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#Transport “Ça n’est pas la fin de Heetch”, assurent ses fondateurs

#Transport : “Ça n’est pas la fin de Heetch”, assurent ses fondateurs Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, fondateurs de Heetch
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Son service avait été suspendu par la justice, Heetch contre-attaque et lance dès ce jeudi soir une offre professionnelle de VTC. Elle sera complétée dans les prochaines semaines par une nouvelle offre entre particuliers.

EDIT 16 mars : Heetch lance une nouvelle offre professionnelle dès ce jeudi soir pour séduire “une nouvelle clientèle”, les 25-35 ans. Celle-ci sera disponible à Paris, Lyon, Lille et Nice mais ne fonctionnera que de 20 heures à 6 heures, avec la possibilité de payer par carte bleue ou en liquide. “Ambiance Heetch”, assure l’entreprise, qui incite les passagers à s’asseoir à l’avant et à tutoyer le chauffeur. Le prix est estimé “entre UberPool et UberX”, avec une commission fixée à 12%. Cette offre sera complétée dans les prochaines semaines par une offre entre particuliers “conforme à la décision du tribunal”.

Les taxis doivent s’en frotter les mains de satisfaction. Le service de transport Heetch, en procès depuis plusieurs mois, va finalement être suspendu. La startup devra ainsi verser 441 000 euros en réparation du préjudice moral causé aux chauffeurs de taxis par leur service de transport entre particuliers, auxquels s’ajoutent 91 000 euros pour leurs frais de justice.

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Teddy Pellerin et Mathieu Jacob à la sortie du procès

La startup devra également verser une amende de 200 000 euros, dont 150 000 euros avec sursis. Teddy Pellerin et Mathieu Jacob, ses fondateurs, écopent quant à eux de 10 000 euros d’amende chacun, dont la moitié avec sursis, le tout pour “complicité d’exercice illégal de la profession de taxi, de pratique commerciale trompeuse et d’organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non-professionnels”.

À la sortie du procès, Teddy Pellerin et Mathieu Jacob se veulent pourtant rassurant, expliquant devoir suspendre le service le temps de s’aligner sur la législation. Heetch n’est donc pas encore totalement enterré, et ses fondateurs, qui rappellent que la plateforme est encore active dans d’autres pays, ne savent pas encore s’ils feront appel de cette décision ou non. 

Un mauvais signe pour l’économie collaborative ?

” Au delà du cas de Heetch, c’est une décision qui donne aussi une direction sur comment doit évoluer cette économie du partage. Je ne pense pas que ce soit un signe positif là “, rappelle Teddy Pellerin à la sortie du procès, avant d’ajouter “On a quand même essayé de construire quelque chose qui est utile pour les jeunes, on a que des utilisateurs de moins de 25 ans, on est ouvert uniquement la nuit, on essaie vraiment de faire quelque chose de complémentaire… Je pense que le cas de Heetch montre bien que l’économie du partage peut être complémentaire d’un cadre professionnel, et malgré tout ça n’a pas été compris”. 

La startup, qui dit vouloir continuer à faire évoluer le secteur, prévoit ainsi d’organiser une manifestation “unique et sans précédent”, ce samedi 4 mars, qui sera diffusé via un live et sur une plateforme dédiée sur laquelle pourront s’exprimer les utilisateurs de Heetch mais aussi toutes les personnes souhaitant manifester leur soutien au développement de l’économie entre particuliers.

Depuis que l’arrêté d’interdiction visant nommément les applications Djump, UberPOP et Heetch à exercer était tombé à l’été 2016, ce dernier avait été le seul service à avoir continué de fonctionner malgré l’interdiction. Poursuivie pour “complicité d’exercice illégal de la profession de taxis, pratique commerciale trompeuse et organisation illégale d’un système de mise en relation de clients avec des chauffeurs non-professionnels“, la jeune pousse avait alors comparu en décembre 2016 devant le tribunal correctionnel de Paris, qui avait alors à cette époque requis une amende de 300 000 euros, ainsi que 10 000 euros d’amende et l’interdiction de diriger toute société pendant deux ans pour ses fondateurs.

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Les taxis manifestent à la sortie du procès

Mots clés : Heetch, uber