Décryptage#Étude
24 juin 2020

1 freelance sur 6 n’a pas connaissance des aides auxquelles il peut prétendre

Si 60% des freelances anticipent une baisse, parfois conséquente de leur chiffre d'affaires, 16% n'ont pas connaissance des aides qui pourraient leur permettre de mieux survivre à la crise.

Alors que la réponse du gouvernement face à la crise du Covid-19 a été non seulement rapide mais massive pour protéger les entreprises de faillites en série, elle a été plus longue à venir pour les indépendants. Néanmoins, le fonds de solidarité, notamment, doit répondre à leurs besoins de trésorerie les plus urgents. Et ils sont nombreux : selon une étude menée par le comparateur de solutions d’entreprise Independant.io, 60% des freelances s’attendent à voir leur chiffre d’affaires baisser au premier semestre, dont un quart de plus de moitié. Et 44% anticipent déjà une baisse pour le second semestre…

Rien d’étonnant puisque la première difficulté rencontrée par les freelances pendant la crise concernait leur clientèle. Près d’un tiers (29%) ont déclaré avoir perdu des clients et un quart ont dit avoir des difficultés à trouver de nouveaux clients. Des préoccupations qui ont nettement surclassé l’équilibre vie pro/vie perso (mentionné par 15% des répondants) ou les retards de paiement (8%). « Ce qui constitue la plupart du temps un avantage (souplesse dans le choix des clients, changements fréquents…) se révèle un risque et une difficulté en temps de crise » , analyse Indépendant.io.

Pas de retour massif au salariat à prévoir

Le fonds de solidarité mais aussi le report des échéances fiscales et sociales doivent ainsi leur permettre de parer au plus urgent. Mais encore faut-il avoir connaissance de ces aides… Or, l’étude d’Independant.io montre que 16% des freelances, soit plus d’un sur six, n’en a pas entendu parler ! 31% sont en revanche satisfaits des dispositifs mis en place, contre 23% d’insatisfaits (et 31% d’opinions neutres). « Ces chiffres reflètent les inégalités des freelances face aux aides mises en place » , souligne le comparateur. Le terme de freelance recouvre en effet des réalités très diverses, du micro-entrepreneur parfois isolé et donc peu au fait de certains dispositifs au gérant de société unipersonnelle.

L’impact de la crise diffère aussi selon le secteur d’activité du freelance, ce qui a pu jouer également sur la connaissance des aides – certains secteurs particulièrement touchés ayant davantage communiqué dessus. Les secteurs du design et de l’image et du son sont ainsi les plus affectés par la crise, tandis que les indépendants dans la communication, la tech ou le marketing se disent plus protégés. Au point de donner envie à certains de revenir au salariat ? C’est loin d’être une tendance lourde : seulement 11% des freelances disent chercher un contrat, CDD ou CDI, en raison de la crise, alors que la même proportion cherchait déjà un contrat avant la crise. Mais la très large majorité de freelances (69%) se prépare à faire le dos rond pour traverser cette période difficile sans devoir renoncer à leur statut. La liberté a un prix et ils sont prêts à s’en acquitter !