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15 décembre 2015
AntiCafe

En drainant 250 000 visiteurs depuis 2013, l’Anticafé se fait une place au retail

L’Anticafé est un concept qui a été fondé par Leonid Goncharov en mars 2013 à Paris. Dès le mois d’avril, le premier Anticafé ouvre à Paris, près de Beaubourg, avant qu’un second emplacement ne vienne doubler l’offre parisienne en mars 2014 près du Louvre. Rapidement (octobre 2014), un troisième lieu ouvre en partenariat avec la Mairie de Paris et la Région Ile de France : l’Anticafé Campus Olympiades (Paris XIIIème). Retour sur cette histoire entrepreneuriale avec Leonid Goncharov, CEO de l’Anticafé.


Avec trois emplacements rien qu’en région parisienne et un espace à Rome (Italie), l’Anticafé se présente comme un phénomène dans le monde du coworking et du retail. Un développement qui n’est pas près de s’arrêter puisque la marque vient de décider de se développer sous le format de franchises (dès janvier 2016), après avoir bouclé un tour de table de 450 000 euros.

Pourquoi s’être lancé dans cette aventure ?

L’aventure naît d’une frustration : la mienne. Je suis d’origine ukrainienne, et à mon arrivée à Paris, alors étudiant, je me suis retrouvé confronté à la difficulté de trouver espaces simples et adaptés pour rencontrer du monde, créer, échanger, se détendre ou boire un verre dans une ambiance cosy, réfléchir à un projet…

Cette frustration se transforme rapidement en projet entrepreneurial, à la recherche du lieu idéal, et concrètement débouche sur une réinvention du “café du coin”. Le café du coin est en effet “victime” d’abandon (200 000 bistrots et cafés en 1960 en France, 30 000 aujourd’hui) ou bien de critiques sur le piètre accueil, le prix du café, les services limités… D’où un lieu différent, atypique : l’Anticafé.

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« Associer startups et digital est quasiment automatique aujourd’hui. Mais il y a bien d’autres manières, d’autres point d’entrée pour entreprendre. Oser aussi le monde “réel”. Pour nous c’est le secteur traditionnel de la restauration par exemple. Et il y en a sans doute beaucoup d’autres auxquels on ne pense pas assez » précise Leonid Goncharov

L’objectif, c’est d’offrir des lieux physiques repères et adaptés à des générations qui passent plus de temps sur un mur Facebook qu’entre les quatre murs d’un café. Nous sommes une génération ultraconnectée et surinvestissons dans le digital mais paradoxalement, nous déplorons le manque de liens entre nous. Avec l’Anticafé, nous voulons montrer que les lieux physiques demeurent essentiels pour recréer des échanges informels. Que si l’on tourne aveuglément le regard sur le digital lorsque l’on évoque l’économie collaborative, il faut aussi reconsidérer le potentiel des lieux physiques.

« Au départ, sur le papier, certains étaient sceptiques “Un comptoir en libre service ? Un paiement au temps ? Vous allez vous faire dévaliser ! Vous êtes fous, vous ne connaissez pas les gens, vous ne tiendrez pas deux mois !” Cela fait bientôt trois ans que nous sommes là, que nous faisons confiance à nos utilisateurs et qu’ils nous le rendent bien » raconte Leonid Goncharov

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Quel est le chemin parcouru par l’Anticafé depuis sa création ?

L’Anticafé renverse le modèle traditionnel des lieux de restauration. Plutôt que de proposer une expérience de consommation, l’Anticafé construit une expérience collaborative. Le paiement se fait au temps passé. Pour quelques euros de l’heure, chaque visiteur dispose d’un accès en illimité au comptoir (petits encas issus de l’agriculture raisonnée, boissons chaudes et froides) et peut se réapproprier l’espace pour venir rencontrer du monde, travailler, jouer, réfléchir, “chiller” (…), seul ou en groupe. C’est le lieu qui s’adapte aux utilisateurs et non l’inverse.

En  ans, ce modèle économique est éprouvé dans quatre pilotes, principalement à Paris. Le modèle connaît un succès commercial et a pu obtenir une certaine notoriété auprès des professionnels du secteur (nous avons notamment été finaliste Paris Shop & Design 2014, avons remporté le deuxième prix “Commerce de l’année 2014”, ainsi que le premier prix BRA Tendances Restauration 2015).

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Après avoir étoffé mon équipe qui atteint 35 salariés aujourd’hui, nous avons ajusté l’offre à partir des feedbacks des clients (partenariat avec un chef étoilé pour l’offre de restauration, lancement d’un programme fidélité), et l’Anticafé se lancera dans un développement en réseau. A commencer par les principales villes de France sur l’année 2016. A ce titre, nous recherchons des partenaires pour ouvrir des Anticafés dans certaines villes comme Strasbourg, Toulouse, Montpellier, Rennes, Dijon.

« Je conseille à tous les entrepreneurs d’être sélectifs sur les conseils qu’ils écoutent. Ils ne sont pas tous valables, y compris celui-ci » , s’amuse Leonid. « En écoutant les sceptiques, nous serions restés au stade du projet » .