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1 — Comment s’est passée la fusion avec Birchbox et la disparition de Joliebox ?
2 — Ce recul a permis de nourrir de nouveaux projets ?
3 — Est-ce plus difficile de partir quand tout va bien ?
4 — Est-ce que Birchbox est un bon tremplin pour la prochaine aventure entrepreneuriale ?
5 — L’échec ne serait pas une fin en soi mais espères-tu le même succès ?
6 — Est-ce que tu penses que tu ouvres la voie pour des jeunes femmes qui souhaiteraient se lancer ?
Entrepreneurs

Mathilde Lacombe : « Pourquoi je quitte Birchbox »

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Par Anais Richardin - 17 avril 2018 / 16H24 - mis à jour le 17 avril 2018

Mathilde Lacombe est l'incarnation de Birchbox en Europe. Porte-drapeau de l’entrepreneuriat au féminin, cofondatrice de Joliebox, racheté par l’Américain Birchbox, elle quitte aujourd’hui l’aventure pour se consacrer à de nouveaux projets entrepreneuriaux.

Elle a cofondé Joliebox avec quatre hommes, Quentin Reygrobellet, Martin Balas, François Morrier et Quentin Vacher. Rapidement racheté par l’Américain Birchbox, son business de box beauté mensuelles fait un carton. Après 7 ans d’une aventure entrepreneuriale à succès, Mathilde Lacombe vogue vers de nouveaux horizons et annonce quitter Birchbox pour se consacrer à sa nouvelle entreprise, qui devrait voir le jour cet été. L’occasion idéale pour revenir sur son parcours et sa vision de l’entrepreneuriat

Comment s’est passée la fusion avec Birchbox et la disparition de Joliebox ?

La fusion avec Birchbox date de 2013, mais dans un premier temps ça s’est fait de manière invisible avant que l’on rebrande tout un an après. Ce n’était pas un rachat mais une fusion, le deal étant que les associés restent en charge de l’Europe (France, Espagne, Angleterre). Les États-Unis nous ont fait confiance sur notre manière de gérer le business et on a pu conserver une très grande autonomie. 

La fusion nous a donné les moyens d’être plus ambitieux et plus créatifs, mais ça a aussi été un premier petit deuil, car Joliebox disparaissait. Ce n’était pas triste, on savait que de jolies choses nous attendaient mais ça a été plus compliqué pour moi, parce que Joliebox était né de mon blog, et de ma relation avec les marques que je connaissais. Quand c’est devenu Birchbox c’était donc beaucoup moins moi. Il a fallu que je m’adapte, je me suis mise en retrait. J’en avais besoin. Mais pour les clients que ce soit Birchbox ou Joliebox c’était attaché à moi. Aujourd’hui, on met beaucoup plus en avant d’autres personnalités, comme les filles de l’équipe. Car on sait que la marque doit être incarnée mais qu’on ne peut pas être dépendants de cette incarnation.

Ce recul a permis de nourrir de nouveaux projets ?

Au fur et à mesure, l’entreprise a grossi, mon équipe aussi, j’étais moins dans le rush permanent des débuts et le fait d’être devenue maman m’a aidé à prendre du recul sur mon boulot. J’ai compris que cétait une bonne chose que mon travail évolue, et garder mon blog, mon Instagram, cultiver ma propre image a été une sorte d’échappatoire. Le livre que j’ai écrit l’année dernière (Une question d’équilibre, éditions First), je n’aurais jamais eu le temps de l’écrire avant.

Mais aujourd’hui j’ai envie de faire des choses qui me plaisent, qui font écho à ce que je suis. Depuis un an, mes associés savent que je vais partir et je le fais aujourd’hui parce que Birchbox va bien et vit très bien sans moi.

Le plus dur, ça a été au fur et à mesure de me rendre compte que dans la tête de beaucoup de personnes ma vie était pliée : j’ai 3 enfants, une maison, une boite qui a réussi. Et j’ai eu plein de petits déclics l’année passée. Du coup, j’ai décidé de me consacrer à mes projets, je garde mes parts, mais je ne serai plus là au quotidien.

Évidemment j’ai changé. À 22 ans, je n’avais pas d’angoisse. rien ne me faisait peur, aujourd’hui j’ai 3 enfants, et je ne peux plus en dire autant. Mais je ne peux pas, à 30 ans, rester dans mon petit confort. En 7 ans de Birchbox, j’ai eu de nombreuses idées et je sais que c’est le moment pour me lancer. Je fonctionne à l’instinct et je ne pouvais plus continuer tout en sachant que je commençais à m’éteindre petit à petit.

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Est-ce plus difficile de partir quand tout va bien ?

Je pars de manière très sereine parce que je sais que ça ne va pas faire de mal à Birchbox.  Certaines personnes vont se poser des questions mais je reste cofondatrice et je continuerai à être disponible pour les équipes. Je ne pars pas en claquant la porte. J’ai simplement apporté tout ce que j’avais à apporter et j’ai réalisé en prenant la parole auprès des femmes entrepreneurs que moi aussi j’avais d’autres choses à faire.

Mais ça a été stressant de l’annoncer, notamment à mes parents. Dans les faits, j’ai un super boulot, je suis bien payée, j’ai le luxe de pouvoir gérer mon agenda comme je veux , c’est un peu le symptôme de la petite fille gâtée, j’ai tout pour être heureuse, mais je ne le suis pas. On devrait s’écouter plus et fonctionner à l’instinct. C’est une chose pour laquelle les femmes sont très fortes. Fonctionner à l’intuition, ce qui ne veut pas dire faire les choses sur un coup de tête. Utilisons beaucoup plus cette force.

Est-ce que Birchbox est un bon tremplin pour la prochaine aventure entrepreneuriale ?

C’est énorme ce que Birchbox m’a apporté. On apprend tellement quand on démarre de 0 et qu’on fait tout soi-même… souvent j’ai un peu souffert du fait qu’on ne voit que le succès. Mais avec mes associés il y a eu des hauts, des bas, des engueulades etc. Quand on s’est lancés j’avais 22 ans, j’étais innocente. Aujourd’hui j’ai beaucoup plus de recul sur les choses.

Avec Birchbox, j’ai eu l’opportunité de rencontrer beaucoup de personnes, de construire un réseau en même temps que je me suis construite moi-même. Dans cette construction, les personnes qui me suivent, sur le blog, sur Instagram etc. ont été très importantes, même si elles n’en ont pas forcément conscience. Ces derniers mois j’ai fait beaucoup de dédicaces et c’est dans ces moments-là qu’on se rend compte que ce que l’on fait a de l’impact. Quand on entreprend, quand on fait un post et qu’on parle de ses doutes, et que l’on voit la réception que ça a, ça donne le courage de prendre ce genre de décision.

Je sais que j’ai beaucoup plus de facilité de par ce réseau et ma communauté pour lancer une nouvelle aventure. Alors que je n’ai pas dévoilé ce que j’allais faire, j’ai déjà reçu 3 candidatures. C’est un atout mais ça ne veut pas dire que je ne vais pas me planter derrière.

L’échec ne serait pas une fin en soi mais espères-tu le même succès ?

Je ne m’attends pas au succès de Joliebox et ce n’est pas non plus ce que je recherche. Je cherche un projet qui fasse sens avec ce que je suis. Ça restera dans l’univers bien-être et de la cosmétique, mais ce sera plus lié à moi, à ce que je suis. Avec Joliebox au tout début, je me reconnaissais dans tout ce qu’on faisait, il est temps de retrouver ça. En revanche, on était 5 associés, ce qui demande de faire de nombreuses concessions. Donc je ne me lance pas seule mais je réduis le nombre d’associés.

Est-ce que tu penses que tu ouvres la voie pour des jeunes femmes qui souhaiteraient se lancer ?

Il y a évidemment du positif dans le fait de montrer aux femmes que c’est possible. Nous sommes quand même dévalorisées sur de nombreux points. Quand j’ai annoncé mon départ, j’ai eu des réactions qui m’ont rendue dingue « Ah tu vas te consacrer à tes enfants ! ». Personne n’aurait dit ça à mes associés, qui sont pourtant tous devenus pères récemment.

Être entrepreneur c’est avant tout avoir une bonne idée, et les femmes se mettent bien plus de barrières que les hommes. On s’auto-créé des contraintes et on ne se pose pas les mêmes questions. Je suis dans une recherche d’équilibre, j’ai eu 3 enfants en 3 ans, et j’ai demandé des home office, je pars la première du bureau les soirs etc. et aujourd’hui on observe un baby boom de dingue chez Birchbox, nos collaboratrices savent que comme je l’ai fait elles peuvent le faire aussi.

Et il faut des role models, car plus tu vois des femmes, plus tu entends des histoires différentes, plus les générations qui arrivent vont se dire que c‘est possible. Quand j’étais enceinte de ma fille, j’étais beaucoup plus anxieuse pour elle que pour mes fils. Si au moins je peux lui montrer qu’elle peut faire tout ce qu’elle veut, alors j’aurais réussi quelque chose.

Par

Anais Richardin

17 avril 2018 / 16H24
mis à jour le 17 avril 2018
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