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L’amour se conjugue-t-il au futur ?

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L’amour se conjugue-t-il au futur ?

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Par Anais Richardin - 24 juillet 2018 / 09H00

Aujourd’hui, grâce aux réseaux sociaux et aux sites de dating, rencontrer quelqu’un semble de plus en plus facile. Tellement facile que nous sommes entrés dans une ère d’hyper-consommation de la rencontre. Le couple pourrait-il s’en trouver menacé ?

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants”… cette petite phrase pleine d’espoir qui clôt les contes pour enfants semble aujourd’hui largement dépassée. En cause ? Un remodèlement de nos idéaux et des normes, en partie amorcé par les nouvelles technologies. D’un côté, les applications de dating se multiplient et encouragent le butinage affectif (ou sexuel), de l’autre les versions édulcorées et parfois culpabilisantes du couple dégoulinant d’amour s’étendent à longueur de fils Instagram. Alors, le couple pourra-t-il résister au rouleau compresseur des nouvelles technologies ?

Génération zapping

Depuis la création de Netclub en 1997, l’offre de sites et applications de “dating” n’a eu de cesse de s’étoffer. Aujourd’hui, plus de 2000 d’entre eux se partageraient déjà le cœur des Français, selon la CNIL. Pourtant, on ne se marie pas plus aujourd’hui qu’il y a dix ans, on ne fait pas plus d’enfants non plus. Pire, les couples se séparent plus vite. Dans les années 80, 70% des 20-30 ans s’engageaient dans des relations d’au moins 15 ans, aujourd’hui, 1 couple sur 5 ne passe pas le cap des 5 ans.

Il faut dire que les sites de rencontre sont aujourd’hui utilisés en majorité pour des relations “occasionnelles”, voire uniquement sexuelles, et n’ont permis qu’à 16% des sondés de s’engager dans une vraie relation amoureuse. Et c’est encore plus vrai des applications, sur lesquelles seulement 2% des rencontres débouchent sur une relation sérieuse.

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Vers la mort du couple traditionnel ?

Un processus de rencontre facilité et donc la possibilité de multiplier les partenaires qui pourrait avoir de lourdes conséquences. Une nouvelle grammaire amoureuse commence à se dessiner et dans cette période charnière où tout est à construire, à réinventer, y compris, (et surtout ?) le couple. Le polyamour, ou cette faculté à pouvoir aimer plusieurs personnes à la fois, est, par exemple, devenu en l’espace de quelques années un véritable sujet de colloques et de discussions passionnées.

La vie à deux se conjuguera-t-elle demain au pluriel ? Les tendances émergentes pourraient-elles devenir des lames de fond ? Pour Marcela Iacub, auteure de La fin du couple, le principal bouleversement qui se prépare serait celui d’une sexualité devenu lien social et non uniquement socle de la famille. Le sexe pour connecter les individus plus que pour uniquement perpétuer l’espèce. En somme que l’on ne confonde plus désir et amour.

Les nouvelles technologies, outils de désincarnation de la relation ?

Si les modalités du couple, de la fidélité et de ce que l’on donne à l’autre sont à réinventer, paradoxalement, les nouvelles technologies renforcent un certain idéal amoureux. Mais, même si le coup de foudre en fait encore rêver plus d’un, force est de constater que trouver le bon partenaire est aujourd’hui largement relégué aux algorithmes. L’algomatching des sites de rencontres tourne ainsi à plein régime. Et cette obsession du match parfait a même donné lieu à un concept d’émission tout à fait saugrenu : Mariés au premier regard, dans laquelle des “experts” évaluent les chances de deux personnes de se correspondre et leur proposent de s’unir sans s’être rencontrées au préalable.

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Au Japon, pays hyper technophile, 40% des moins de 35 ans sont vierges et l’algomatching y tourne pourtant à plein régime, quand ce ne sont pas les usines de love dolls, ces poupées en silicone grandeur nature que les Japonais s’arrachent (on estime ce marché à 30 milliards de dollars) et qui pourraient déjà se voir détrônées par des modèles beaucoup plus high-tech. Des robots, à apparence humaine, dotés d’une forme d’intelligence artificielle permettant de mimer 18 personnalités différentes, et conçus pour prévoir des relations sexuelles. Si  leur prix (plus de 6000 euros pour les modèles d’entrée de gamme) reste l’un des freins à leur développement, il y a fort à parier qu’il faudra un jour compter avec de tels partenaires dans notre quotidien.

Avec à la clé, un certain nombre de questions légales, éthiques, et psychologiques : peut-on tomber amoureux d’une intelligence artificielle, comme dans le film Her de Spike Jonze ? Aurons-nous encore envie de relations avec d’autres êtres humains quand nous aurons à disposition des robots “parfaits” ? Il en sera probablement de même demain pour les réalités virtuelles et augmentées : comment définir l’infidélité hors du monde physique ? Il était une fois le couple pourrait bien devenir le conte le plus passionnant de ces prochaines années.

Par

Anais Richardin

24 juillet 2018 / 09H00
mis à jour le 23 juillet 2018
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