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Crédit : Frédéric Po

Une exposition en réalité augmentée prend ses quartiers au Grand Palais éphémère

Le Grand Palais éphémère innove en accueillant samedi et dimanche le premier festival en réalité augmentée jamais organisé, au cours duquel des œuvres mouvantes et virtuelles peuvent être suivies par le "troisième œil" d'une tablette ou d'un smartphone.

« C’est une première en France et dans le monde » , a assuré à l’AFP Roei Amit, directeur du numérique à la Réunion des musées nationaux (RMN)-Grand Palais en parlant du festival en réalité augmentée qui se tiendra ce week-end, les 19 et 20 juin 2021. Sur le Champ-de-Mars, dans ce hall d’expositions de 10 000 m2 conçu par l’architecte Jean-Michel Wilmotte pour la durée des travaux du Grand Palais, le festival « Palais augmenté » propose un type d’art contemporain que peuvent seulement pratiquer des artistes ayant assimilé les technologies numériques de pointe.

La technologie donne une nouvelle dimension à l’art

Le public est convié à venir gratuitement – sur réservation – et muni de son portable avec une batterie pleine, a précisé la RMN. Une application, nécessaire à la visualisation des œuvres, devra être téléchargée, et des médiateurs seront présents. En déambulant, on pourra voir sur son écran les œuvres virtuelles se déployer dans l’espace : des mains qui poussent comme des tentacules, des fleurs fantastiques, un énorme monstre rose qui se promène sous la voûte, pond des œufs et commente la situation actuelle, l’histoire, la culture, l’architecture du bâtiment. Une des artistes permet même au visiteur, muni d’un appareil 5G spécialement fourni par les médiateurs, de générer des traces virtuelles.

« Ce sont des œuvres de jeunes artistes, œuvres virtuelles qui existent bien, ici et maintenant ! Mais on ne les découvre qu’à travers les écrans. L’écran est alors un troisième œil qui nous permet de développer des relations avec les oeuvres » , a-t-il expliqué. Cinq artistes et deux écoles, les Gobelins et l’ECAL, à Lausanne, ont participé à ce défi. « Tous d’une trentaine d’années environ, ils ont grandi avec des outils numériques et sont à l’avant-garde. Beaucoup de leurs thèmes sont liés à l’écologie, au végétal, à l’espace » , souligne Roei Amit.

L’art et la tech, un développement croissant

En tant que reflet de notre société, il était peu probable que l’art puisse résister à l’intégration du numérique dans son univers. La technologie s’est déjà infiltrée dans ce milieu, afin de rendre l’art plus accessible parfois – avec le Timescope – ou faire revivre des monuments – avec Iconem – et des périodes révolues de notre Histoire. Durant la crise, plusieurs musées – comme le Louvre – se sont d’ailleurs mobilisés pour faire vivre leurs collections à travers nos écrans d’ordinateurs et de smartphones.