Actus#Nantes
6 février 2019

Imagination Machine se concentre sur ce qui fait son succès : le startup studio

Imagination Machine, bébé de Rob Spiro qui accompagne une poignée de startups nantaises, annonce abandonner la partie accélération de son programme pour se concentrer sur la création de sociétés. L'une de ses jeunes pousses, Jho, annonce son premier tour de table.

Imagination Machine, c’est le pari du Nantais d’adoption Rob Spiro, qui a monté, il y a deux ans, avec une poignée d’entrepreneurs, cet accélérateur/startup studio qui héberge et accompagne quelques jolies startups en pleine croissance. Après la levée de Vite mon marché l’année dernière, c’est une autre société cofondée par Imagination Machine qui boucle son premier tour de table : Jho.

50% de croissance mensuelle

Jho, c’est le pari qu’a fait le startup studio avec deux femmes, Coline Mazeyrat et Dorothée Barth, pour repenser la protection périodique féminine. Bien souvent bourrées de substances nocives, qui peuvent d’ailleurs provoquer dans les cas les plus rares et les plus graves des chocs toxiques aux conséquences désastreuses, les protections périodiques sont devenues un vrai sujet pour nombre d’entrepreneur·e·s. Avec Jho, Imagination Machine a eu suffisamment d’audace pour proposer des tampons et serviettes hygiéniques en coton bio et soutenir des ONG, comme Gynécologie sans Frontière, à qui l’entreprise reverse une partie de son chiffre d’affaires pour aider les femmes en situation de précarité.

Lancée en avril 2018, la startup séduit rapidement et enregistre plus de 20 000 euros de commandes les deux premières semaines. Aujourd’hui, elle compte 20 000 clientes dont 70% d’abonnées et enregistre une croissance mensuelle constante de 50%. Quelques mois après le lancement, la jeune pousse remportait la finale du Fundtruck et commençait à intéresser les investisseurs. Un intérêt qui se concrétise par un premier tour de table de 700 000 euros auprès de business angels et d’un groupement de business angels nantais, Bamboo, pour accroître sa notoriété et se déployer. Et étoffer ses effectifs, avec deux nouvelles recrues.

Créer des sociétés et les faire grossir, plus que les financer

Une bonne nouvelle pour Imagination Machine qui s’inspire de ce succès pour recentrer ses activités sur ce qui est le plus rentable : le startup studio et la cocréation de sociétés qui ont un impact écologique ou social. « J’ai la motivation et la logique d’un entrepreneur plus que d’un investisseur, explique Rob Spiro. On a une enveloppe allouée à chaque projet et on devient actionnaire de chaque projet en tant que cofondateur. »

De 30 000 à 50 000 euros sont ainsi dévolus à chaque idée qui va grandir entre les murs de la Cantine numérique dans laquelle a élu domicile Imagination Machine. « Avec ça on peut vraiment valider une idée, démarrer et avoir les premières métrics qui permettent de se lancer, poursuit-il. Il n’y a qu’une petite rémunération pour l’entrepreneur mais on permet à chacun de s’essayer à l’entrepreneuriat, sans investir de fonds propres. On leur donne les moyens d’entreprendre. » Les deux cofondatrices de Jho, par exemple, n’avaient pas un profil d’entrepreneures mais avaient une expertise à faire valoir. « Aujourd’hui on est beaucoup plus capées, on a encore beaucoup de choses à appendre mais on se sent complètement entrepreneures et c’est rassurant d’avoir ce cadre-là et des boites autour qui vivent les mêmes choses que nous au quotidien« , explique Coline Mazeyrat.

Entrepreneurs needed

De nouveaux projets sont dans les tuyaux de la Machine, comme Mypapermag, un magazine papier entièrement personnalisable ; Beem, un kit solaire d’auto-consommation prêt à l’emploi ou encore Uptogether, une nouvelle formation pour les managers. Les projets, aussi bien BtoB que BtoC, bénéficient des fonctions support fournies par Imagination Machine et les entrepreneurs qui les dirigent peuvent ainsi mieux se concentrer sur leur produit.

Et puisque le talent n’a pas de frontière, le startup studio lance ce mois-ci une grande campagne de recrutement d’entrepreneurs in-house pour des projets qui devraient voir le jour dans l’année. Et espère bien séduire au-delà des frontières nantaises, comme c’est déjà le cas avec le Suédois André Laszlo, cofondateur de myPaperMag, par exemple. L’objectif ? Lancer 6 à 7 projets par an, et les faire grossir jusqu’à l’exit.