Terra Nova tire la sonnette d’alarme au sujet de Yuka

Depuis sa création en 2012, Yuka a réussi à s'imposer comme une référence dans la notation de produits. Mais malgré ses bénéfices, le think tank Terra Nova appelle à la prudence et prône une surveillance scientifique des méthodes d'analyse.

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Interpellée il y a quelques jours à peine par le président de la République pour développer un scoring carbone, Yuka est aujourd’hui sous le feu des projecteurs, mise en cause par le think tank Terra Nova. Dans son dernier rapport, la structure tire la sonnette d’alarme sur les données et les algorithmes utilisés pour réaliser les analyses des produits.

Une étude menée en octobre 2019 par l’Ifop révèle que 25% des Français·es utilisent des applications de scoring alimentaire comme Yuka qui est d’ailleurs la principale utilisée (88%). Il aura fallu quelques années pour que l’application, née en 2012, trouve son public. Les multiples scandales sanitaires autour de l’alimentation et les enquêtes d’UFC Que Choisir et 60 millions de consommateurs pointant des produits aux compositions parfois douteuses, ont éveillé les doutes chez les consommateurs·rices. « Ces applications répondent à des demandes fortes et légitimes de consommateurs qui sont de plus en plus soucieux de la qualité sanitaire et nutritionnelle de leur alimentation » , reconnaît Terra Nova dans son rapport.

Yuka et les autres ont permis de mettre un grand coup de pied dans la fourmilière de l’alimentation. « De nombreux industriels et distributeurs ont réagi en proposant leurs propres outils, en améliorant la qualité nutritionnelle de leurs produits ou en collaborant avec les initiateurs de ces nouvelles solutions ».

Un appel à la prudence

En revanche, la notoriété de la startup ne doit pas cacher les interrogations de certains scientifiques et associations de consommateurs. Aujourd’hui, les principales critiques concernent « la rigueur scientifique des systèmes de pondération, la fiabilité des données utilisées, la transparence des algorithmes et l’usage des données personnelles des utilisateurs« . Suzanne Gorge, responsable du mécénat de Terra Nova et Marc-Olivier Padis, directeur des études du groupe estiment, dans leur note, que ces applications « devraient être régulées et soumises à des évaluations scientifiquement reconnues, en particulier concernant les recommandations qu’elles adressent à des patients (diabétiques…). »

Afin d’apporter un véritable gage de transparence aux Français·es et d’éviter une future défiance envers ces technologies, la mise en place d’un garde-fou scientifique pourrait rassurer certains consommateur·rice·s et les pousser à télécharger ces applications.

Article écrit par Maddyness avec AFP
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