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Chauffeur Privé VS Heetch, pourquoi ne sont-ils pas traités de la même manière ?

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Par Geraldine Russell - 08 mars 2017 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

Chauffeur Privé et Heetch, deux applications françaises de transport, connaissent des trajectoires très différentes. Pourtant, le prochain lancement par Heetch d'une offre professionnelle pourrait bien rapprocher les deux acteurs.

Les deux entreprises sont françaises, proposent des services de transport et en appellent à leurs utilisateurs pour faire face à l’adversité. Mais la liste des points communs entre Chauffeur Privé et Heetch s’arrête là. Le premier s’apprête à lever 50 millions d’euros et se paye Uber dans des campagnes de publicité quand le second doit suspendre ses activités après une décision de justice en sa défaveur. Cette dernière voit dans Heetch un service proche de celui d’une entreprise de VTC, comme l’est Chauffeur Privé. Alors qu’est-ce qui les différencie exactement ?

Chauffeurs pros VS particuliers

C’est l’un des points les plus sensibles. Chauffeur Privé revendique plus de 15 000 chauffeurs, non salariés, qui disposent de la carte professionnelle de chauffeur VTC. Cette dernière atteste de la réussite d’un examen basé sur des questions à choix multiple. Les chauffeurs candidats doivent en outre être propriétaire d’un véhicule remplissant les conditions nécessaires à l’activité de VTC.

vtc

De son côté, Heetch revendique de recourir à des « conducteurs » -un terme qui n’évoque pas un métier- non professionnels, qui souhaitent « partager les coûts de leur véhicule ». « Conduire sur Heetch n’est pas un travail, affirme l’entreprise sur sa page dédiée aux conducteurs. Les conducteurs conduisent ponctuellement pour partager les frais de leur véhicule. » Une philosophie qui a amené la plateforme à plafonner les revenus de ses conducteurs à 6 000 euros par an, pour préserver l’idée de frais partagés.

Néanmoins, la police ne l’entend pas de cette oreille. Dans son rapport d’enquête, dont les éléments ont été divulgués par Le Figaro, celle-ci indique que « la totalité des conducteurs [actifs sur le forum Uberzone] indiquent faire des transports pour Heetch dans le but de gagner de l’argent », remettant en cause l’idée d’un service avant tout collaboratif.

Courses à la demande VS covoiturage

Chauffeur Privé se présente comme une société de VTC traditionnelle : le client commande une course via l’application et le chauffeur est ensuite chargé de l’amener à destination. Il s’agit d’un service de transport de personnes à la demande, où le client décide de la destination et éventuellement de l’itinéraire si celui choisi par le chauffeur ne lui convient pas.

Le cas d’Heetch est moins clair. Se revendiquant au départ comme un service de covoiturage urbain, le plateforme véhiculait l’idée que les passagers ne décidaient pas de la destination : les conducteurs allaient d’un point A à un point B et, sur ce trajet prédéfini, pouvaient embarquer des passagers qui partageraient avec eux les frais d’utilisation du véhicule.

Pourtant, le quotidien des conducteurs est bien différent. Ils embarquent bel et bien des passagers pour les amener à la destination qu’ils choisissent. Dans une lettre d’information envoyée aux conducteurs, Heetch indiquait par exemple être partenaire d’un événement en banlieue parisienne et leur suggérait de « tourner dans les environs, la demande sera au rendez-vous ».

Heetch

Prix imposé VS participation libre

Au moment de la réservation, Chauffeur Privé estime le prix de la course pour en donner une indication au client. Il s’agir du prix que le client devra régler à l’issue de la prestation. Les chauffeurs ne notent pas les clients, comme d’autres applications peuvent le permettre.

Comme une application de VTC, Heetch indique aux passagers le prix estimé de leur trajet. Ensuite, en vertu de l’aspect collaboratif revendiqué par la plateforme, le passager choisit la somme qu’il souhaite payer. Il s’agit de sa « participation libre aux frais » d’usage du véhicule, et non une rémunération d’un service.

Néanmoins, la police a pointé du doigt, dans son rapport d’enquête, le système d’évaluation des passagers par les conducteurs. Chaque passager est noté sous la forme d’un « taux de confiance », qui prendrait notamment en compte le paiement ou non du prix suggéré par la plateforme, mettant à mal l’idée d’une participation non imposée. Ce que Teddy Pellerin avait démenti, précisant que le seul critère lié au paiement pris en compte dans le calcul de ce taux de confiance était « la fréquence à laquelle un passager donne zéro euro ».

Paiement dématérialisé VS cash

Côté paiement, Chauffeur Privé se présente, là encore, comme une entreprise de VTC tout ce qu’il y a de plus classique. Le paiement se fait directement depuis l’application, les coordonnées bancaires du client devant être renseignées dès son inscription.

La startup Heetch propose, elle, à la fois le paiement depuis l’application et le paiement en cash, directement auprès du conducteur.

La commission

Chauffeur Privé affiche une commission de 20% sur les courses effectuées via son application.

De son côté, Heetch prélève une commission de 15% sur les trajets… réglés par carte bleue. Les trajets réglés en liquide le sont directement auprès du chauffeur, sans commission.

Les clients VS les passagers

Présent en région parisienne, en Rhône-Alpes et sur la Côte d’Azur, Chauffeur Privé revendique un million de clients. Le service est grand public mais cible plus particulièrement une clientèle d’affaires, grande consommatrice de courses, notamment grâce au déploiement d’un programme de fidélité pour les clients les plus réguliers.

De son côté, Heetch revendique une clientèle jeune et banlieusarde, qui prend peu le taxi et se déplace dans des zones où les VTC ne vont pas. « On a quand même essayé de construire quelque chose qui est utile pour les jeunes, on n’a que des utilisateurs de moins de 25 ans, on est ouvert uniquement la nuit, on essaie vraiment de faire quelque chose de complémentaire« , indiquait Teddy Pellerin à sa sortie du tribunal, début mars.

Expansion VS suspension

Que présager alors pour l’avenir de Chauffeur Privé et d’Heetch ? Le premier a annoncé fin février au Journal du Net s’apprêter à officialiser une levée de fonds de 50 millions d’euros pour accélérer son développement et partir à l’international. Dans l’Hexagone, surfant sur la vague du made in France, Chauffeur Privé veut plus que jamais détrôner Uber.

De son côté, Heetch est sous le coup d’une suspension de son service après sa condamnation et celle de ses deux dirigeants début mars pour « complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, de pratique commerciale trompeuse et d’organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non-professionnels« . Ce mercredi, Heetch a annoncé que l’application reprendrait du service mi-mars avec deux offres parallèles : une offre entre particuliers « qui se conformera à la décision de justice », promet la startup, et « une offre professionnelle » dont l’application pense qu’elle « n’intéressera pas la très grande majorité (de ses clients) mais qui permettra de trouver de nouveaux utilisateurs contribuant à la survie de Heetch ». Une concurrence supplémentaire pour Chauffeur Privé.

Par

Geraldine Russell

08 mars 2017 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
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