27 novembre 2018
27 novembre 2018
Temps de lecture : 2 minutes
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Une majorité de chauffeurs VTC se sentent menacés par l'arrivée de la voiture autonome

Une étude menée par EureCab souligne l'ambivalence des chauffeurs VTC vis-à-vis des véhicules autonomes : s'ils ne pensent pas qu'ils circuleront avant une dizaine d'années, ils se disent toutefois inquiets, redoutant de perdre leur emploi.
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Uber est-il en passe de se faire ubériser ? C'est ce que lui prédisaient nombre de ses détracteurs lors de son arrivée fracassante en France en 2011. Sept ans plus tard, la prophétie menace de se réaliser avec l'arrivée des véhicules autonomes. Une étude menée par le comparateur de prix VTC Eurecab auprès de plus de 150 chauffeurs de VTC illustre les craintes de ces derniers face à la perspective de la démocratisation des voitures sans chauffeur. Des soucis d'autant plus justifiés que le gouvernement souhaite accélérer les expérimentations en la matière, comme en témoigne le contenu du projet de loi mobilité.

Ainsi 60% disent se sentir menacés par l'arrivée de la voiture autonome. En jeu : la survie de leur emploi, alors qu'à terme, ces véhicules doivent être capables de transporter des passagers en empruntant un trajet optimisé et, ce, en toute sécurité. Vraiment ? Ce n'est - sans surprise - pas l'avis des interrogés. Seuls 14% d'entre eux pensent qu'une voiture autonome est plus sûre qu'un véhicule conduit par un chauffeur. "Les chauffeurs professionnels soulignent que l’humain est en mesure de prévoir plus rapidement des comportements erratiques et impulsifs des autres usagers de la route et des piétons", souligne Eurecab.

Une menace... encore relativement lointaine

Néanmoins, les chauffeurs n'ont dans l'ensemble pas l'impression que la voiture autonome est en passe de les détrôner. Seuls 13% d'entre eux pensent qu'elle circulera dans les villes d'ici deux ans. Un quart (24%) d'ici 5 ans et près de la moitié (45%) d'ici 10 ans. Près d'un cinquième (19%) estiment même que les véhicules autonomes ne devraient pas arriver dans nos villes avant une vingtaine d'années... Enfin, près de 4 chauffeurs sur 10 (39%) se montrent plutôt optimistes quant au fait que les véhicules autonomes et les voitures avec chauffeur pourront cohabiter.

Reste aux acteurs de transport mais aussi aux autorités, à commencer par les municipalités, à faire en sorte que la cohabitation soit la plus pacifique possible afin qu'elle perdure. De leur côté, les entreprises de VTC regardent avec intérêt les avancées de la recherche en matière de véhicule autonome... et y contribuent, à l'instar d'Uber qui s'est lancé, tout comme Google mais aussi des industriels du secteur automobile, dans la course à la voiture sans chauffeur. Interrompu au printemps après un accident mortel, son programme de recherche a été récemment relancé, nourrissant de plus belle les craintes de ses chauffeurs.