Décryptage#energie
24 septembre 2019

Le biogaz, l’énergie de l’avenir ?

Le gaz naturel, énergie de la modernité au 19ème siècle, est devenu aujourd’hui une des ressources les plus utilisée, et banalisée, de notre consommation énergétique. Mais comment faire pour trouver une alternative à cette ressource fossile à l’heure de l'urgence climatique ?

Selon un article du Monde de l’Énergie, la consommation d’énergie primaire (énergie non transformée) a augmenté en 2018 de 2% dans le monde, et 85% de cette énergie primaire sont toujours représentés par des énergies d’origine fossile. On comprend donc bien l’urgence de transformer le modèle existant. Mais quelles sont les options possibles pour endiguer l’utilisation croissante et extrêmement polluante d’énergies fossiles dans toutes les zones du monde ? Arol Energy et Enosis sont deux startups françaises qui ont choisi d’investir dans le biogaz, et nous en disent un peu plus sur cette énergie trop peu connue, qui représente pourtant une alternative sérieuse au gaz naturel.

Le gaz naturel, un nouveau pilier du mix énergétique

De nombreux pays d’Europe ont entamé un processus pour réduire au maximum leur utilisation de charbon (la France voudrait fermer ses centrales de charbon d’ici 2022), de fait la consommation de gaz naturel semble prendre la tête de peloton des énergies fossiles, en dépassant même ses 3 usages traditionnels : se chauffer, se laver et cuisiner. Mais cette augmentation drastique d’une énergie provenant du sol n’allège pas la facture environnementale, ce qui nécessite de trouver une autre option. C’est là qu’intervient un gaz renouvelable : le biogaz.

Le biogaz, késako ?

Le biogaz est un gaz issu de la transformation des déchets, qui est donc renouvelable. Il existe deux sortes de biogaz : le gaz éponyme, issu de la méthanisation de déchets agricoles, et le syngaz, issu de la pyro-gazéification de biomasse.

Pour obtenir le biogaz, on place des biodéchets (déchets de cantine, de l’agro-alimentaire, de l’agriculture) en citerne, et on les laisse fermenter. Ce procédé, appelé méthanisation, dégage du biogaz, que l’on peut ensuite récupérer.

Le procédé peut être appliqué sur des déchets solides (la biomasse), qu’on ne brûle pas, mais que l’on fait monter en chaleur grâce à des procédés thermiques, pour dégager du gaz de synthèse cette fois, le syngaz.

Néanmoins, explique Vincent Guerré, fondateur de la startup Enosis, spécialisée dans la transformation du biogaz, le biogaz issu de ces procédés ne peut être injecté tel quel dans les réseaux de gaz existants. “ Il faut vérifier qu’on ne fait pas circuler du gaz avec des saletés, car les gaz doivent conserver certains standards. Pour pouvoir injecter du biogaz, il faut transformer ces gaz et  les nettoyer pour les substituer au gaz naturel.”

Un travail que fait la startup toulousaine en convertissant la part de CO2 présente dans le biogaz en méthane. La startup Arol Energy, fondée en 2012 par David Bossan, s’attèle quant à elle à la purification des biogaz complexes issus de déchets urbains.

Le biogaz, une énergie sous-estimée

Rares sont pourtant les populations renseignées sur la question du biogaz. Selon Vincent Guerré, “le biogaz n’a pas forcément une image positive aujourd’hui, pour la simple et bonne raison que peu de gens savent réellement ce que c’est”. Et David Bossan confirme que “cette méconnaissance, même si de nombreuses initiatives de communication sont menées, peut parfois créer des peurs infondées de la part des riverains sur des risques de nuisances qui n’existent pas et ralentissent de fait le développement des projets.”

Pourtant, grâce à une production locale, le biogaz pourrait représenter une alternative contre l’importation de gaz, et permettrait de favoriser une certaine indépendance énergétique. De plus, cette solution permettrait de ne plus payer l’enfouissement des déchets, une pratique à la fois très coûteuse et polluante. Pour Vincent Guerré, il serait même complètement envisageable de verdir entièrement nos réseaux de gaz d’ici 2050. Alors, qu’est-ce qu’on attend ? Et bien, l’enjeu est économique : “investir dans le biogaz coûte plus cher que d’importer du gaz produit à l’étranger. C’est pour cela qu’il faut aider le décollage de la filière, et que cette dernière soit capable de produire un gaz dont le coût de revient soit le plus bas possible.” explique le fondateur d’Enosis.

Les startups Arol Energy et Enosis seront exposantes à l’événement The Business Booster les 3 et 4 octobre prochains à Paris, événement organisé par InnoEnergy cette année sur le thème de l’humanisation de la transition énergétique. Profitez-en pour les rencontrer
et en apprendre plus sur le biogaz.

Maddyness, partenaire média d’InnoEnergy