Actus#Économie
14 décembre 2020

Crise : la France devrait ressentir les effets jusqu’en 2022

Publiées ce lundi, les projections de la Banque de France envisagent un rebond de 5% du PIB français l’an prochain. Après une chute de 9% cette année, cette prévision, moins optimiste que la précédente il y a trois mois, n’envisage pas de retour à la normale avant 2022.

Dans sa prospective macroéconomique publiée ce lundi, la Banque de France prévient : la France mettra plus de temps que prévu à effacer les effets de la crise et à relever son économie. Après la contraction historique de 9% du PIB cette année, elle ne prévoit un rebond que de 5% l’année prochaine, dans le cadre d’une reprise progressive de l’activité en 2021. 

« L’hypothèse est que l’épidémie ne cesserait pas immédiatement et que le déploiement généralisé de vaccins ne serait pleinement effectif que fin 2021 » , ce qui signifie que « le niveau d’activité de fin 2019 ne serait retrouvé qu’à mi-2022″ , conclut l’institution. En 2022, la croissance se poursuivrait au même rythme de 5%, avant de se tasser à un niveau « moins inhabituel » , légèrement supérieur à 2% en 2023.

Ce sera un peu plus tard qu’en Allemagne, qui devrait retrouver son niveau d’avant crise début 2022, mais plus tôt que d’autres pays comme l’Italie, a souligné le gouverneur de la Banque de France lors d’une conférence de presse.

Deuxième vague et reconfinement affectent les prévisions

Il y a trois mois pourtant, l’institution tablait sur une contraction du PIB de 8,7% cette année, avec une reprise en 2021 de 7,4%. Mais depuis, la France a fait face à la deuxième vague de l’épidémie de Covid-19, et le reconfinement a provoqué une chute de l’activité de 11% en novembre par rapport à son niveau d’avant-crise. Et elle devrait être encore 8% en deçà de la normale en décembre, alors que le déconfinement va être moins rapide qu’annoncé au départ.

La persistance de l’épidémie début 2021 devrait toujours contraindre la consommation des ménages, même si elle se redresserait nettement avec la levée progressive des pressions sanitaires durant l’année. Du côté des entreprises aussi, le retour au niveau d’investissement d’avant crise prendra du temps, même si le plan de relance et son importante baisse des impôts de production va leur permettre d’améliorer un peu leurs marges. Si la Banque de France ne donne pas de prévision sur les faillites, elle note que la situation financière des entreprises s’est nettement dégradée cette année, malgré les dispositifs massif de soutien mis en place par l’Etat.

Montée du chômage

Il faudra attendre 2022 pour voir le pays retrouver son niveau d’avant-crise, et voire même le dépasser temporairement, tandis que le plan de relance devrait soutenir l’investissement privé et public. Et malgré la reprise de l’économie, la France devrait connaître une montée rapide du chômage, résultat des difficultés accumulées par les entreprises. Il atteindrait un pic proche de 11% au premier semestre 2021, avant une décrue à 9% fin 2022.

Face aux incertitudes sur l’évolution de l’épidémie, la Banque de France présente aussi un scénario plus favorable d’un rebond du PIB de 7% en 2021 si la situation sanitaire s’améliore plus rapidement. À l’inverse, un scénario plus pessimiste de circulation toujours forte du virus entraînerait une nouvelle contraction du PIB de 1%. Le gouvernement table lui sur une croissance de 6% l’an prochain, après une contraction anticipée de 11% cette année, quand l’OCDE anticipe aussi une hausse du PIB de 6% en 2021, mais après une récession de 9,1% cette année.