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Pourquoi le Web Summit devait rester à Lisbonne

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Par Geraldine Russell - 07 novembre 2018 / 18H00

En octobre, le Web Summit annonçait avoir trouvé un accord avec la ville de Lisbonne pour prolonger de dix ans son implantation dans la capitale portugaise. Négociations acharnées ? Concurrence effrénée ? Pas vraiment, tant la métropole comme l'événement gagnent à rester liés.

En 2016, l’arrivée à Lisbonne du Web Summit était une petite révolution dans le microcosme de la Tech européenne. Cela faisait alors cinq ans que l’événement se tenait à Dublin, sa ville berceau. Mais le déclin de l’attractivité de la ville ainsi que les critiques sur les dispositifs fiscaux utilisés par l’Irlande pour attirer les sièges européens de géants de la Tech ont eu raison de la lune de miel prolongée entre l’événement et sa ville d’origine. Le fait que Lisbonne récupère dans son escarcelle ce qui était destiné à devenir le plus grand événement Tech européen était alors vu comme un sacré coup de la capitale portugaise.

Un pari qui s’est avéré payant puisque les calculs du gouvernement portugais ont estimé à 300 millions d’euros les retombées économiques de l’événement pour le pays depuis son arrivée sur le territoire lusitanien. Un chiffre qui n’a rien d’une gageure quand on connaît la crise économique et financière dont le Portugal a mis plusieurs années à se relever. Mais l’expiration en 2018 du deal entre le Web Summit et Lisbonne a rebattu les cartes. L’an dernier, la rumeur enfle : l’événement a des envies d’ailleurs, notamment parce qu’il commence à se sentir à l’étroit dans la capitale portugaise.

Lisbonne a de la concurrence

Ni une ni deux, plusieurs dizaines de villes européennes se mettent sur les rangs. Et Paddy Cosgrave, le CEO du Web Summit entame une tournée digne d’un chef d’État. Royaume-Uni, France, Allemagne… Tous espèrent être choisis. L’Espagne, qui comme l’Allemagne avec Berlin, Munich et Hambourg, a présenté une triple candidature (Madrid, Valence et Bilbao) joue son va-tout : un chèque de 170 millions d’euros est évoqué afin d’implanter l’événement à Valence… pour 10 ans.

De quoi décider les autorités portugaises à elles-mêmes signer un chèque de 110 millions d’euros pour que le Web Summit reste au port. Et pour répondre aux exigences de l’événement qui veut pouvoir accueillir jusqu’à 100 000 visiteurs dans les prochaines années, ce que ne permettent pas les infrastructures actuelles, un projet d’agrandissement a été convenu. En échange, le Web Summit s’est engagé à verser un dédommagement de 3 milliards d’euros s’il quittait Lisbonne avant 2028.

Un jeu de dupes

En réalité, cette décision arrange tout le monde. Le Portugal et la ville de Lisbonne, d’abord. Au-delà des retombées économiques non négligeables pour le pays, le retour de la croissance et le développement de politiques visant à attirer des expatriés et des investisseurs européens, chinois ou arabes se seraient mal acclimatés du départ de la vitrine que constitue le Web Summit pour le dynamisme retrouvé du pays. Avec une fréquentation de plus de 80 000 visiteurs attendue cette année, l’événement constitue une hausse de population de plus de 15% pour la capitale ! Et se transforme en porte d’entrée idéale, l’occasion pour autant de personnes de découvrir le Portugal… et d’avoir envie de s’y établir.

D’autre part, l’événement a contribué à faire oublier les clichés sur une économie portugaise fondée sur des secteurs à faible valeur ajoutée et sur le tourisme et a fait de Lisbonne une capitale européenne de la Tech. Une transformation qui sert le storytelling lisboète, qui veut s’affranchir de l’image de dortoir pour étudiants et retraités. La ville se positionne désormais comme une destination incontournable dans le paysage européen de la Tech, au même titre que Berlin avec l’IFA, Paris avec VivaTech ou Helsinki avec Slush.

Déménager le Web Summit l’aurait affaibli

Paris et Berlin étaient pourtant dans la balance avec Lisbonne pour accueillir l’événement. Mais c’est justement là que le bât blesse : le Web Summit a besoin de place, au propre comme au figuré. Quelle visibilité aurait-il pu avoir à Berlin, où l’IFA compte chaque année plus de 250 000 visiteurs ? Ou à Paris, où VivaTech s’est bâti en quelques années seulement une solide réputation avec plus de 100 000 visiteurs l’an dernier ? Bien sûr, ces deux salons sont très différents du Web Summit. Mais la cohabitation aurait été pour le moins cacophonique et à coup sûr préjudiciable pour le dernier arrivé.

D’autant qu’à Lisbonne, le Web Summit bénéficie d’un accueil qu’aucune autre capitale n’aurait pu lui offrir. Durant la semaine que dure l’événement, toute la ville se met aux couleurs de l’événement : des sigles géants, sur lesquels les enfants grimpent pour se faire prendre en photo, sont disposés sur les places principales, rappelant le « I amsterdam » de la ville hollandaise ou le « Only Lyon » de la capitale rhône-alpine, le Web Summit est signalé dans toutes les rames de métro grâce à un autocollant apposé sur le plan général, l’événement est fléché dans tous les couloirs du réseau de transport pour mieux orienter les visiteurs… « En France, on verrait ça pour un événement populaire, comme les Jeux olympiques ou l’Euro de football« , souffle une startuppeuse. Comprendre : pas pour un événement Tech, fût-il emblématique pour une startup nation autoproclamée.

Restait enfin la question des infrastructures. Si Paris et Berlin faisaient partie de la shortlist qui pouvait détrôner Lisbonne, c’est notamment parce qu’elles avaient toutes deux déjà démontré leur capacité à héberger des événements de grande ampleur et qu’elles présentaient des infrastructures d’envergure. Mais l’organisation du Web Summit requiert des installations bien particulières : une imposante zone d’exposition combinée à une salle de spectacle d’une capacité d’au moins 20 000 places. Lisbonne, avec le complexe qui associe l’Altice Arena (20 000 places) et la Feira Internacional de Lisboa (100 000 mètres carrés, répartis en quatre halls), présente une disposition idéale. Ni le parc des expositions de Paris ni le Berlin ExpoCenter City, chacun accueillant déjà respectivement VivaTech et l’IFA, ne retranscrivent cette atmosphère particulière qui mêlerait un concert de rock à un cocktail de networking version géante.

C’est donc probablement pour continuer de se distinguer sur une scène européenne particulièrement concurrentielle en matière d’événements Tech mais aussi pour préserver son ADN si spécifique que le Web Summit a choisi de poser durablement ses valises à Lisbonne. Et la ville promet de généreusement récompenser cette décision. Un deal gagnant-gagnant ?

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Geraldine Russell

07 novembre 2018 / 18H00
mis à jour le 07 novembre 2018
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