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Le budget que les grands groupes dédient aux startups est de… 0,1%

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Par Maëlle Lafond - 16 novembre 2017 / 00H00 - mis à jour le 09 mars 2018

Depuis plusieurs années, les grandes entreprises sont soumises à des impératifs d’innovation et de transformation et communiquent fortement sur leur engagement auprès des startups. Cette relation est-elle si facile à mettre en place ? Comment les entrepreneurs et les décideurs corporate collaborent-ils au quotidien ? Réponse avec la French Tech, Raise et Bain & Company.

Les partenariats entre grands groupes et startups ont fait coulé beaucoup d’encre ces derniers temps. Alors que le fonds d’investissement Raise organisait ce mercredi la 2ème édition de David avec Goliath, un événement qui récompense les meilleures innovations issues de la collaboration entre jeunes pousses et grands comptes, accompagné d’une étude en partenariat avec Bain & Company, la French Tech publiait dans le même temps son propre baromètre à ce sujet, réalisé par Five by Five

Les partenariats, une priorité ?

Les deux études soulignent que les grandes entreprises françaises ont bien compris l’intérêt des partenariats avec les startups et en font, pour une très grande majorité (83%), une priorité stratégique, portée par leurs plus hauts dirigeants. Elles expérimentent ainsi de nouvelles organisations et de nouvelles initiatives pour se rapprocher des jeunes pousses capables d’accompagner leur propre volonté de transformation. 

 » La forte accélération des alliances commerciales
nouées entre grandes et jeunes entreprises
tend à indiquer que les deux parties
ont saisi tout le potentiel
et l’impact économique de telles alliances 
« 

Clara Gaymard, cofondatrice de Raise

C’est d’autant plus vrai en France. L’Hexagone prend la tête du trio européen (devant l’Allemagne et le Royaume-Uni) sur deux modèles d’alliance : l’accompagnement et l’investissement. Près de la moitié des grandes entreprises françaises hébergent aujourd’hui un incubateur, accélérateur ou lab (48% en 2017 contre 43% en 2016), contre respectivement 40% et 25% des entreprises allemandes et britanniques.

Elles sont également de plus en plus nombreuses à investir dans des fonds de corporate venture : près d’un tiers des grandes entreprises sont dotées d’un fonds de corporate venture en 2017. Cette tendance s’est encore davantage accentué en faveur des fonds copartagés : 55% y prennent part en 2017, contre 48% en 2015.

Une réalité en demi-teinte

Pourtantl’engagement des grandes entreprises françaises reste encore modeste au regard de leur poids économique : les 29 grands groupes français classés parmi les 500 plus grandes entreprises du monde ont un revenu cumulé de 1650 milliard de dollars, et n’allouent aux startups que 0,1% de ces sommes. Ce chiffre cache en réalité une forte disparité parmi ces grandes entreprises : un petit nombre d’entre elles témoignent de performances et de pratiques remarquables, autour de quatre grandes modalités d’interaction. Ainsi, dans les processus d’achats (la startup fournit des produits et/ou services aux grands groupes), ce sont la Française des Jeux, Legrand et Total qui s’illustrent par leurs bonnes pratiques en termes de collaboration avec les jeunes pousses.

En revanche, les rachats de startups, eux, ont du mal à décoller : moins de 15% des grands groupes ont fait l’acquisition d’au moins une startup en 2016.

visuel processus d'achat

De leur côté, Atos, Axa et Unibail-Rodamco se distinguent dans les partenariats et la distributionAir Liquid, BNP Paribas et la Maif en matière de co-développement et enfin Crédit Mutuel Arkea, Maif et Orange Digital Ventures en termes d’investissements (dont corporate venture) et d’acquisitions de startups. Si la French Tech se félicite de ces bons résultats, gages d’une évolution positive des mentalités, elle appelle de ses voeux à ce qu’ils se traduisent en « une réalité économique indispensable à la croissance des startups et à la transformation des grands groupes« . 

D’autant que côté startups, tout n’est pas si rose : 27% des jeunes entreprises interrogées disent percevoir cette année une détérioration dans leurs interactions avec les grandes entreprises, 55% n’ont perçu aucun changement, et seules 17% estiment que les interactions se sont améliorées.

 » Les grandes entreprises doivent accentuer leurs efforts
pour être plus agiles et accessibles
en réduisant la complexité de leur organisation
et en simplifiant leur processus de décision 
« 

 Olivier Marchal, président de Bain & Company France

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Maëlle Lafond

16 novembre 2017 / 00H00
mis à jour le 09 mars 2018
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