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[Dossier] Comment La France pourrait s’inspirer des espaces de coworking arabes?

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Par Aline Mayard - 03 septembre 2013 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

Les entrepreneurs européens adorent regarder ce qui se passe aux US ; après tout, ils ont de l’expérience et jouent des gros chiffres, ils doivent savoir ce qu’il faut faire. Oui mais, n’ont-ils pas perdu l’ingéniosité et l’ambition qui ont construit les startups les plus innovantes ?[hr]

Dans les marchés émergents, au contraire, cette flamme des débuts est omniprésente. A Dubaï et Beyrouth, la communauté de designers freelancers, d’entrepreneurs et de créatifs divers et variés grandit de jour en jour. Tout ce petit monde se retrouve dans des coworking spaces à la patte bien unique dont la France pourrait bien s’inspirer pour dynamiser l’écosystème français.

Le gastronome

Après 8 années à travailler dans une tour à Dubaï, Leith Matthews décide d’ouvrir son restaurant. Il travaille sur son projet de chez lui ou dans des cafés mais se sent seul, « quand tu es entouré de gens qui créent aussi quelque chose, tu te sens plus fort » explique t-il. Leith n’a jamais entendu parler de « coworking space » et ne connaît pas le monde des startups et des freelancers, pourtant il en ouvre pour eux, qu’il définit comme un restaurant pensé pour les travailleurs indépendants.

MAKE est un restaurant au menu inventif et au design soigné. Les tables sont ergonomiques et équipées de prises, et des « pitching booths », des tables-cabines équipées d’un tableau noir, ont été imaginées pour les groupes.  Le soir, le restaurant propose des événements destinés à tous les entrepreneurs, même ceux qui ne travaillent pas dans la tech. On y parle, selon les soirées, de l’industrie de la mode, des médias sociaux ou encore de la restauration. Le restaurant propose aussi des dîners pour apprendre à connaître les acteurs de son industrie.

Idée: Quand on connaît l’obsession des français pour les bons repas, Paris pourrait avoir son resto coworking !

Le gratuit

The Shelter est le plus vieil espace de travail et d’événements de Dubaï, c’est aussi un espace complètement gratuit ! N’importe qui peut s’y rendre, s’asseoir et utiliser internet. Le soir, des événements sont organisés par Shelter ou d’autres organisations pour aider les entrepreneurs et inciter au changement.

Ce lieu anodin a vu le jour grâce à Ahmed et Rashid Bin Shabib, deux frères émiratis qui viennent d’une famille d’entrepreneurs et qui ont voulu donner à leur pays et aider les entrepreneurs. Les deux frères n’ont pas un objectif de profit mais d’autosuffisance. Les dépenses de bases, comme le loyer et les factures, sont payées par « du », un opérateur téléphonique sponsor. La location de l’espace pour des événements privés finit de payer les dépenses.

Tous les jours, 10 à 15 personnes viennent y travailler. Certains y viennent quotidiennement pendant un à trois mois, jusqu’à ce qu’ils puissent se permettre de louer ou aient besoin d’un bureau à eux. Ces startupers, architectes et freelancers représentent bien la dynamique de la ville : 20% sont émiratis, 50% indiens et 30% viennent des quatre coins du monde.

Idée: En France, qui serait prêt à créer un bureau entièrement gratuit pour les jeunes entrepreneurs ?

Make-coworking

Le collaboratif

A Beyrouth, c’est Alt City qui joue la carte du social avec un espace qui veut soutenir le changement social. Tous les startupers, freelancers, employés mobiles et activistes y sont les bienvenus, qu’ils travaillent bénévolement ou pas, qu’ils aient un projet social ou non.

Au fur et à mesure des mois (et des entrées d’argent), les habitués peuvent voir le loft évoluer. Depuis peu, Alt City propose, en plus des bureaux privés réservables à la journée, la semaine ou le mois, un restaurant/bar pour ceux qui ne souhaitent venir que pour quelques heures. Le restaurant permet aussi d’ajouter une source de revenu, de permettre aux « gens de se découvrir autrement autour d’un bon plat » explique David Munir Nabti, un des cofondateurs, et aux activistes de profiter d’internet anonymement.

Pour les autres, Alt City propose divers services, comme l’immatriculation de l’entreprise, le prêt d’une adresse commerciale et l’accès à une base de données de contenus, normalement uniquement disponible sur abonnement.

L’espace est aussi bien connu pour ses nombreux ateliers, hackathon, conférences et autres événements geek et entrepreneuriat.

Idée: Un lieu en France qui permettrait aux startupers et activistes de sortir de leur bulle et de rencontrer du monde, travaillant sur d’autres problématiques mais avec la même envie de changer les choses.

Shelter-liban

L’immobilier

Cloud 5 est aux antipodes d’Alt City. Cet espace, situé dans le quartier chic du centre-ville de Beyrouth, est tenu par le promoteur immobilier qui détient tout le quartier : Solidere.

Le quartier souffre du manque de tourisme, qui a suivi la guerre en Syrie, et souhaite ainsi faire venir des jeunes startups et les garder dans le quartier quand elles se développeront. Le promoteur essaie aussi de revernir son image et se montrer plus « cool » et jeune.

Les startups y louent des bureaux au mois et peuvent profiter de ce que Solidere considère être « l’internet le plus rapide du pays ».

Idée: Une bonne initiative sur le papier pour booster des immeubles vides mais qui nécessite un peu d’animation pour garder un public exigeant.

Crédits Photo: Flickr

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Aline Mayard

03 septembre 2013 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
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