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Cédric O liste ses réserves sur StopCovid, l’app de tracking anti-coronavirus

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Cédric O liste ses réserves sur StopCovid, l’app de tracking anti-coronavirus

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Par Maddyness avec AFP - 10 avril 2020 / 09H03

Interrogé par les députés, le secrétaire d'État au Numérique a égrené un certain nombre de réserves à la fois techniques et pratiques sur le projet StopCovid, l'application de tracking des malades du coronavirus.

Le secrétaire d’État chargé du numérique Cédric O a partagé jeudi ses « incertitudes très fortes » sur la réussite du projet StopCovid censé aider à endiguer l’épidémie en traçant les cas-contacts via une application, mais dont l’efficacité et les implications pour la vie privée posent question. Ce système, développé actuellement par des chercheurs de l’Inria et des développeurs bénévoles, ne sera pas « l’alpha et l’oméga de la stratégie de déconfinement » , a expliqué Cédric O, auditionné par plus d’une cinquantaine de députés lors d’une visioconférence organisée par la présidente de la Commission des lois Yaël Braun-Pivet. « Il y a des incertitudes très fortes sur le fait que ça soit efficace et donc il n’est pas impossible que tout cela se dégonfle assez vite dans les semaines qui viennent (…) mais même s’il y a beaucoup de questions et beaucoup de difficultés, ce serait irresponsable de ne pas y travailler » , a-t-il ajouté.

Parmi les problèmes techniques, « le Bluetooth n’a pas été conçu pour mesurer des distances » . Cette norme d’ondes radio qui permet à nos smartphones d’identifier des appareils à proximité (écouteurs, enceintes, imprimantes…) est privilégiée dans le projet car elle permet un traçage sans recourir à des données de géolocalisation. Mais la calibration du signal sera clé pour détecter les personnes présentes pendant un certain temps dans l’environnement proche de l’utilisateur, et pouvant entraîner potentiellement une contamination. « Il y aura vraisemblablement un certain nombre de faux positifs, car l’application ne saura pas vous dire si vous avez été dos à dos ou face à face avec une personne, ou si vous avez touché une surface contaminée. Ce ne sera pas magique » , a reconnu le secrétaire d’État.

Une masse critique pour garantir le succès

Autre difficulté évoquée par les députés, la fracture numérique et l’incapacité pour certaines personnes d’utiliser cette application alors que son efficacité dépend de son adoption massive. Tout en garantissant qu’elle serait « très simple, enfantine » et conçue en tenant compte des contraintes d’accessibilité, Cédric O a déclaré qu’il s’agissait du « sujet le plus préoccupant » . « Nous réfléchissons à quelque chose hors du téléphone portable, une petite clé que nous pourrions produire massivement, mais ce sujet est encore plus compliqué, encore plus incertain » , a-t-il ajouté.

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Le système, présenté comme ne dérogeant pas à la réglementation européenne sur les données personnelles, devra également prévoir « un lien avec un tiers de santé » pour garantir que les cas déclarés sont réellement positifs et des mesures pour éviter les comportements malveillants. Cédric O a jugé en revanche « un peu ridicules » les critiques sur la pression sociale que pourraient ressentir ceux qui ne voudraient pas utiliser l’application. Choisir de s’en passer n’aura « aucune conséquence » , a-t-il assuré. « Au mieux ou au pire, si jamais vous êtes infectés, vous n’êtes même pas obligé de le déclarer. »

Les doutes sur l’application ne viennent pas que de l’opposition. Lors d’une autre visioconférence jeudi en début de soirée avec quelque 130 députés LREM, plusieurs marcheurs de l’aile gauche du parti comme Guillaume Chiche ou Sacha Houlié ont fait part à Cédric O de leurs craintes sur les éventuelles atteintes aux libertés publiques. À l’aile droite, Aurore Bergé est aussi très réticente : « Qu’est-ce qui garantit l’absence de dérive ? Quel est le gain d’efficacité ? Est-ce qu’on est sûrs que ça sauvera des vies ? » , a-t-elle interrogé.

Maddyness avec AFP

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Maddyness avec AFP

10 avril 2020 / 09H03
mis à jour le 10 avril 2020
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