Portfolio#Tourisme
4 novembre 2020
Anastasia & Federico Guendel

Evaneos réduit la voilure en supprimant 50 postes

Touchée de plein fouet par la crise, la plateforme de tourisme Evaneos prévoit de supprimer 50 postes d'ici la fin de l'année, soit plus de 20% de ses effectifs.

C’est une nouvelle secousse sociale dans le Next 40. Après la décision de Sigfox de faire passer ses effectifs de 370 à 320 personnes dans le monde, c’est au tour d’Evaneos de devoir se résoudre à se séparer de salariés. Selon nos informations, la plateforme touristique va supprimer 50 postes, notamment via des départs volontaires, soit plus de 20% de ses effectifs. « Nous vivons dans le tourisme une situation compliquée, avec une activité quasiment à l’arrêt depuis le début de la crise » , rappelle Éric La Bonnardière, CEO et co-fondateur de la scaleup qui a refusé de confirmer l’information. L’entreprise de plus de 220 personnes a levé près de 90 millions d’euros depuis sa création en 2009, auprès de Partech, Level Equity, XAnge, Serena Capital et Bpifrance. Le dirigeant assurait pourtant encore la semaine dernière que l’entreprise bénéficiait « d’une assise financière importante » . Mais pas suffisante pour absorber à terme le repli quasi total de l’activité, malgré un rebond timide lors de la saison estivale.

Ce plan de réduction des effectifs est loin d’être une surprise, le secteur touristique étant l’un des premiers touchés par la crise. « 100% des entreprises du tourisme n’embauchent pas, la grande majorité ont recours à des réductions d’effectifs » , assure ainsi Éric La Bonnardière. Des opérations menées plus discrètement que les grandes campagnes de recrutements auxquelles les scaleups étaient jusqu’ici habituées. Certaines entreprises semblent pourtant tenir le choc, à l’instar de la startup bordelaise Yescapa qui annonce avoir recruté 15 personnes cette année, notamment grâce à un important rebond cet été de son activité de location de camping-car entre particuliers. Il faut dire que la masse salariale de la structure de 55 salariés est bien moins importante que celle d’Evaneos, qui en compte encore 220 avant la réduction des effectifs.

L’information n’est cependant pas de bon augure pour les startups moins bien dotées financièrement et bénéficiant de moins de soutiens qu’Evaneos, qui peut compter encore pour quelques mois sur sa sélection parmi la crème de la Tech française du Next 40. L’entreprise est d’ailleurs très impliquée également dans le consortium des Entreprises du voyage (EDV), où elle porte la voix des entreprises innovantes du secteur. Pas question cependant de céder au fatalisme : « la croissance repartira » , veut ainsi croire Éric La Bonnardière.