Décryptage#MaddyMoney
30 octobre 2020
Markus Spiske

43 millions d’euros levés cette semaine, plus de 522 millions au mois d’octobre

Chaque semaine, Maddyness dresse le bilan des levées de fonds de la semaine qui vient de s'écouler. Cette semaine, 8 opérations ont permis aux startups françaises de lever près de 43 millions d'euros.

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Montant
42,8M€
Nombre d’opérations
8
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Au cours de la dernière semaine du mois d’octobre, les investisseurs ont levé le pied… dans leur communication, du moins. Ont-ils anticipé l’annonce d’un reconfinement par le gouvernement ? Selon notre estimation, 42,8 millions d’euros ont été levés par les startups tricolores. Si le niveau reste correct pour la saison, c’est bien en-deçà des montants observés les deux semaines passées – à savoir 77 et 57 millions d’euros. Les huit opérations enregistrées offrent un panorama assez varié, aussi bien au niveau des sommes – en témoigne la différence entre moyenne (5,35 millions d’euros) et médiane (2,1 millions) – que des activités – tous les tours de table ont été réalisés dans des secteurs différents, de la FoodTech à la GreenTech. Un semblant d’équilibre s’est établi entre les jeunes pousses de moins de 5 ans et celles ayant entre 5 et 10 d’existence – 5 et 3 opérations, respectivement. Les séries B sont aussi présentes que les amorçages.

Odaseva Technologies arrive largement en tête du classement, avec une levée de fonds de 21 millions d’euros. Le spécialiste francilien de la protection des données pour les applications cloud a reçu le soutien de Eight Roads Ventures, Partech, Serena, Salesforce Ventures et F-Prime Capital dans le cadre de cette série B. Il exploitera ce montant pour accélérer sa croissance sur le marché des grandes entreprises, tout en poursuivant son développement en Amérique du Nord et, plus largement, à l’international. Il entend également soutenir activement sa R&D dans le but de peaufiner sa technologie, alors que le marché du cloud progresse.

En seconde position figure Vitibot, avec un tour de table de 11 millions d’euros. Martell Mumm Perrier-Jouët, Champagne Louis Roederer, Champagne Laurent-Perrier, Groupe Charles Heidsieck ainsi que des business angels ont pris part à cette série B, qui vise à permettre à la WineTech de passer à l’échelle industrielle. Alors que Bakus, son robot enjambeur 100 % électrique, est déjà capable de travailler mécaniquement les sols en toute autonomie, il devrait prochainement intégrer des outils de pulvérisation, de rognage, d’effeuillage et de prétaillage. Ces nouveaux fonds lui permettront également d’élargir son déploiement vers l’international dès 2022. La jeune pousse devra, pour cela, s’adapter à différents types de vignobles et développera désormais deux modèles de robots distincts.

Loin derrière, kShuttle complète le podium avec sa levée de fonds à hauteur de 3 millions d’euros. La FinTech parisienne a pu compter sur ODYSSEE Venture pour soutenir financièrement son ambitieux projet de développement commercial. L’éditeur de solutions logicielles destinées au pilotage de la performance financière et extra-financière des entreprises entend ainsi lancer son internationalisation, en Europe puis aux États-Unis.

Plus de 522 millions d’euros levés en octobre

Les investissements dans l’écosystème se maintiennent à un très bon niveau, après une rentrée déjà réussie malgré une conjoncture économique morose liée à la pandémie de Covid-19. Cette dernière n’a pas altéré ni le nombre d’opérations (64 contre 71 en octobre 2019) ni le montant total (522,4 millions d’euros contre 459,5 millions l’an dernier). Dans les faits, septembre et octobre mois figurent même en deuxième et troisième positions des mois les plus prolifiques de 2020 – juste après janvier et ses 599,8 millions d’euros levés. Même constat qu’il y a quatre semaines : les amorçages et séries A restent très largement majoritaires (au moins 19 et 11 tours de table, respectivement), ce qui est de nature à rassurer les projets émergents. À noter que des opérations aux montants tout à fait exceptionnels ont eu lieu : Ÿnsect (190 millions d’euros), Aledia (80 millions) et SparingVision (44,5 millions) ont notamment contribué à doper un mois décidément très bon malgré la crise.

Pour ce qui est de l’analyse sectorielle, l’AgriTech écrase les autres types d’activité grâce à Ÿnsect. Trois autres secteurs ont néanmoins réussi à franchir le cap des 20 millions : les DeepTech ont rassemblé 89,7 millions – leur deuxième meilleur mois de l’année, après 101 millions en février –, les BioTech 44,5 millions et les AssurTech 29,55 millions. Les FoodTech sont, par ailleurs, particulièrement en forme puisqu’elles signent leur meilleur mois en 2020 avec 19,5 millions d’euros. Les MedTech sortent, elles, gagnantes en matière de volume avec 6 opérations recensées, suivie des DeepTech (5 tours de table). En ce qui concerne la répartition géographique hors Île-de-France, notons le dynamisme ce mois-ci du Grand Est et de la Bretagne.

Autres actualités financières

Contentsquare s’empare de Dareboost. La scaleup, spécialiste de l’analyse de données, met la main sur le service d’analyse automatique des pages web de la startup bretonne, qui vise à aider les entreprises à améliorer la performance technique de leurs sites. La technologie de cette dernière va être intégrée au sein d’un nouveau produit, baptisé Find & Fix – qui disposera de cinq fonctionnalités : monitoring et scoring des performances Web, analyse des erreurs et quantification des impacts, recherche rétroactive pour identifier les sessions présentant des comportements anormaux ou des messages d’erreurs et intégration avec les outils APM ainsi qu’une fonctionnalité permettant de comparer les performances de ses pages web avec celles de concurrents. Pour rappel, il s’agit de la quatrième acquisition réalisée par Contentsquare en 18 mois, après celles de Clicktale, Pricing Assistant et AdapteMonWeb. Le montant de l’opération n’a pas été communiqué.

Steva annonce un premier closing de 10 millions d’euros. La holding utilisera cette somme pour abonder deux nouveaux fonds de 5 millions d’euros, baptisés Star’Terre et Eat’Vallée. Le premier soutiendra l’amélioration de la qualité de vie dans des domaines aussi variés que les transports, l’éducation, le numérique, l’environnement, la santé, l’égalité femme/homme ou le logement. Le second se concentrera sur les problématiques du « mieux produire » et « mieux manger ». Il investira dans diverses filières alimentaires comme, par exemple, les protéines et ferments du futur, le recyclage, la lutte contre le gaspillage ou encore la question de l’alimentation et du numérique.

Olivier Locufier et Julien Mathieu lancent Orevon Venture Partners. Le premier, expert de la DeepTech, et le second, ancien d’IdInvest, veulent en faire une plateforme d’investissement dédiée aux secteurs DeepTech et HealthTech. Ils créent parallèlement Orevon Group, un réseau international de laboratoires techniques et de business centers. Cet écosystème de deux organismes permettra de fournir un accompagnement technique, financier et marketing aux entrepreneurs dès la structuration de leur projet, puis en phase d’amorçage et en financement de leur stratégie de croissance. L’objectif ainsi affiché par Orevon est de maximiser les chances de ces derniers de s’imposer sur leur marché en réduisant les risques techniques inhérents au lancement de leur projet. Basé pour l’heure à Luxembourg, le groupe devrait ouvrir une vingtaine de bureaux d’ici à la fin de l’année 2023.

Jonathan Userovici prend la tête du bureau parisien d’e.ventures. Le fonds américain d’investissement international de capital-risque, qui dispose de 1,7 milliard de dollars d’actifs sous gestion, a choisi la capitale française pour ouvrir son 6e établissement. Il investit avec des tickets initiaux compris entre 1 et 10 millions d’euros dans des startups technologiques faisant état d’une forte ambition internationale. L’équipe a réalisé plus de 200 investissements dans des sociétés comme Farfetch, qui a dépassé la barre des 10 milliards de dollars de valorisation, ou encore Segment, racheté à la mi-octobre 2020 par Twilio pour 3,2 milliards de dollars. Pour mémoire, Jonathan Userovici a, par le passé, été chargé d’investissement pendant 5 ans chez Idinvest Partners (Eurazeo), où il a travaillé sur une vingtaine de transactions en SaaS, Fintech et Consumer. Il a aussi suivi, au sein de leur conseil d’administration, des sociétés comme Swile (ex-Lunchr) ou bien Ornikar.

ISAI recrute William Vermont en tant que principal. Il aura pour mission de contribuer à la construction du portefeuille du fonds ISAI Venture III, qui a réuni 90 millions d’euros dans le cadre de son premier closing. Diplômé de l’université écossaise de Saint Andrews, William Vermont a précédemment occupé la fonction d’investisseur Pre-Seed/Seed/Series A en France durant 3 ans chez Global Founders Capital, le fonds de capital-risque du groupe Rocket Internet. Il a, par ailleurs, lancé en juillet 2020 son podcast, nommé Finview, dans l’objectif de promouvoir l’écosystème FinTech français.

Article écrit par Arthur Le Denn
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