7 août 2020
7 août 2020
Temps de lecture : 4 minutes
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10 jours pour hacker le travail, l'ambition du fondateur de Gojob

Avec son ouvrage 10 jours pour hacker le travail, Pascal Lorne s’attaque à une refonte quasi-totale du rôle et de l’impact du travail en France. Un vaste chantier qu’il décrit en dix grandes étapes.
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Entrepreneur aux multiples casquettes Pascal Lorne n’est pas seulement à la tête de Gojob. Il s’implique activement dans des think tanks et des associations comme la French Tech, French Impact ou encore le Campus de l’inclusion. Dans son ouvrage 10 jours pour hacker le travail, il revendique une nouvelle vision du travail plus inclusive et plus épanouissante

Combattre des idées ancrées depuis des décennies  

Fondateur et CEO d’une plateforme d’intérim, Pascal Lorne perçoit au quotidien le pouvoir du travail sur les hommes et les femmes activces. Et contrairement aux idées de certains “intellectuels et politiques qui semblent vivre dans l’illusion que la société serait meilleure si la part du travail dans nos vies était réduite à la portion congrue” , l’entrepreneur affirme, au contraire, qu’il “joue un rôle pilier dans nos sociétés”

Épanouissant pour certains, écrasant pour d’autres, le travail est une notion compliquée à aborder en France et l’arrivée des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle ne simplifient pas la donne. Pourtant, l’auteur y croit : "une société du travail universel qui permettent aux individus de s'émanciper par le travail est possible, à condition d’en réaffirmer les valeurs”. La solution est simple, il faut redonner du sens à l'emploi et aux missions effectuées par les salarié·e·s. Les premiers conseils qu’il prône dans son ouvrage vont dans ce sens : revoir les modes de management pour les rendre plus inclusifs, pousser les dirigeant·e·s à donner du sens à leur entreprise et valoriser les plus vertueuses par des gains financiers (comme la gratuité des stages pour l'entreprise). 

Convaincu que sa vision du travail est l’un des piliers de demain, Pascal Lorne a identifié deux chantiers à mener pour lui donner vie. Du CDI à la formation en passant par l’assurance chômage, tous les fondements de notre système y passe. 

Révolutionner les bases du travail 

Graal tant espéré par les jeunes actifs fraîchement arrivés sur le marché, le CDI n’a pas les faveurs de Pascal Lorne. "Je suis convaincu que le CDI est un cataclysme, aussi bien pour les travailleurs que pour les employeurs", admet-il. Par quoi remplacer ce pilier de l’emploi ? Tout simplement par un contrat de travail unique qui balaierait le CDI, le CDD et les contrats de chantier... et mettant tous les salarié·e·s au même niveau. Ce système faciliterait, selon le CEO de Gojob, l'achat d'un logement encore conditionné à la pseudo-stabilité de son contrat de travail. 

Mais pour abolir le CDI, il faut en contrepartie refonder l’assurance chômage pour en faire un "capital chômage". Pascal Lorne imagine alors cette période comme une "césure émancipatrice permettant de choisir une orientation enrichissante et constructive". Mais le bon vieux système de Pôle emploi peut-il vraiment se moderniser ? La question reste en suspens depuis de nombreuses années et l’organisme ne cesse d'essuyer des critiques sur son manque d'efficacité. 

Autre point à repenser d’urgence : la formation. L’obsolescence des connaissances engendrée par l’arrivée constante de nouvelles technologies est une réalité à ne pas nier. Pour impliquer, motiver et conserver ses salarié·e·s, l’entreprise de demain devra réussir à concilier technologie et apprentissage durant toute la carrière des collaborateurs et collaboratrices.

Auto-entreprise et startup, des modèles idéaux ? 

Le statut d’auto-entrepreneur·e séduit toujours plus. D’après les chiffres de l’Insee, la moitié des entreprises créées sur le territoire l’an dernier étaient des micro-entreprises. Facile à créer, simple à gérer, l’auto-entreprise a tout pour plaire sur le papier. Pourtant, la liberté promise n’est pas toujours au rendez-vous. La flexibilité offerte par ce statut est souvent détournée au profit de plateformes qui cassent les prix. "Ces faux indépendants exploités par ces plateformes doivent être requalifiés en tant que salariés à deux conditions : que leurs revenus dépendent de 70% d’une plateforme et que seule leur force de travail soit à vendre". En somme, il faut plus de contrôle et de vérification des pouvoirs publics. 

Les startups font elles mieux ? Apparemment oui. "Il est plus facile de voir le sens du travail, puisque l'on part souvent d'une toute petite équipe pour croître ensuite très vite. Mais avec cette croissance rapide, il faut être attentif à maintenir la cohésion entre les salariés, et garder la dimension très humaine des débuts de projet" tient à souligner Pascal Lorne. Les startups rencontrent néanmoins d'autres problèmes comme des salaires qui ne sont pas toujours à la hauteur du temps consacré à ses tâches.

"Aujourd’hui, nous voilà à la croisée des chemins ! Soit nous continuons comme avant, sans changer nos comportements, soit nous décidons en toute conscience d’entrer dans un nouveau monde", conclut Pascal Lorne. Mais malgré "l'urgence de la situation", il n'est pas certain que les Français·es, parfois réfractaires au changement, adhèrent à toutes les idées de Pascal Lorne.

"10 jours pour hacker le travail" est disponible aux éditions Debats Publics