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Un secteur qui a levé plus de 5 milliards de dollars au cours des 18 derniers mois

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Par Maddyness - 25 septembre 2015 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

C’est une banalité de dire que la prochaine révolution se prépare outre-Atlantique. C’est pourtant bien le cas en ce qui concerne la « food disruption », ne serait-ce qu’au regard des plus de 5 milliards de dollars qui ont été levés au cours des 18 derniers mois. Pour autant, notre vieux continent a su prendre le train en marche : LaFourchette, La Ruche Qui Dit Oui, Alkemics, Ynsect… et bien d’autres en sont la preuve. Maintenant, il est nécessaire d’accélérer le mouvement et voici quelques clés pour s’inspirer des moteurs profonds qui animent la dynamique américaine.


[quote]Article proposé et écrit par  Kevin Camphuis, FoodTech partner chez 33 entrepreneurs.[/quote]

Pourquoi maintenant ?

La frénésie de projets « food & tech » n’a pris de l’ampleur que récemment avec l’arrivée à maturité de certaines technologies clé à même de transformer une industrie aussi complexe : la révolution dont on parle est portée par l’application opérationnelle de la géolocalisation (toutes solutions de livraisons à domicile), la datascience (HamptonCreek, ImpossibleFoods), des avancées en biotechnologies (BeyondMeat, Kile Hill…), en technologies sémantiques (Yummly, Alkemics), en IA (IBM Watson Food) et par la maturité de l’IOT (Nomiku, Drop, OrangeChef).

La food comme une commodité

« We are what we eat » : notre culture latine privilégie le plaisir de se retrouver autour d’une table, les saveurs et la variété ; les anglo-saxons ont quant à eux un rapport bien plus fonctionnel à l’alimentation : « food is fuel », ce que je mange va me permettre de passer la journée, quoi que je mange, où et comment. D’où un focus plus particulier sur les aspects de technicité, de composants, de performance, de praticité qui se traduit en projets qui vont utiliser ces technologies dans des logiques qui pourraient nous paraitre incongrues mais qui sont pour autant efficaces et permettent d’ouvrir de nouveaux espaces : food is data comme le dit le fondateur d’HamptonCreek, food is speed (2/3 des levées de fonds financent des projets de livraison à domicile), food is science (Solyent, BeyondMeat…).

User centric process

Malgré les technologies en présence, les projets qui réussissent montrent une priorité donnée à la satisfaction et à l’expérience utilisateur. Le design thinking est le processus fédérateur de l’ensemble des équipes et expertises à la seule fin de simplifier le quotidien de ses utilisateurs. À cela s’ajoute un savoir-faire marketing et une maîtrise des outils sociaux qui sait simplifier les messages, proposer des expériences fluides, être percutant et créer des campagnes marketing affutées.

Un écosystème ouvert à la nouveauté et aux partenariats

Avide de nouveauté, l’écosystème américain sait offrir à tout porteur de projet des opportunités d’échanges d’expérience, de partenariats, de mentorat et de financement sans équivalent : les accélérateurs (dont certains désormais spécialisés) permettent aux startups d’être conseillés par des entrepreneurs ; les industriels sont prêts à investir ou à collaborer avec des projets qui les challengent ; les startups savent combiner entre elles leurs savoirs-faire dans des logiques win win qui accélèrent leur développement. Cette ouverture d’esprit américaine (et le contact aisé, même avec des entrepreneurs qui ont réussi) est une réalité qui se traduit en agilité, opportunité et rapidité : « play to your strength and deliver ».

Le droit à l’échec

Oui, les américains ont les poches plus profondes. Mais au-delà des chiffres, c’est surtout un état d’esprit chez les investisseurs qui acceptent de prendre des risques et de valoriser le droit à l’échec. « Test and learn » est le maître mot de tous les projets, se donner les moyens de tester vite et souvent. On sait donner le temps et les moyens à des projets d’aboutir (on a tendance à oublier qu’il aura fallu 15 ans à Nespresso pour décoller, ou que BlaBlaCar existe depuis 11 ans…) et tout échec est un apprentissage pour mieux pivoter. Cela se traduit aussi par un déplacement d’intérêt des fonds vers l’amorçage, eux-mêmes challengés par nombre d’entrepreneurs historiques qui investissent dans des projets « food » (Marc Benioff a investi dans HamptonCreek) ou encore l’appétit d’acteurs qu’on penserait éloignés de la food (Google a déjà investi dans OrangeChef et aurait tenté de racheter ImpossibleFoods cet été).

La France a sa carte à jouer

Et la France dans tout ça ? Elle possède tous les ingrédients pour faire émerger les futurs champions de la food de demain : les entrepreneurs français sont créatifs et de plus en plus nombreux, nombre de projets food US accueillent des français à des postes clé (IBM Watson Food, Munchery, Kile Hill…), elle sait aussi construire de belles pépites, jusqu’aux US (Handpick s’est monté à SF), elle dispose de formations d’excellence, d’industriels leaders mondiaux, d’un marché avide de nouveauté et de variété. Il ne reste qu’à faire prendre la sauce et c’est ce à quoi s’emploie l’équipe de 33entrepreneurs, en s’inspirant, d’ailleurs, de ce que les US font de mieux en terme d’accélération et d’investissement.

Et pour mette tout cela en pratique, 33entrepreneurs est partenaire BonAppetech, la première conférence mondiale de la « good food innovation » qui se tient à San Francisco dans quelques jours. 33entrepreneurs accompagnera des startups et des industriels français et leur permettra de rencontrer effectivement les entrepreneurs et les startups les plus innovantes du secteur dans un environnement favorable à l’échange. Si vous souhaitez y participer, il reste encore quelques places !

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25 septembre 2015 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
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