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16 décembre 2020

Que font les fonds ? Le portrait de Five Seasons Ventures

Dans le paysage foisonnant de l’investissement, les fonds se multiplient… et ne se ressemblent pas. Parce qu’une levée, ce n’est pas simplement encaisser de l’argent et une bonne occasion de communiquer, nous brossons le portrait des fonds d'investissement pour aider les entrepreneurs à s’y retrouver et à choisir le bon investisseur. Au tour de Five Seasons Ventures !

Jeter un oeil sur le portefeuille de Five Seasons Ventures, c’est s’aventurer dans l’alimentation de demain. Circuit-court, alimentation pour animaux de compagnie, techniques agricoles innovantes, équilibre nutritionnel… Dès leur lancement en 2018, Niccolo Manzoni et Ivan Farneti ont pour ambition de financer des pépites européennes au fort potentiel de croissance. Ils arrivent à convaincre le Fonds européen d’investissement, Nestlé, Fondo italiano d’investimento, Bpifrance et des investisseurs privés de leur confier 77 millions d’euros pour investir dans l’innovation alimentaire. Malgré le Covid-19, le portefeuille de Five Seasons Ventures a plutôt bénéficié de la crise. Niccolo Monzani nous en détaille les ressorts.

Déceler des startups à fort potential de croissance

Le fonds s’intéresse à des startups européennes possédant un très fort potentiel de croissance au niveau international. Elles doivent également proposer une solution très innovante dans leur secteur d’activité ou un produit très qualitatif. En France, le fonds a déjà investi dans une société, la Fourche qui propose des produits bio en livraison à bas prix à ses adhérents. Five Seasons Ventures investit des tickets entre 3,5 et 4,5 millions d’euros et « garde beaucoup d’argent pour réinvestir dans de nouveaux tour de table » , ce qui a été le cas pour toutes les startups qui ont de nouveau levé des fonds.

Pour choisir celles qui orneront son tableau de chasse, l’équipe de Five Seasons Ventures a sa propre méthode intitulée « point of view ». « Nous effectuons des recherches sur une tendance de marché, nous en parlons avec des acteurs du secteur. Ensuite, nous réalisons une recherche très proactive des startups présentes sur ce segment » , dévoile Niccolo Manzoni. Grâce à cette méthodologie, l’équipe de Five Seasons Ventures possède une connaissance très approfondie de chaque segment d’investissement. « Nous allons plus vite, nous avons seulement besoin de voir 250 ou 300 startups au lieu de 2000 avant d’investir » , poursuit le fondateur. « Chaque investisseur de notre équipe est spécialisé sur une thématique et nous avons une longue liste de ‘point of view’ que nous aimerions développer » , avoue Niccolo Manzoni.

Une équipe taillée sur mesure 

Pour convaincre les startups de les accueillir comme investisseurs, Five Seasons Ventures peut miser sur l’expertise de ses fondateurs mais aussi de son équipe. Avant de monter son propre fonds, Ivan Farneti a investi pendant 20 dans les technologies en Europe et aux États-Unis. Niccolo Manzoni a attendu 2014 avant de rejoindre un family office et d’y découvrir l’univers de la food. Son premier investissement intervient dans Beyond Meat, startup américaine qui produit de la viande végétale.

Parmi les autres membres de l’équipe, qui comptabilise 7 personnes aujourd’hui, on trouve un ex-responsable qualité de grandes entreprises, une analyste de l’alimentation ainsi que deux docteurs spécialisés dans l’impact et les technologies agricoles.

« Nous disposons d’une grande expertise sur les opérations et les produits. Nous pouvons accompagner les entrepreneurs sur l’évaluation des valeurs nutritionnelles de leurs produits. Les équipes de gestion sont souvent focalisées sur la croissance mais il ne faut pas oublier le produit«  , insiste Niccolo Manzoni. Grâce aux liens crées par ces membres avec l’industrie agroalimentaire, le fonds effectue de nombreuses mises en relation facilitant le développement des startups de son portefeuille. Il prend également place au board des entreprises. « Nous ne voulons pas nous imposer mais nous pouvons les aider sur la structuration de leur entreprise, le recrutement de profils seniors ou encore un projet d’internationalisation«  , concède l’investisseur.

Des précurseurs dans un marché immense

L’alimentation est un marché qui pèse plusieurs milliards d’euros mais bénéficiait d’un faible intérêt de la part des investisseurs il y a encore trois ans. À l’époque, « nous avons dû faire beaucoup évangélisation au départ sur notre définition de la foodtech vis-à-vis de nos potentiels investisseurs. Aujourd’hui, la marée est montée et on en parle beaucoup plus », observe Niccolo Manzoni.

Les deux fondateurs ont gagné leur pari. Le chiffre d’affaires des startups de leur portefeuille a triplé, passant de 50 à 158 millions d’euros en trois ans à peine. Mais malgré ces bons résultats et l’intérêt des consommateur·rice·s pour une alimentation plus transparente, les « fonds aussi spécialisés que le notre manquent encore, nous aimerions avoir des co-investisseurs pour réaliser de plus grosses levées » , admet à regret Niccolo Manzoni. Si le sujet intéresse de plus en plus de fonds généralistes, ils sont peu nombreux à oser se lancer dans un marché de première nécessité. Ce qui n’empêchera pas Five Seasons Ventures de poursuivre ses financements. « Nous prévoyons de réinvestir dans les secteurs que nous connaissons et d’en explorer d’autres » , conclut le cofondateur.