Maddyness

La crise dope les envies de reconversion mais freine le passage à l’action

Comments
Partager :
Up
Partie précédente
1 —
Partie suivante
Down
Maddyness
Up
Menu
Partie 1
Down
Business

La crise dope les envies de reconversion mais freine le passage à l’action

Pepper Pepper Pepper
8093 - on fire  |  
Comments
Par Geraldine Russell - 11 mai 2020 / 11H00

Nombreux sont les Français à se questionner sur leur travail après ces semaines confinées. Mais attention à ne pas tout envoyer valser un peu trop précipitamment.

La crise sanitaire et le confinement qui a duré sept semaines dans l’Hexagone ont dopé les envies de reconversion des Français·es, après avoir agi initialement comme des freins au changement. « Nous avons d’abord enregistré beaucoup moins de demandes, au moment de l’annonce du confinement. Les gens voulaient se focaliser sur l’essentiel » , explique ainsi Yves Trocheris, fondateur de Même pas cap, qui a dématérialisé le bilan de compétences.

Mais une fois les principales questions réglées, notamment celles concernant la sécurité de leur emploi, les Français·es ont préparé leur « après » professionnel. La peur de perdre son emploi est d’ailleurs l’un des accélérateurs de cette transition, comme l’explique Yves Trocheris. « Certaines personnes n’ont pas d’autre choix que de se poser la question parce que la crise économique qui survient ne leur donne pas la garantie de retrouver leur travail après la crise. Ils doivent donc se projeter dans un plan B si leur secteur ne recrute pas de suite » , atteste l’entrepreneur. Anticiper de changer d’employeur ou de métier permet donc de conjurer le sort et de se préparer à ce qui pourrait se révéler inéluctable.

Une quête de sens démultipliée par la crise

Mais c’est souvent la question de l’utilité sociale qui est au coeur de ce chamboulement. La fameuse quête de sens n’aura jamais aussi bien porté son nom. « La crise qu’on traverse intensifie des questionnements déjà présents avant, notamment en rapport avec les valeurs et le sens du travail » , souligne Clara Delétraz, cofondatrice de Switch Collective qui accompagne des promotions de salariés en reconversion. « Plein de gens se rendent compte que leur métier n’a pas de sens, en comparaison de gens qui exercent des métiers vitaux, qui sont ‘au front’.« 

A lire aussi

La valorisation des semaines durant des soignants ou des personnels du commerce alimentaire à la fois par les médias et par les Français·es eux-mêmes a largement contribué à interroger celles et ceux qui n’étaient pas « en première ligne ». Les bullshit jobs ont suffisamment été décriés ces dernières années pour que l’actualité de ces semaines de confinement soit l’étincelle qui a finalement allumé la mèche.

Beaucoup de gens se posent désormais la question : « moi, mon métier, il sert à quoi ? »

Enfin, le confinement a exigé de repenser nos modes de travail, de nombreuses entreprises imposant le télétravail 100% du temps… pour le plus grand bonheur de certains salariés ! « Après sept semaines en télétravail, je ne me vois pas reprendre les transports tous les jours pour aller travailler dans un open space bruyant » , concède ainsi Laure, employée par un grand groupe bancaire. « La crise a modifié notre rapport au travail et la place qu’on lui accorde, elle a questionné notre équilibre vie pro/vie perso, souligne Clara Délétraz. Certains ont pris conscience de leur sur-investissement dans leur travail ou du fait qu’ils ne souhaitent plus travailler de la même manière, en faisant deux heures de transports par jour, par exemple. Plus qu’un nouveau métier, ils réfléchissent alors à un nouveau projet de vie. »

Changer radicalement… mais pas trop vite

Le déconfinement verra-t-il donc une vague de démissions de salariés voulant finalement aller élever des chèvres dans le Larzac ? Pas sûr. Certes, le confinement a laissé du temps aux concerné·e·s pour mûrir leur projet. « Le traditionnel bilan de compétences se heurte souvent au fait que les personnes sont en poste et n’ont pas de flexibilité, notamment la possibilité de le réaliser sur leurs horaires de bureau. Mais il est plus facile à faire rentrer dans l’emploi du temps en temps de confinement, sous un format numérique. Cela a fait sauter certains verrous » , note Yves Trocheris.

Celles et ceux qui ont entamé leurs démarches au début du confinement pourraient bien sauter le pas dès le mois de mai, « un accompagnement sérieux durant autour de trois mois » , prévient encore l’entrepreneur. Et la prise en charge par le compte formation d’un certain nombre de programmes en ligne a permis à nombre d’hésitant·e·s de se lancer pendant leurs semaines confinées.

Mais attention à ne pas mettre la charrue avec les boeufs. « Nous déconseillons aux gens que nous suivons de faire d’un coup des changements très radicaux, martèle Clara Delétraz. Il ne faut pas tout envoyer valser. Changer de job ou de vie, ça ne se fait pas du jour au lendemain, on ne parle d’ailleurs pas de grand saut mais de petits pas. Il faut mettre en place le changement par petites touches. » Gare à ceux qui verraient le déconfinement comme un ticket de loto destiné à leur octroyer (enfin) leur vie de rêve. D’autant que celui-ci s’annonce progressif voire incertain. « Tant que les choses resteront assez floues, et cela devrait durer un moment, il n’y aura pas de grands signaux radicaux, comme une vague de démissions » , avance la cofondatrice de Switch Collective. De quoi laisser le temps aux entreprises de se réinventer si elles veulent espérer garder leurs talents.

Par

Geraldine Russell

11 mai 2020 / 11H00
mis à jour le 10 mai 2020
Articles les plus lus du moment

Les indépendants craignent le pire avec la fin du fonds de solidarité

Entrepreneurs
Par Maddyness avec AFP - 18H01vendredi 04 décembre 2020
Next

Les 21 femmes les plus influentes de la Tech en France

Entrepreneurs
Par Heloïse Pons - 09H00jeudi 03 décembre 2020
Next

À La Courneuve, un incubateur veut faire passer le périph' aux VC

Business
Par Arthur Le Denn - 17H15mercredi 02 décembre 2020
Next

Miser sur l’investissement corporate : les clés pour bien réussir

Finance
Par Maddyness, avec EDF - 07H00mardi 01 décembre 2020
Next

Quand EDF rencontre PowerUp : le binôme qui fait mouche

Finance
Par Maddyness, avec EDF - 07H00mardi 01 décembre 2020
Next

Comment Bigblue aide les petits e-commerçants à se passer d'Amazon

Finance
Par Geraldine Russell - 08H00jeudi 26 novembre 2020
Next
Business
Menu
Entrepreneurs
Menu
Finance
Menu
Innovation
Menu
Technologies
Menu
MaddyShop
MaddyShop
Agenda
Agenda
MaddyEvent
MaddyEvent
MaddyJobs
MaddyJobs
MaddyStudio
MaddyStudio
Search
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Articles les plus consultés
Les guides
Entreprises Structures d’accompagnement MaddyBasics
Maddyplay
Newsletter
À propos
Mentions Légales
Search
Nos services
Les catégories
Maddynews
Hmm... Il y a visiblement eu un soucis :(
Maddyness

Comme vous le savez, Maddyness est à la pointe de l'innovation.
Malheureusement il semble que votre navigateur ne le soit pas encore...

Pour une bonne expérience de navigation
(et être au top de la modernité) pensez à passer sur :
Chrome
Chrome
Safari
Safari
Firefox
Firefox
Edge
Edge