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1 décembre 2020

Quelles startups pour répondre aux enjeux de la ville bas carbone, aujourd’hui et demain ?

À l’heure où les zones urbaines poursuivent leur expansion, les startups - appuyées de grands énergéticiens comme EDF - imaginent comment rendre la ville plus durable et résiliente.

À horizon 2050, les zones urbaines représenteront 2% de la surface de la Terre, 70% de la population, 80% de la consommation énergétique et 90% des émissions de CO2 (selon le United Nations World Cities report 2016, « Urbanization and development, Emerging futures »). Face à cette expansion, créer des villes plus durables et plus résilientes devient un véritable défi. Urbanomy, startup incubée par EDF, souhaite répondre à ces enjeux et propose des offres de conseil en planification énergétique et urbaine avec une volonté forte : replacer l’humain au cœur de la ville.

« Ces dix dernières années, on a beaucoup parlé de la smart city, très axée technologies et data. Or, elle oubliait des éléments fondamentaux : l’humain et la qualité de vie », relève Sandra Fives, directrice générale et co-fondatrice d’Urbanomy. Pour l’entrepreneuse, la donne est « heureusement » en train de changer. Et la crise du coronavirus devrait davantage rebattre les cartes. « C’est certain, la crise sanitaire va avoir un impact sur la conception des villes. On voit déjà émerger ce que l’on appelle l’urbanisme favorable à la santé. Concrètement, il s’agit d’aménager le territoire en prenant en compte la santé, la qualité de vie et le bien-être des populations. »

Des villes plus « humaines » et écologiques

Si l’environnement urbain doit revoir ses plans, c’est bien parce qu’il peut avoir un impact positif pour lutter contre les problématiques de santé telles que l’obésité, l’asthme, les troubles de la santé mentale (stress, dépression) ou encore l’exposition aux agents délétères, qui constituent aujourd’hui des enjeux de santé publique. À cela s’ajoute aussi la transition écologique, une attente majeure des citoyens. « Cela ne fait aucun doute, la ville de demain va être confrontée à un certain nombre de défis : environnementaux, économiques et sociaux. “Environnementaux” parce que la ville se devra d’être propre, saine, en phase avec les enjeux climatiques. “Économiques” parce qu’elle se devra d’être attractive, fluide – dans le domaine des transports notamment – et résiliente, c’est-à-dire capable de supporter une crise de type catastrophe naturelle ou sanitaire. Et “sociaux” parce qu’elle se devra d’être inclusive, démocratique, culturelle et sûre », détaille Stéphane Dupré la Tour, directeur Innovation Avancée et Technologies Numériques à la recherche et développement (R&D) d’EDF.

Alors, chez le leader français de l’énergie, on s’attèle à trouver des solutions concrètes et surtout innovantes. C’est dans ce contexte qu’est née Urbanomy. « Depuis des années, EDF faisait des recherches sur la smart city. Mais pour Urbanomy, tout a commencé à la fin de l’année 2018. On a fait une étude de marché pour tester notre modèle qui avait pour particularité de considérer le bien-être des citoyens comme prioritaire. Un an plus tard, EDF a donné son accord pour financer notre projet. En janvier 2020, la société était créée », raconte Sandra Fives, arrivée chez EDF en 2010.

Pour Michel Vanhaesbroucke, directeur du fonds de capital risque et incubateur EDF Pulse Croissance, le groupe avait tout intérêt à parier sur Urbanomy. « On ne mise que sur des solutions qui s’inscrivent dans la stratégie d’EDF, celle d’atteindre la neutralité carbone en 2050. Et Urbanomy remplit complètement l’objectif. Accompagner aussi bien les acteurs privés que publics à concevoir des espaces urbains durables et à faciliter la transformation des usages, c’est tout simplement essentiel. »

Créer, rénover, optimiser

Filiale à 100% d’EDF, la startup Urbanomy bénéficie aujourd’hui des expertises du groupe, notamment en matière de recherche & développement (R&D) avec des laboratoires implantés en Europe et à l’international. « Dès le départ, on a bénéficié d’une grande crédibilité. C’est un avantage considérable, surtout quand on souhaite s’exporter à l’international », admet Sandra Fives. Aujourd’hui, l’offre de conseil d’Urbanomy se déploie au Royaume-Uni et en Allemagne. « Ce sont de grands terrains de jeu. Au niveau national mais aussi au niveau local, les autorités publiques sont très engagées sur les questions d’urgence climatique, intégrées très en amont dans les projets urbains. Par ailleurs, les marchés sont souvent privatisés et donc, pour Urbanomy, l’expérimentation va nettement plus vite qu’en France. » Tellement vite que la startup est déjà sur le point de démarrer un projet dans le comté de l’Oxfordshire.

Au programme ? Établir des recommandations concrètes en termes d’énergie et de mobilité électrique, pour permettre la construction d’un village d’à peu près 2000 habitations, près d’Oxford. « L’enjeu est à la fois de modéliser des futurs possibles qui permettront l’atteinte d’objectifs de neutralité carbone ambitieux, mais aussi d’assurer et mettre en évidence les bénéfices pour la population locale. C’est de l’urbanisation responsable et concertée en milieu rural », résume Sandra Fives. Là encore, Urbanomy a un argument de poids face à ses concurrents : leurs projections s’appuient sur des retours d’expérience, issus des activités opérationnelles et de bases de données d’EDF. Un positionnement plutôt inédit et gage de confiance.

Outre Urbanomy, EDF Pulse Croissance a investi dans d’autres solutions qui contribuent déjà à transformer le paysage urbain. Nombre d’entre elles seront d’ailleurs présentées lors des Electric Days, ce mardi 1er décembre. Parmi lesquelles ZenPark, pionnier du parking partagé intelligent ; Dreev, qui permet de réinjecter dans le réseau l‘énergie de la batterie des voitures électriques lorsque celles-ci sont au repos ; ou encore MyBus, qui permet de payer son titre de transport  en commun  via son smartphone, mais également de recevoir des informations en temps réel sur son trajet et les itinéraires possibles. « Ces solutions de mobilité douce (véhicule électrique, smartcharging…) sont une réponse aux défis de la ville bas carbone, observe Michel Vanhaesbroucke. Mais on veut agir à tous les niveaux, y compris dans le bâtiment et l’espace public. »

À l’heure où l’on repousse inlassablement les frontières des villes, Sandra Fives suggère, elle, de mutualiser l’espace urbain. « Il faut réinventer le bâtiment et l’usage que l’on en fait. C’est fou de se dire que certains espaces ne sont parfois pas du tout exploités. » Optimiser l’espace : la tendance n’est pas nouvelle mais émerge de plus en plus. Des espaces de coworking se transforment le soir en lieux de conférences, tandis que de nombreuses plateformes proposent de sous-louer les salles de réunion de l’entreprise voisine. Pour autant, 622 000 m2 de bureaux restaient inoccupés à Paris en 2015, tandis que l’Île-de-France comptait 140 hectares de friches industrielles en 2016 (selon Codra). « De la même manière que ZenPark permet d’optimiser un emplacement de parking qui n’est utilisé que quelques heures par jour, on pourrait aussi très bien multiplier les utilisations d’un même espace bâti. Un exemple : ouvrir les cours d’écoles le week-end pour profiter des aires de jeux… », imagine la DG d’Urbanomy. Et pourquoi pas ? Tout reste encore à inventer.

Retrouvez Urbanomy, Dreeve, et bien d’autres solutions innovantes au service de la ville bas carbone de demain, au cœur des Electric Days, ce mardi 1er décembre.

Assister aux Electric Days en live

Maddyness, partenaire média d’EDF