Actus#AssurTech
10 septembre 2020
Descartes Underwriting

Comment Descartes Underwriting aide les entreprises à anticiper le dérèglement climatique

La startup Descartes Underwriting, qui modélise les risques climatiques pour le compte d’assureurs et de grandes entreprises, signe une levée de fonds de 15,7 millions d’euros.

Sécheresses, inondations, feux de forêt… Alors que les catastrophes naturelles tendent à se multiplier et à gagner en intensité à mesure que le dérèglement climatique se fait sentir, les assurances ne font pour l’heure qu’effleurer du doigt les solutions qui leur permettront d’évaluer les risques en la matière. C’est sur ce créneau porteur que s’est positionnée la startup francilienne Descartes Underwriting. « La volatilité des événements climatiques doit pousser le secteur à repenser son modèle, affirme Tanguy Touffut, dirigeant de l’entreprise et ancien président d’Axa Global Parametrics. On a du mal à admettre que 18 mois se passent encore entre la déclaration de sinistre d’une entreprise et son paiement. »

Modéliser les risques climatiques

C’est à ce moment de la chaîne de valeur que Descartes Underwriting intervient. La jeune pousse a mis au point une solution qui permet d’agréger différents types de données afin de modéliser les risques climatiques. Cette évaluation paramétrique est rendue possible par le biais de partenariats avec diverses organisations publiques et privées. La startup a conclu des accords avec l’Agence spatiale européenne (ESA), qui l’incube, mais aussi avec ses pendants américains (NASA) et japonais (JAXA). « Nous pouvons de cette manière obtenir des données satellitaires de précision », se réjouit Tanguy Touffut, mettant aussi en avant l’utilisation d’objets connectés – tels que des caméras – par le biais de collaborations avec des acteurs privés.

Du fait de cette multitude d’outils à sa disposition, Descartes Underwriting est par exemple en capacité de déterminer la taille, la fréquence et la vitesse de grêlons. De quoi permettre aux assureurs de caractériser l’ampleur du phénomène et d’y apporter une réponse plus rapidement. « La tech permet de résoudre une équation jusqu’alors insoluble », assure Tanguy Touffut. Quand les acteurs du secteur savent évaluer précisément les risques, les coûts sont moindres. Pour le client, c’est la garantie d’un paiement rapide. « C’est loin d’être négligeable pour un vigneron qui, confronté à une période prolongée de sécheresse ou un épisode de grêle intense, doit faire face à une forte baisse de production », illustre le dirigeant de la startup.

Une seconde levée en 18 mois

Hôtellerie, énergie, automobile… Descartes Underwriting compte, au-delà de coopératives agricoles, plusieurs clients parmi les entreprises du Fortune 500 – interrogée, l’entreprise n’a pas souhaité citer les noms. Les assureurs restent les plus nombreux. « On suit en temps réel la survenance de catastrophes naturelles, puis on lance une procédure d’indemnisation si le seuil de déclenchement est atteint. Un montant prédéfini contractuellement, selon le type de sinistre, est ensuite réglé rapidement aux clients par nos assureurs partenaires« , explique Tanguy Touffut, qui qualifie son entreprise d’« agence de souscription ». La solution a été techniquement consolidée grâce à la levée de fonds de 2 millions d’euros bouclée début 2019 par l’AssurTech, qui en a aussi profité pour se lancer sur deux marchés porteurs : l’Amérique du Nord – les Etats-Unis représenteraient 50 % du marché à eux seuls – et l’Asie.

Cette semaine, tout juste 18 mois après cette première opération, Descartes Underwriting annonce une levée de fonds en série A de 15,7 millions d’euros. Une somme qui lui permettra d’accélérer sur tous les plans, aussi bien en R&D qu’au niveau commercial, car « s’il n’y a pas véritablement d’équivalent parmi les startups, des acteurs bien installés commencent à développer ce type de solutions ». Le recrutement de 30 personnes, des ingénieur·e·s et mathématicien·ne·s, est prévu d’ici à 9 mois. De quoi doubler les effectifs de la startup, qui ne compte aujourd’hui qu’une vingtaine d’employé·e·s. « À moyen terme, nous ouvrirons aussi des hubs dans plusieurs villes à travers le monde, avec l’Amérique du Sud en ligne de mire », confie son dirigeant.

Le marché de l’évaluation des risques climatiques dans le monde de l’assurance pèserait « pas moins de 50 milliards de dollars à l’échelle mondiale », selon Tanguy Touffut. Mais l’entrepreneur dit ne pas vouloir s’arrêter aux activités lucratives. Descartes Underwriting coopère d’ores-et-déjà avec diverses institutions internationales pour apporter sa pierre à l’édifice de la lutte contre le dérèglement climatique. « Le gouvernement des Tonga, dans le Pacifique, nous a remercié pour l’aide que nous lui avons apportée suite au passage du cyclone Harold, se satisfait Tanguy Touffut. Il est de notre devoir d’imaginer comment on protège l’environnement, avant de déterminer comment pallier ses dysfonctionnements. Nous espérons que les produits que nous créons aideront à améliorer la résilience des entreprises. »