21 juillet 2023
21 juillet 2023
Temps de lecture : 4 minutes
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La France en bonne position pour devenir le leader européen de l’IA générative ?

Dans le sillage d'OpenAI, qui a secoué le marché de l'IA générative avec ChatGPT, de plus en plus de startups françaises s'intéressent au secteur. Le fonds Resonance a réalisé un mapping pour les identifier.
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Maxime Le Dantec, co-fondateur de Resonance. Crédit : Maddyness.

Depuis la sortie de ChatGPT l’an passé, l’euphorie est de mise sur le marché naissant de l’intelligence artificielle générative. Si la startup américaine OpenAI, appuyé par Microsoft, semble avoir une longueur d’avance sur la concurrence, de plus en plus d’entreprises se lancent dans ce secteur qui attise les convoitises. Preuve de cet engouement, le marche de l’IA générative pesait près de 40 milliards de dollars en 2022 et devrait approcher les 70 milliards à l’issue de l’année en cours, selon Bloomberg Intelligence. Et ce n’est qu’un début puisque le marché devrait atteindre les 1 300 milliards de dollars d’ici 2032.

Dans ce contexte, la France et l’Europe espèrent bien tirer leur épingle du jeu, malgré les moyens colossaux mobilisés aux États-Unis et en Asie. Pour mieux mesurer le potentiel de l’écosystème tricolore en matière d’IA générative, Resonance, fonds d’investissement lancé l’an passé par Maxime Le Dantec et Alban Oudin, s’est attelé à réaliser un mapping des startups de l’IA générative créées par des entrepreneurs français. Ce dernier met ainsi en lumière plus de 70 entreprises, dont des noms bien connus de l’écosystème comme Dataiku, Hugging Face, Owkin ou encore Mistral. Celles-ci adressent des problématiques variés, à l’image de la santé, de la productivité, du service client ou encore de la gouvernance des données.

Des barrières à l’entrée plus faibles

Au-delà de l’effervescence déclenchée par l’arrivée de ChatGPT, la dynamique du secteur a été amplifiée par la réduction des barrières à l’entrée. En effet, il n’est plus nécessaire d’avoir à tout prix des spécialistes très pointus dans ce domaine, de gigantesques ensembles de données ou encore de nombreuses cartes graphiques pour entraîner des modèles d’IA. "Avant, il fallait un niveau de connaissance très sophistiqué", note ainsi Maxime Le Dantec, co-fondateur de Resonance. Désormais, il est possible d’accéder à des modèles d’IA générative via une simple API.

L’open source est d’ailleurs la voie choisie par les entrepreneurs français Clément Delangue, Julien Chaumond et Thomas Wolf, qui ont fondé Hugging Face, une société, certes basée aux États-Unis, qui se positionne en alternative à ChatGPT. Elle est aujourd’hui valorisée à 2 milliards de dollars. Autre acteur, cette fois-ci pleinement implanté en France, la startup Mistral AI, seulement lancée en début d’année, a levé 105 millions d’euros en juin. "Nous sommes fiers de donner naissance à ce projet à vocation mondiale depuis la France, notre pays d’origine, pour contribuer, à notre niveau, à faire émerger un nouvel acteur crédible de l’intelligence artificielle générative depuis l’Europe", déclarait alors Arthur Mensch, CEO de Mistral AI.

"Le prochain géant de la tech peut être français"

Après avoir raté la précédente révolution de l’IA, qui a surtout profité aux Gafam, la France et l’Europe espèrent se rattraper avec cette vague de l’IA générative. "L’Europe a une vraie carte à jouer et je pense que le prochain géant de la tech peut être français. Dans l’IA, c’est la formation scientifique qui fait la différence, et celle en France qui est l’une des meilleures du monde. En plus, la conception de l’entrepreneuriat en France et en Europe a complètement changé en 10 ans. Ce n’est pas un hasard si de plus en plus d’entrepreneurs viennent en France, y compris des Américains et des Britanniques. A mes yeux, la France commence à se dégager en tant que leader européen", estime Maxime Le Dantec.

Toutefois, l’Europe, sous l’impulsion de Bruxelles, devra éviter de reproduire les erreurs du passé, où le Vieux Continent s’est davantage distingué pour ses talents de régulateur plutôt que d’innovateur. "Il y a un juste milieu à trouver entre trop réguler et pas assez. Une régulation trop stricte peut ralentir la vitesse de l’innovation", note Maxime Le Dantec. Dans ce cadre, l’arrivée de nouvelles régulations comme le Data Act sera scrutée avec attention.

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