Tribunes par Charles Fourault et Audrey Soussan
écrit le 13 février 2024, MÀJ le 12 février 2024
13 février 2024
Temps de lecture : 3 minutes
3 min
9736

On ne changera pas le monde en ne finançant que du SaaS

Si les VC ont longtemps eu tendance à financer des modèles qu’ils connaissaient, ils sont de plus en plus nombreux à s’engager sur les nouveaux modèles (infrastructures, chimie, hardware…) qui vont contribuer à résoudre les grands enjeux de notre monde. Une tribune proposée par Charles Fourault et Audrey Soussan, Partners chez AFI Ventures, fonds impact de Ventech.
Temps de lecture : 3 minutes
Partager
Ne passez pas à côté de l'économie de demain, recevez tous les jours à 7H30 la newsletter de Maddyness.
Légende photo :
Charles Fourault et Audreay Soussan

En tant que VC, nous investissons depuis longtemps dans des modèles SaaS. L'attrait et la reproductibilité de ces modèles sont évidents. Des entreprises comme Salesforce nous ont montré que suivre un playbook bien établi peut générer des rendements significatifs. Et ce, quel que soit le secteur, ou presque. Pour un VC, c'est une stratégie rassurante dans un métier par nature risqué.

Mais nous avons aussi identifié un grand nombre de modèles, qui, bien que clés pour notre futur, demeurent largement sous-financés par rapport au SaaS. Pendant longtemps, ils étaient même souvent ignorés des VC. Ce sont les modèles hardware (Verkor, Fairmat), d'infrastructure (Revcoo!), de la chimie (Bon Vivant, Umiami), et même les trois à la fois (comme Neolithe).

Pour relever les défis les plus pressants de notre monde, tels que le changement climatique, l'agriculture, les transports, etc., il est clair que les solutions se trouvent dans ces nouveaux modèles, nécessitant d’importants capitaux et le développement de nouveaux playbook.

Cela implique un maximum de risques. Les investisseurs en pré-amorçage et amorçage, comme nous, les prenons depuis quelques années déjà. La bonne nouvelle est que nous constatons de plus en plus d'investisseurs en séries A, B et C prêts à prendre le relai. Selon le rapport State of European Tech 23 (voir ci-dessous), 28% des tours de financement dépassant 5 millions d'euros étaient dans le secteur du carbone et de l'énergie, contre 15% pour les logiciels. Et plus largement, plus de 40% des fonds investis sont allés dans la deep tech. Par ailleurs, de nouveaux fonds de capital-risque dédiés émergent dans le secteur de la technologie industrielle, tels que Kvanted.

Nous sommes en train de changer de paradigme. Le financement généreux des startups SaaS par les fonds se rééquilibre au profit de ces nouveaux modèles. Et voici pourquoi cela va s’accélérer.

Avant la généralisation d'Internet, il a été nécessaire de créer son infrastructure. Et oui ! sans réseaux, pas de transmission de données Web ! Nous nous souvenons tous de la bulle Internet. L'un des facteurs contributifs à la crise qui a suivi était la lenteur des sites et services Web. La faiblesse des réseaux était bien le cœur du problème. Une fois celui-ci résolu, l'utilisation du Web a naturellement explosé. Et les modèles SaaS avec...

Aujourd'hui, nous sommes confrontés à un défi similaire. Pour avoir un impact réel, nous devons financer et construire les infrastructures de demain (e.g. installations de capture directe de l'air, stations de recharge électrique, etc.). En 2023, selon le dernier rapport Impact Startups 2023 de Dealroom, l'Europe a dépassé les États-Unis comme premier financeur des startups à impact tout en se révélant beaucoup plus résiliente durant la crise. Nous sommes donc sur la bonne voie.

2024 marquera le point de bascule définitif pour les VC, en particulier les acteurs européens qui comprennent qu’ils ont un rôle de pionniers à assumer. Et, bien sûr, si nous construisons avec succès les infrastructures de demain, soyez assurés qu'une multitude d'entreprises SaaS trouveront leur place parmi elles.

Maddynews
La newsletter qu'il vous faut pour ne rien rater de l'actualité des startups françaises !