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Face à sa crise des réfugié(e)s, la Jordanie se tourne vers la tech

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Par Aline Mayard - 12 mai 2017 / 00H00 - mis à jour le 22 mars 2018

1,2 million de personnes réfugiées syriennes en Jordanie. Parmi elles Rana, Fatima, Maher. Sur leur temps libre, elles et ils codent aux côtés de Jordaniennes et Jordaniens pour améliorer la vie des personnes déplacées dans le royaume.

Le weekend dernier, une quarantaine de personnes déplacées et locales ont collaboré lors du hackathon Techfugees Amman, en Jordanie, pour créer des solutions qui pourraient améliorer la vie des réfugié(e)s à l’intérieur et à l’extérieur des camps et stabiliser le pays.

« Les réfugiés n’ont pas accès à une vie normale, explique Aya Al-Nouri, l’une des membres du projet de crowdfunding Profugees. Nous voulions changer ça, leur donner l’espoir qu’ils puissent atteindre leurs rêves, commencer leur business, avoir une vie normale. »

La RefuTech, une évidence pour la Jordanie

En 2015, le royaume comptait 90 réfugiés pour 1 000 habitants. C’est encore plus aujourd’hui et cela pèse sur la stabilité du pays. Heureusement la Jordanie a une autre spécificité : la technologie. « La Jordanie est un refuge pour les réfugiés depuis près d’un siècle, ajoute Ali Hilly, le responsable des Startups Weekends en Jordanie et en Irak. Vous avez des Palestiniens, des Libanais, Libyens, des Irakiens et maintenait des Syriens. Nous sommes habitués à gérer l’arrivée de réfugiés mais pas à cette échelle. » Le secteur tech représente plus de 15 % du PIB du pays à tel point qu’il attire des talents de l’étranger, comme Ali Hilly, Irakien venu en Jordanie il y a sept ans pour devenir développeur, et en exporte bien d’autres. Le pays dispose d’accélérateurs et fonds d’investissement respectés à travers la région, comme Oasis 500.

Quand l’association anglaise Techfugees, créée par le journaliste de TechCrunch Mike Butcher, lui a proposé d’ajouter un track réfugié au Startup Weekend de novembre 2016, Ali Hilly n’a pas hésité. Suite au succès du premier événement, Ali et l’équipe de Techfugees ont organisé un hackathon entièrement dédié aux réfugié(e)s le weekend dernier. L’association a organisé de nombreux hackathons et événements en Europe et en Australie depuis sa création il y a deux ans. Techfugees attire ainsi l’attention des techos sur le sort des réfugié(e)s et favorise la collaboration entre les techos et les organisations d’accueil et d’intégration des réfugié(e)s. Ce travail porte ses fruits. En occident, la scène RefuTech prend forme et les premiers produits et services sont sur le marché.

A relire : Un premier hackathon parisien pour trouver des solutions à la crise des réfugiés

  Techfugees

Ce n’est pourtant que la partie immergée de l’iceberg. « Nos hackathons sont un moment vraiment précieux parce que, pour la première fois, les réfugiés redeviennent aux yeux des autres des êtres humains comme les autres, explique Josephine Goube, CEO de Techfugees. Pour la première fois, on ne les regarde pas comme un problème mais comme une ressource et une opportunité. » En Jordanie, la RefuTech n’en est qu’à ses prémices mais le potentiel est énorme.

L’eau, l’éducation, l’emploi

Avec l’aide d’Unicef Jordanie et de la Fondation Queen Rania, Techfugees avait défini trois situations qui bénéficieraient d’un peu d’innovation :

  • Les fuites d’eau : la perte d’eau occasionnée par l’état des tuyaux créée des tensions entre les communautés et les réfugié(e)s.
  • Les inégalités scolaires : les garçons de 10 à 17 ans délaissent l’école par rapport aux fille du même âge, ce qui représente un risque de développement pour le futur de la région.
  • Le chômage : le nombre de personnes sans emploi est très problématique en dehors des camps et des villes.

Après la présentation des défis, les participants, à 50 % des réfugié(e(s, avaient enfin une idée de ce qu’elles et ils pourraient apporter. Par exemple, quand Rana Kelani a découvert l’ampleur des fuites d’eau en Jordanie, c’est devenu évident : « Je ne pouvais m’enlever ça de la tête, je devais faire quelque chose. »

A la fin des 48 heures de hackathon, douze projets ont été présentés dont une plateforme pour aider les réfugié(e)s à faire valoir leurs expériences professionnelles, un site permettant aux étrangers d’acheter des produits de décoration créés par des personnes déplacées ou jordaniennes, un jeu pour convaincre les garçons d’aller à l’école, ou encore des capteurs pour avertir des fuites d’eau.

Faire des réfugiés des développeurs

Il  y a à peine un an, de nombreux et nombreuses participant(e)s n’auraient pas pu participer au hackathon. Elles et ils n’avaient jamais entendu parler de startups et ne savaient pas coder. Cela a changé grâce au programme RBK, une formation au code gratuite en quatre mois ouverte aux personnes déplacées et aux Jordaniens.  Plusieurs formations similaires existent en Europe, comme Konexio ou Simplon en France. En Jordanie, la spécificité de ce programme unique est qu’il permet aux réfugié(e)s et aux Jordanien(ne)s de dépasser leurs préjugés à travers le code.   

Fatima Himmamy, une réfugiée syrienne de 26 ans qui travaille à RBK, précise que les réfugié(e)s sont souvent mal accueilli(e)s dans le pays et qu’elles et ils ont tendance à se méfier des Jordanien(ne)s.. « RBK veut changer cette perception », explique-t-elle. « C’était très bien de voir les barrières tomber, explique de son côté Mais Abu Jarur, une participante jordanienne du hackathon qui est passé du marketing au code grâce à RBK. Il y avait des gens qui ne savaient pas quoi penser des Syriens et des réfugiés. A la fin, ils sont tous devenus amis. Cela a uni les participants aux origines culturelles et religieuses différentes. »

Techfugees 3

Les 17 diplômé(e)s de la première cohorte ont tous trouvé des emplois dans des grandes entreprises et les 30 récents diplômés de la deuxième classe sont en bonne voie. Deux d’entre eux, Fatima Himmamy et Rana Kelani, ont gagné un prix lors du hackathon grâce à une appli qui permet à n’importe qui de prévenir les municipalités quand une canalisation fuit. Une mentor de l’UNICEF s’est déjà engagée à les accompagner pour les aider à mettre leur appli sur le marché.

Les premières solutions tech voient le jour

Ce ne serait pas le premier produit de la RefuTech à voir le jour. En novembre dernier, Hassan Al-Nouri, un étudiant jordanien, sa sœur et un ami avaient gagné le track refugié du Startup Weekend avec une plateforme de crowdfunding permettant de financer les histoires et les projets des personnes déplacées.

A relire : Quand des réfugiés imaginent des solutions à la crise migratoire

Depuis le Startup Weekend, l’équipe a doublé de taille, remporté plusieurs prix, dont le Hult Prize en Jordanie et le  ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? ? Mashrooi Tharouti, leur permettant d’acquérir du matériel et de recevoir des feedbacks et des contacts. Désormais, l’équipe n’attend plus que de trouver la bonne solution de paiement pour se lancer. Que ces outils voient le jour ou pas, ces initiatives permettent en tout cas aux réfugié(e)s de devenir les entrepeneur(e)s qui sommeillent en elles et eux.

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Aline Mayard

12 mai 2017 / 00H00
mis à jour le 22 mars 2018
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