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26 mars 2021

Telegram lève 1 milliard de dollars mais tâtonne à trouver son business model

Chaque vendredi, dans sa revue de presse, Maddyness vous propose une sélection d’articles sur un sujet qui a retenu l’attention de la rédaction. Cette semaine, Telegram qui lève 1 millard de dollars.

Un investisseur encombrant

En plein boom, la populaire messagerie chiffrée vient d’annoncer qu’elle venait d’émettre 1 milliard de dollars d’obligations en vue de refinancer sa dette et de stimuler sa croissance. Depuis sa chaîne publique sur Telegram, Pavel Dourov – patron et cofondateur – a affirmé que ces obligations avaient été placées auprès de « certains des investisseurs les plus importants et les plus compétents à travers le monde ».

Parmi eux, Abu Dhabi Catalyst Partners a notamment annoncé avoir participé au « round » à hauteur de 150 millions de dollars. Cette structure est un joint-venture constituée par Mubadala Development Company – le fonds souverain d’Abu Dhabi – et le hedge fund new-yorkais Falcon Edge Capital.

Plus embarrassant pour Telegram : le fonds souverain russe Russian Direct Investment Fund (RDIF), contrôlé par le Kremlin, revendique aussi avoir participé à l’émission obligatoire, alors que Moscou a renoncé, en juin, à faire interdire l’application chiffrée au terme d’un conflit de plus de deux ans. Ce que Pavel Dourov a vivement nié. « Nous ne serions ouverts à aucune forme de transactions avec ce fonds » , a assuré le groupe. Lire l’article complet dans les Echos

Une croissance qui coûte cher

Il y a un vrai paradoxe dans le succès de l’application créée par Pavel Dourov en 2013. Elle connaît un véritable succès et pourrait même franchir le milliard d’utilisateurs d’ici la fin 2022, devenant ainsi un véritable concurrent pour Facebook. Toutefois, la plateforme n’a jamais vraiment trouvé de modèle économique et ne génère qu’assez peu de revenus.
Il faudrait plusieurs centaines de millions de dollars par an pour faire tourner Telegram selon les dires de son dirigeant. Il expliquait à ce sujet récemment : « Ce faisant, nous resterons indépendants et resterons fidèles à nos valeurs, en redéfinissant le mode de fonctionnement d’une entreprise technologique ».

Pour tenir ce pari, la compagnie mise donc sur une double stratégie : l’émission d’obligations auprès d’investisseurs et l’arrivée prochaine de publicités sur le service de messagerie. Cette idée, séduisante sur le papier, est tout sauf évidente. Il semble en effet assez difficile de convaincre les annonceurs d’associer leur image à une plateforme dont la réputation est parfois sulfureuse. Telegram aurait ainsi été récemment rejoint par des militants d’extrême droite, suite à leur bannissement progressif des grands réseaux sociaux. Lire l’article sur Presse Citron

Un business model en cours de développement

Ces nouvelles ressources financières vont permettre d’appuyer la « stratégie de monétisation » de l’entreprise annoncée en décembre dernier. La messagerie avait indiqué qu’elle allait lancer des services payants à partir de 2021 pour financer sa croissance, après l’échec d’une levée de fonds et d’un projet de monnaie virtuelle. L’annonce survient alors que le nombre de nouveaux utilisateurs de Telegram, réputée pour son niveau élevé de cryptage, connaît une hausse continue depuis plusieurs mois.

Mi-janvier, Pavel Dourov avait annoncé le gain de 25 millions d’utilisateurs en quelques jours, dépassant les 500 millions au total, en conséquence de l’annonce faite par l’application concurrente WhatsApp d’un plus grand partage de données avec sa maison mère Facebook. Lire l’article complet dans Business Insider

Développer de nouvelles fonctions pour concurrencer Discord

Il est désormais possible pour les utilisateurs du réseau social Telegram d’enregistrer des conversations audio. C’est l’une des option présente dans la dernière mise à jour de l’application qui comporte également des mécanismes de main levée pour les réunions, des liens d’invitation pour les orateurs et les auditeurs, des titres de chat vocal et un moyen pour les personnalités publiques de rejoindre les chats vocaux en tant que canaux.

Pour ce qui est des chats vocaux illimités par exemple, les administrateurs de chaînes et de groupes publics peuvent désormais héberger des chats vocaux pour des millions d’auditeurs en direct. Peu importe la popularité d’une conférence, de nouvelles personnes pourront se connecter. Pour Telegram, cette option se présente comme la radio publique réinventée pour le 21e siècle. Lire l’article complet sur Digital Business Africa