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Yuyo imprime ses surfs en 3D avec des matières naturelles ou recyclées

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Par Antoine Garbay - 18 mai 2019 / 09H00

Proposer une solution au « paradoxe du surfeur », qui symbolise la contradiction entre l'intérêt environnemental de ses fans de glisse et la pollution qu’engendre la fabrication de leurs planches. C’est l’objectif de Romain Paul, cofondateur de la startup montpelliéraine, qui vient de lancer une campagne de crowdfunding de 8000 euros sur KissKissBankBank.

Surfer écolo, c’est ce que propose Yuyo. La jeune pousse montpelliéraine conçoit et fabrique un tout nouveau genre de planches de surf éco-conçues, imprimées en 3D. « Ça fait une dizaine d’années que je fabrique des planches en amateur. Je me suis rendu compte que j’étais en pleine contradiction entre mon intérêt pour l’écologie et la pollution que j’engendrais en construisant mes planches. Le paradoxe du surfeur quoi », sourit Romain Paul, cofondateur de la startup. Dès lors, il décide de trouver un moyen de changer cet état de fait. Accompagné dans cette aventure par ses anciens collègues d’Exaprint : Romain Bessuges-Meusy (déjà fondateur et CEO d’Axeptio, la solution qui met les sites internet en conformité avec le RGPD), Laurent Thomas (également cofondateur d’Axeptio) et Thibault Mallet, le surfeur/entrepreneur se lance et commence à concevoir des planches de surf constituées de matières naturelles (végétales ou minérales) ou recyclées, fabriquées localement et de façon à limiter au maximum leur impact sur l’environnement, en particulier les écosystèmes marins.

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« On a passé deux ans en R&D, pendant lesquels on a travaillé avec l’école des mines d’Alès qui nous a notamment aidé sur le choix des matériaux. Ensemble, on est arrivé à une recette qui combine l’impression 3D et les alliages composites », explique Romain Paul. Très concrètement, Yuyo commence par imprimer en trois dimensions le noyau de la planche avec du PLA, un biopolymère issu de l’amidon de maïs et du PET recyclé, constitué de déchets plastiques, avant de la stratifier avec une fibre minérale naturelle écologique et résistante alliée à une résine biosourcée, composée d’huiles végétales. Toutes ces étapes sont réalisées à Montpellier et les matières utilisées sont fournies par des producteurs locaux, exceptée la fibre minérale qui vient de Belgique.

Des produits ultra-personnalisés

Si le choix de se tourner vers l’impression 3D a été fait pour des raisons environnementales, les cofondateurs de la nouvelle marque de glisse se sont rapidement rendus compte de l’aspect « performance » que permet ce mode de production. « C’est ultra-personnalisable, assure Romain Paul, les clients peuvent paramétrer leur planche en fonction de leur style de surf et de leurs besoins. » Pour les accompagner dans ces choix, Yuyo fournit un conseil, mais souvent les intéressés ont une idée bien précise en tête : « des gens sont venus nous voir pour savoir s’il était possible de reproduire un modèle qui leur plaisait et qui n’est plus produit ou s’ils pouvaient paramétrer leur planche pour que ce soit exactement la même que Kelly Slater. On leur répond ‘oui, bien sûr’ », s’amuse Romain Bessuges-Meusy.

Pour leur permettre de se développer et de lancer les premières séries de production (qui si tout va bien seront livrées mi-août), les forces vives de la jeune pousse ont démarré une campagne de financement participatif de 8000 euros sur KissKissBankBank. « Pour nous le financement participatif s’est imposé, le collectif est à la base de tout ce que l’on entreprend. C’est comme ça que l’on veut construire notre marque, de manière communautaire », assure Romain Paul qui propose pour l’instant quatre modèles de planches : la Mérou (Fish), la Carangue (shortboard), la Marlin (mini malibu) et la Rascasse (kitesurf), mais envisage déjà d’ouvrir une cinquième gamme avec des Stand Up Paddle. Si l’objectif de la campagne est dépassé, Yuyo pourra augmenter sa capacité de production en créant des ateliers de fabrication situés à proximité des spots de surf. L’idée étant de limiter au maximum l’émission de gazs à effet de serre.

Yuyo est présente jusqu’au samedi 18 mai dans le hall 2 de Vivatech. Samedi 25 mai elle sera au FabLab Festival à Toulouse, au FISE à Montpellier du 28 mai au 2 juin et le 4 juin au salon 3dprint à Lyon.

Par

Antoine Garbay

18 mai 2019 / 09H00
mis à jour le 17 mai 2019
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