocratisation. Certaines sont techniques et d’autres plus généralistes comme Wagli, qui œuvre à la démocratisation des savoirs et à la mise en pratique multisectorielle du marché.

Le rôle des médias également est précieux dans ce tournant, comme le font notamment les médias spécialisés sur le sujet (The Big Whale, Wagmi Trends pour ne citer qu’eux), de notre écosystème à l’instar de Maddyness autant que généralistes bien sûr.

La formation est une gymnastique de l’esprit : ne restons pas passifs face à ces innovations. Nous n’avons pas le choix si nous souhaitons rester acteurs de cette révolution.