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1 juin 2021
travailleur nomade
Crédit : Avi Richards

O’sol, une batterie nomade inspirée d’une technologie spatiale

La crise l’a prouvé : les Français·e·s ont appris à travailler autre part que dans un bureau classique et certains ont pris le virus de ce travail “nomade” . Pour faciliter cette mobilité, O’sol a développé une batterie nomade 3.0 combinant hardware, software, cloud et data analytics. Des entreprises comme la SNCF, EDF ou encore Danone la testent déjà.

« Dans n’importe quel lieu où il y a la 4G : sur le quai d’une gare où on passe des appels pro, dans les trains, les cafés.. même au McDo, on peut travailler » , confiait Bruno Marzloff, sociologue dans une interview à Maddyness. Mais si cette flexibilité présente des avantages, elle se heurte aussi à certaines problématiques comme celle de la batterie. Qui ne s’est jamais retrouvé en galère, avec 5% de batterie et un mail urgent à envoyer lors d’un salon, sur le rooftop d’un coworking ou encore dans un amphi à l’université ? C’est à ce problème qu’entend bien répondre O’sol, société cannoise fondée par Idriss Sisaïd et Enrique Garcia, et sa batterie nomade, inspirée d’une technologie destinée au milieu spatial. Découverte. 

Des batteries nomades pour tous les appareils

O’sol Base est une station de batteries intelligentes en libre service -les Pico- au nombre de dix. Chaque batterie nomade possède de quoi recharger tous les types d’appareils : port USB-A, USB-C, Câble USB-C intégré, Qi Wireless, prise AC 220v… Au total, chaque Pico offre 20 heures de charge pour un ordinateur ou 90 heures pour un smartphone. 

Les batteries O’sol ont été pensées pour être utilisées dans des espaces collectifs -un bureau, un espace de coworking, un événement- ou de manière individuelle. Les batteries étant connectées à internet, il suffit d’utiliser un badge ou l’application développée par O’sol pour débloquer la batterie et pouvoir commencer à l’utiliser. Ce système permet de récupérer des datas -anonymisées- pour mieux comprendre les usages des utilisateurs : moments de la journée, lieux, etc…afin d’aider les entreprises à optimiser leurs usages. C’est aussi la récolte de ces informations qui lui permet d’optimiser les batteries. Dès qu’une baisse de régime des performances est remarquée, « les cellules au lithium sont remplacées et utilisées dans des batteries à destination de la Défense ou d’ONG » , précise Maxime Cousin, stagiaire devenu CEO de l’entreprise. Pour ce système, breveté, l’entreprise a même reçu le prix de l’économie circulaire 2020. 

Une idée issue du monde spatial

À l’origine, la startup O’sol est née lors du concours ActinSpace organisé en 2014 par le CNES (Centre national d’études spatiales) au cours duquel des étudiants sont invités à imaginer -à partir de technologies spatiales- des produits répondant à des besoins de la vie quotidienne. Au cours de celui-ci, Idriss Sisaïd et Enrique Garcia, alors étudiants en ingénierie aéronautique à l’université de Bath, imaginent un premier projet : un générateur solaire mobile destiné aux ONG qui ont parfois difficilement accès à l’énergie dans les pays où elles officient. L’idée poursuit son chemin et devient même une entreprise en 2016 grâce au soutien de l’Agence spatiale européenne (ESA).

Maxime Cousin se confie sur la difficulté d’un tel projet. « Travailler avec des ONG nécessite du temps car les échanges et les relations sont très normés. C’est très compliqué lorsqu’on est une startup qui a peu de cash de devoir attendre 3 ou 5 ans pour voir des partenariats se nouer et des contrats aboutir » . La jeune équipe ne désespère pas pour autant et se rend même au CES de Las Vegas pour gagner en visibilité. C’est là qu’ils vont avoir l’idée d’O’sol Base. « Nous étions assis par terre pour pouvoir utiliser nos ordinateurs car les prises étaient éloignées et nous n’avions pas de batterie » , raconte-t-il. Pour répondre à ce besoin, les fondateurs se basent sur la technologie développée initialement en choisissant une autre finalité : une batterie nomade. 

Le projet n’a pas été si facile à monter. « Nous avions immédiatement pensé aux événements comme cible mais, avec le Covid-19, ce projet est tombé à l’eau. Nous avons alors visé aux entreprises et espaces de coworking, un milieu que nous ne connaissions pas. Nous avons donc contacté des sociétés pour leur demander un peu de temps afin de comprendre leurs besoins exacts. Contre toute attente, nous avons eu beaucoup de réponses positives et d’appels de 15 minutes, détaille le CEO. Finalement c’est avec les directeurs environnements des grandes entreprises et des associations d’experts que nous avons monté ce projet » . Encore en phase pilote, la solution est déjà testée dans une dizaine de structures dont SNCF, EDF, Danone, Orange, Atos, Startway.