Actus
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18 juin 2021
Photo by Niklas Ohlrogge on Unsplash

Les Français font enfin confiance à la Tech pour construire l’économie de demain

Un sondage de l'Ifop pour le cabinet Societer montre que les Français voient le numérique comme un bon moyen d'accélérer la transition énergétique, sociale et économique

Envolés, les doutes. Volatilisé, le scepticisme. Évanouie, la méfiance ? C’est ce qu’atteste une étude réalisée par l’Ifop pour le cabinet de conseil Societer, spécialisé en gouvernance durable, que Maddyness dévoile en exclusivité : 63% des Français·es font confiance à la Tech pour construire l’économie de demain et 62% pour favoriser la transition écologique, sociale et solidaire. « Les Français ne s’y trompent pas : les startups et scaleups sont devenues de véritables laboratoires de l’économie de demain, qui inspirent majoritairement confiance, se réjouit Benjamin Martin, directeur des affaires publiques et de l’innovation de Societer. Portées par une ambition positive, elles contribuent à faire pivoter les business models vers l’impact, dans une logique d’innovation et de coalitions avec les grands groupes, les PME, les ETI et le secteur public. « 

Une forme de revanche pour le secteur du numérique, qui après avoir été porté aux nues, avait vu les Français·es se détourner de lui. Fin 2019, une étude réalisée par le Credoc montrait que ces derniers et dernières qui voyaient le numérique comme une menace étaient alors plus nombreux et nombreuses que ceux et celles qui le voyaient comme une chance.

Après dix-huit mois d’une crise qui a révélé tout ce que le numérique pouvait apporter à la société, les personnes interrogées se montrent donc confiantes dans la capacité de la Tech à avoir un impact positif. 64% estiment qu’elle constitue une chance pour l’environnement, 58% pour le domaine social (inclusion et égalité des chances) et 56% pour la gouvernance des entreprises et des institutions. Un véritable strike ! « Après la pandémie, la Tech fait moins peur et est davantage vue comme faisant partie de la vie de tous les jours, analyse Anne Bouverot, présidente de la fondation Abeona. L’adoption de nouveaux services et applications numériques est la meilleure façon de convaincre.« 

Jeunes et seniors alignés

Témoin d’un changement d’ère, la fracture générationnelle ne serait plus d’actualité selon l’étude de l’Ifop. Certes, les moins de 35 ans restent plus confiants que leurs aînés (70% font confiance à la Tech pour construire l’économie de demain et 71% pour favoriser la transition écologique, sociale et solidaire), avec un pic de confiance avant 25 ans. Mais les moins de 50 ans et les seniors de 65 ans et plus affichent une confiance proche de la moyenne. Ce sont paradoxalement les Français·es de 50 à 64 ans qui se montrent les plus dubitatifs face au numérique, alors même qu’il s’agit de la première génération à avoir abordé l’âge adulte avec celui-ci.

Autre motif de satisfaction pour l’écosystème Tech : il n’est plus un rassemblement de happy few. Quels que soient la profession, le statut ou la région d’origine des personnes répondantes, toutes affichent le même optimisme. « Ce résultat indique la nécessité, pour les dirigeants de startups et de scaleups, d’incarner leurs success stories et de se poser en role models d’un entrepreneuriat de la diversité, résolument ouvert à toutes et tous » , s’enthousiasme Benjamin Martin.

Convaincre les plus précaires

La seule ombre au tableau provient des chômeurs, dont la confiance à l’égard de la Tech pour construire l’économie de demain affiche près de 10 points de moins que la moyenne (54% contre 63%). Ce sont d’ailleurs les publics les moins favorisés qui se montrent les plus pessimistes dans la capacité de la Tech à avoir un impact positif sur l’inclusion et l’égalité des chances : seuls 51% des chômeurs et des personnes sans diplôme jugent que le numérique peut être une chance dans ce domaine – contre 58% en moyenne.

Mais c’est le sujet de la gouvernance des entreprises et des institutions qui suscite le plus de doutes chez les Français et Françaises. Plus de 40% estiment que la Tech peut constituer un risque pour la gouvernance des entreprises, le taux de défiance le plus haut étant relevé parmi les 18-24 ans (49%), signe que la Tech a encore du chemin à faire pour convaincre les jeunes générations sur ce point. « Le fait qu’il y ait davantage d’interrogations sur les sujets de gouvernance est légitime, avec la crainte par exemple d’une utilisation biaisée de l’intelligence artificielle au détriment de certains publics plus vulnérables, les femmes notamment » , remarque Anne Bouverot.

Autant d’axes d’amélioration pour la Tech française si elle veut continuer à être le porte-voix d’une startup nation une et indivisible comme le pense Emmanuel Macron. « La French Tech, avec plusieurs levées de fonds spectaculaires ces dernières semaines, est une formidable ligne de force pour la relance et le rayonnement de l’économie française à l’international, confirme Benjamin Martin, de Societer. Nous assistons à l’émergence d’un véritable sustainable soft power à la française.«