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Comment l’Inria veut reconvertir ses chercheurs en entrepreneurs

Crédits: © Inria / Photo G .Scagnelli.png
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Par Anne Taffin - 08 octobre 2019 / 11H53

L'Inria a inauguré le 23 septembre dernier son startup studio. En formant 100 startups par an dans le secteur de la Deep Tech numérique, il ne s’agit pas seulement de faire entrer la technologie dans l’économie mais aussi de faire entrer l’entrepreneuriat dans ses campus. Retour sur cette stratégie avec Hervé Lebret et Sophie Pellat.

Dans une étude publiée en mars dernier, le cabinet international de conseil en stratégie BCG (Boston Consulting Group) et l’association Hello Tomorrow reconnaissaient la difficulté de la Deep Tech à se faire financer. Si la recherche française se porte bien, ses résultats technologies peinent parfois à se transformer en produit. Pour pousser ce transfert entre les deux mondes, l’Inria (L’institut national de recherches en sciences du numérique) veut inciter les chercheurs à monter leur propre startup. Un processus de longue haleine pour leur inculquer une nouvelle culture professionnelle, parfois diamétralement opposée à la leur.  

Chercheur ou entrepreneur ? 

Entreprendre est toujours une expérience et un parcours qui demande un investissement personnel accru. Mais pour les chercheurs, c’est un véritable changement de posture. Pendant plusieurs années, ceux-ci « travaillent de manière extrêmement pointue sur un sujet jusqu’à en devenir des experts » explique Sophie Pellat.  Cette période, particulièrement énergivore, entraîne le chercheur dans « une exploration du monde de manière verticale » focalisée uniquement sur la maîtrise d’une technologie. À l’opposé, l’entrepreneur doit être flexible, ouvert et multitâche. Il évolue en multipliant les interactions pour faire connaître, développer et vendre son produit ou son service.

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Décider de monter sa startup revient à partir à la « conquête d’un monde dont les chercheurs n’avaient parfois pas connaissance avant » explique Hervé Lebert. Et dans le secteur de la Deep Tech, l’inconnu est encore plus grand : « il faut réussir à créer son propre marché car les technologies sont réellement disruptives et novatrices » ajoute t-il.

Le startup studio se place alors comme un accompagnement pour les aider à défricher ce chemin. En somme, l’Inria souhaite que les chercheurs perçoivent la création d’entreprise comme une carrière possible et non plus, une exception.

Poser les premières jalons de l’entreprise

« La formation n’est qu’un petit point sur un bien plus long chemin. Ils doivent surtout aller découvrir les ressources qu’ils ont en eux » indique Sophie Pellat. Des partenariats avec HEC, l’ESSEC, l’EM Lyon ou le réseau Kedge seront développés pour apporter les premières clés aux chercheurs. L’Inria s’appuiera sur l’expertise en construction d’entreprise qu’elle développe depuis plus de 30 ans au sein de ses établissements.

Les équipes du startup studio agiront comme un board en travaillant sur les différentes actions à mener pour passer de l’idée à l’’entreprise. « On leur indiquera comment et où networker, comment trouver des financements mais ce sera à eux de faire les démarches. Nous ne sommes pas là pour nous substituer à eux » ont bien précisé les deux mentors. Il y aura également un travail important sur le marketing stratégique et le financement ou des aspects plus créatifs en cas de besoin.

La stratégie du startup studio vise à se placer en amont de la création d’entreprise, environ un an avant. « Nous aiderons les chercheurs à développer leur idée et voir si elle peut se transformer en produit et en entreprise » explique Hervé Lebert.

Rassembler les talents pour les faire collaborer

Avec le startup studio, l’Inria veut attirer des talents dans ses 8 campus.  Le programme sera donc ouvert à ses chercheurs mais aussi à ceux d’autres établissements publics et même à des entrepreneurs à la recherche de technologies de pointe. « Il n’y aura pas de sélection à proprement dite, cela voudrait dire que l’on sait déjà ce qui va marcher ou non » souligne Hervé Lebert. Les critères d’admissibilité resteront donc très ouverts.

L’objectif est de créer des synergies entre les différents acteurs du monde de la recherche et de l’économie. Le startup studio s’appuiera donc sur l’écosystème local existant pour favoriser ses échanges (incubateurs, accélérateurs…). Tout ce processus s’inscrit dans le vaste projet de développement des grands campus universitaires de recherche initié par l’Inria depuis plusieurs années. «Tous les signaux économiques sont au vert pour les chercheurs : les besoins sont là, les financements arrivent » se réjouit Sophie Pellat, convaincue que les chercheurs répondront à l’appel. Espérons que les fonds d’investissement et les business angel, frileux envers la Deep Tech, seront séduits par ces futures idées d’entreprises, peut-être plus concrètes que la technologie pure et dure.

Avec cette nouvelle stratégie, l’Inria cherche à démontrer que la startup peut être vecteur de transfert privilégié des résultats de la recherche dans le numérique vers le monde économique. Une ambition qui fait écho à celle annoncée par le président de la République française, Emmanuel Macron, de voir 25 licornes émerger en France d’ici 2025.

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Anne Taffin

08 octobre 2019 / 11H53
mis à jour le 08 octobre 2019
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